MEDECINE

Naissance de Lilou:
le diagnostic pré-implantatoire est-il entré en routine?

Science actualités
par Marcel Dalaise

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28/02/01
Lilou, dernière-née issue des techniques de diagnostic pré-implantatoire, a poussé ses premiers cris le 2 février 2001 à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart.
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est autorisé en France depuis juillet 1999. C’est une assurance pour les parents susceptibles de transmettre une maladie génétique d’avoir un enfant indemne. Mais la sélection d'embryons c'est aussi des risques de dérives eugéniques.

PHOTO:
©Science actualités

 
Au tout début, en 1978 en Grande-Bretagne, naissance de Louise Brown, premier "bébé éprouvette" au monde.
Ce mode de procréation médicalement assistée, fécondation in vitro et transfert d’embryon (FIVETE), a donné aux biologistes un accès direct à l’embryon humain.
Par la suite, le diagnostic pré-implantatoire a été mis au point pour répondre à la demande de couples très exposés au risque d’avoir un enfant atteint d’une maladie génétique grave. Il s’agit de l’analyse génétique d’une cellule embryonnaire prélevée sur les embryons obtenus par FIVETE. Seuls les embryons "sains" sont alors réimplantés*.
Cette technique est déjà accessible depuis plusieurs années dans d’autres pays européens, notamment en Belgique et en Grande-Bretagne. Depuis juillet 1999, elle est autorisée en France.

*Voir notre
sélection de sites


Interview de René Frydman (enregistrement de 1999)
obstétricien à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart.
*Voir dépêche AFP
ci-dessous


**Voir le film "Fœtus sous surveillance"
(lire la présentaion
dans nos archives)
Le 13 novembre 2000, à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, le premier bébé né en France après sélection génétique s’appelle Valentin. Ses parents étaient susceptibles de lui transmettre une maladie enzymatique grave.
Le 5 janvier 2001, naissance de jumeaux indemnes de muscoviscidose au CHU de Strasbourg.
Et le 2 février 2001, naissance de Lilou à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, indemne d’une maladie génétique liée au chromosome X, cause d’un handicap mental incurable*.
De nombreuses naissances issues de cette technique sont à attendre. Le "DPI", rappellent les spécialistes, est une alternative au diagnostic prénatal qui implique parfois un avortement pénible et différé**.

DOCUMENT: d'après
The Jennifer Trust For Spinal Muscular Atrophy 1993

 

 

 


Le diagnostic d'une maladie génétique récessive montre que les parents porteurs sains de la maladie ont pour chaque grossesse une probabilité de 25% d'avoir un enfant atteint de la maladie, de 50% d'avoir un enfant porteur qui ne développera pas la maladie et de 25% d'avoir un enfant totalement exempt.
Le DPI permet de sélectionner l’embryon totalement exempt.

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Dépêche extraite
de notre rubrique
"Biologie"
en direct avec l'AFP

Naissance de Lilou, après un examen génétique in vitro

PARIS, 2 fév (AFP) - La naissance de Lilou, après un diagnostic pré-implantatoire (DPI) effectué in vitro pour vérifier que l'embryon était exempt d'une grave maladie génétique, est survenue lundi, a annoncé vendredi l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP).
"Lilou est née à terme et pèse 3,4 kg. La mère et l'enfant se portent bien", a indiqué à l'AFP le Pr René Frydman, chef du service de gynéco-obstétrique de l'hôpital Antoine Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine).
Grâce à cette technique, les parents de Lilou ont pu avoir un bébé, indemne d'une maladie génétique liée au chromosome X, cause d'un handicap mental incurable. Le diagnostic chromosomique a été fait sur une cellule embryonnaire prélevée après la fécondation in vitro. "C'est le deuxième bébé né après DPI dans un établissement de l'AP-HP et le troisième en France", a-t-il précisé.
La naissance de Valentin, premier bébé né en France après recours à cette sélection génétique, directement effectuée en France, avait été également annoncée en novembre 2000 par l'hôpital Antoine-Béclère. Les parents de Valentin avaient déjà perdu trois enfants atteints d'un déficit enzymatique rare. "Entre temps, avant que naisse Lilou, est intervenue une naissance après DPI à Strasbourg", a indiqué le Pr Frydman. Ces naissances marquent l'application en France du diagnostic pré-implantatoire (DPI), méthode depuis des années accessible dans d'autres pays, notamment en Belgique et en Grande-Bretagne.
Lilou a ainsi vu le jour grâce à la collaboration entre les équipes de l'hôpital Antoine-Béclère et de l'hôpital Necker à Paris, avec le Pr Michel Veckemans (service de cytogénétique) et le Pr Arnold Munnich (unité de recherche INSERM en génétique médicale) et aux techniques diagnostiques dites d'hybridation. Le DPI est une alternative au diagnostic prénatal qui implique une longue attente et parfois un avortement pénible et différé lorsque le fœtus est atteint, rappellent les spécialistes.
En principe réservé à la détection de maladies particulièrement graves et incurables (mucoviscidose, certaines formes de myopathie, de retard mental…), le DPI permet aussi de déterminer le sexe de l'embryon et, dans le cas de maladies liées au sexe de l'enfant, d'exclure le sexe à risque. Le DPI ne permet pas de diagnostiquer toutes les anomalies génétiques, mais pour des couples durement touchés par la naissance et la mort d'enfants malades et qui ont renoncé à procréer, c'est parfois le seul espoir d'avoir un enfant sain.


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