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ENVIRONNEMENT |
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Le
6 juin dernier, les lobbies du nucléaire russe criaient victoire.
Après deux années de tractations avec le gouvernement* et
malgré une vive opposition de la population russe, la Douma acceptait
l'amendement à la loi sur la sauvegarde de l'environnement proposé
par le gouvernement et autorisait ainsi l'importation et le stockage des
déchets nucléaires des pays étrangers saturés. |
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Mais pourquoi ce projet suscite-t-il
un tel mouvement d'inquiétude? "Avant
tout, parce que les Russes ne sont pas fiables en matière de sûreté
nucléaire. L'accident de Tchernobyl en est la preuve la plus tristement
célèbre", souligne Bernard Wiesenfeld. |
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Les
différentes politiques actuelles En premier
lieu, le traitement. Aujourd'hui, plusieurs pays comme la France et
l'Angleterre traitent leurs combustibles usés et obtiennent des
déchets ultimes qui sont entreposés en attendant d'être
stockés définitivement - le stockage profond dans l'argile
ou dans le sel est encore à l'étude; le conditionnement
et la réduction maximale de la radioactivité constituent
les deux autres moyens de gérer les déchets ultimes. |
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Autre point noir: le pays est déjà bien embarrassé avec ses propres résidus. "Les Russes sont déjà submergés par leurs propres déchets", explique Monique Sené, physicienne et présidente du Groupement scientifique d'information sur l'énergie nucléaire GSIEN*. Difficile dans ces conditions d'imaginer comment ils pourraient accueillir les déchets du reste du monde. |
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Carte
réalisée à partir de documents fournis par l'Institut
de protection et de sûreté nucléaire (IPSN). Elle
montre les zones majeures où sont situés des dépôts
de matières radioactives - solides ou liquides - ainsi que des
réacteurs nucléaires militaires. D'autres dépôts
analogues seraient toujours présents dans de nombreuses régions
de l'ex-URSS. |
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Les Russes ont-ils les moyens de créer et de maintenir en état des sites de retraitement et de stockage définitif? |
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Voir la Russie
se débrouiller pour entreposer plus de 20 000 tonnes de combustibles
usés n'enchante personne, mais il est fort à parier que
les pays qui ne savent pas quoi faire de leurs résidus nucléaires
ne s'arrêteront pas à ces considérations écologiques
dès lors que le danger ne les concerne pas directement. |
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Qu'un pays s'offre à recevoir tous les déchets nucléaires des autres, est-ce une solution d'avenir? |
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*Voir
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Le monde associatif semble aux aguets*: "Je crains que la pression des industriels du nucléaire soit très forte", s'inquiète Roland Desbordes, président de la Crii-Rad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité). Néanmoins, l'optimisme reste de mise, et de conclure: "D'une part, je fais confiance aux pays européens qui font preuve d'une déontologie certaine. D'autre part, je sais que la population est là pour demander des comptes en terme de sûreté nucléaire". |
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