Internet est actuellement le réseau le plus médiatisé
de la planète. La raison fondamentale est qu'il n'appartiendrait
à personne, donc à tout le monde. Les entreprises privées
se plaignent d'Internet, lent, non dirigé, non sécurisé.
Dans le même temps, le grand public (nord-américain essentiellement)
s'empare d'Internet. Car Internet relie des communautés, ouvre des
horizons de connaissance ou de simple curiosité. C'est surtout la
seule inforoute publique et opérationnelle où des millions
d'usagers échangent librement des logiciels, des données,
de l'information, des conseils voire de l'amitié.
Internet: bientôt
30 ans
Internet, malgré sa jeunesse, a déjà une histoire.
Laquelle met en lumière la façon dont les technologies voient
le jour, et progressent. Ce sont les militaires américains qui le
portent sur les fonds baptismaux, sous le nom d'Arpanet. Leur volonté
était de créer un réseau de communication
entre ordinateurs qui soit sécurisé, dont les points névralgiques
de transmission soient à l'abri d'une attaque nucléaire en
un point donné de la planète, ou d'un groupe armé isolé
Les universitaires se penchent sur ce nouvel outil de communication et,
à leur tour, l'améliorent pour échanger et partager
des informations: c'est la naissance d'Internet. En 1989, les chercheurs
du CERN s'emparent du réseau et mettent en place l'application la
plus médiatisée d'Internet : le World Wide Web. Elle est immédiatement
reprise et développée sur le continent américain. Au
début des années 90, le grand public, sous la forme première
de "bidouilleurs" informatiques férus de liberté
(que l'on appelle souvent des "libertaires", même s'il n'est
pas certain que Bakounine les accepterait en son idéologie), s'empare
de la Toile et ouvre le chemin à un usage généralisé.
En résumé, donc, ce qui caractérise le réseau
mondial, c'est son origine militaire, développé par les chercheurs,
offert au public par les libertaires et happé par la libre entreprise.
- Internet:
Internet est un réseau sur lequel
se transmet de l'information de façon interactive.
Sous quatre formes, essentiellement:
le courrier électronique,
ou e-mail, ou mèl ou courrièl . Chacun peut posséder
son adresse et sa boîte aux lettres pour recevoir (et envoyer) des
petits mots doux, des documents attachés au message, des notes de
service.
le Web, immense toile
(traduction littérale de l'anglais) qui permet de butiner de l'information
sur des sites implantés partout dans le monde, information multimédia
(son, images fixes ou animées, textes) et d'aller de site en site
grâce aux liens hyper-texte.
les forums thématiques
de discussion ou News qui permettent le dialogue sur des thèmes
précis, ou non, de centaines d'interlocuteurs dispersés dans
le monde entier.
le transfert de fichiers,
autrement appelé du nom de son protocole (FTP) et qui permet de
transférer des fichiers d'un ordinateur à un autre et vice-versa,
une circulation à double sens, à la différence du
Web.
Une adresse sur le Web se présente ainsi: http://www.cite-science.fr
- Explications:
<http://> est l'identification du protocole utilisé.
<www> est un système d'information réparti,
basé sur des documents hypertextes au format html (c'est le cas
à 90%), <cite-sciences> le nom de domaine de l'entreprise
représentant une adresse ou un groupe d'adresses et <.fr>
l'extension pour la France. Les autres extensions peuvent être: <.com>
pour commercial, <.edu> » pour éducation, <.gov>
pour gouvernement, <.mil> pour armée américaine,
<.net> pour organisme de réseau, <.org>
pour organisations diverses, <.uk> pour Grande-Bretagne, <.it>
pour Italie, <.tm.frm.fr> pour une marque déposée
française, etc...
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Commerce électronique
Le commerce en ligne est en plein développement et n'attend que
la sécurisation des échanges d'argent pour se lancer à
pleine vitesse. Les enjeux économiques sont considérables.
Premiers "concernés", grâce à leur savoir-faire
ancien, les vépécistes, spécialistes de la vente par
correspondance. Du courrier au téléphone en passant par le
Minitel, ils s'installent sur Internet. La grande distribution de produits culturels (FNAC,
Virgin, etc...) ouvre ses cyber-boutiques. Le marché visé
est triple. Celui des consommateurs pressés, cadres surmenés
des grandes villes achetant des produits sans surprises (livres ou logiciels
informatiques), les consommateurs malins choisissant leurs produits préférés
hors des frontières nationales (moins cher à l'achat, mais
attention aux frais de port) et les consommateurs loin de tout, ravis de
pouvoir se procurer des denrées introuvables à des dizaines
de kilomètres à la ronde. L'information mise à disposition
sur Internet fonctionne selon le mode horizontal (c'est le propre des réseaux
maillés). Chacun trouve auprès de chacun ce qu'il cherche
(dans le meilleur des cas) ou des pistes de recherche sous forme de dialogue
(News et listes). Pour l'instant la liberté est totale, même
si des sites commerciaux "envahissent" ce lieu de créativité
et d'échange fondé sur la gratuité. Au-delà
de ces sites commerciaux, on assiste à l'émergence de la publicité,
sous des formes plus ou moins insidieuses.
- "Les nouvelles technologies, si nous
ne faisons rien, ne permettront pas aux gens de faire plus de choses que
ce qu'ils font déjà aujourd'hui. Cela leur permettra d'acheter
seulement plus de choses. Ils verront sur l'écran: voulez-vous acheter
ceci ou cela et tout ce qu'ils auront à faire, c'est pousser un
bouton."
Michael Mulquin
Interview extraite du Kiosque Actualités
exposition "Nouvelle image,nouveaux réseaux"
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Code de bonne conduite
La communauté scientifique a apporté à Internet
un label (la "netiquette"), habituée qu'elle était
à mettre en place des protocoles éthiques, librement acceptés
et donc librement appliqués. Toujours en vigueur, ce modus vivendi
s'illustre, par exemple, par la pratique du flame, qui consiste à
envahir la boîte aux lettres
d'un internaute de messages vengeurs jusqu'à saturation, lorsqu'il
n'a pas respecté une des règles de base (par exemple, publier
des messages commerciaux sur des news groups à but non commercial).
Ces réactions fonctionnent plutôt bien pour l'instant, dans
le petit milieu des passionnés.
Il est impératif de répondre aux mails que l'on vous envoie,
au nom de cette communauté d'experts acceptant, du simple fait de
sa présence sur les réseaux, de se plier au partage d'informations.
Pour la bonne règle, un internaute averti ne posera pas de questions
simplistes à un grand spécialiste et ne le harcèlera
pas de messages intempestifs.
L'information gratuite qui circule sur Internet, on la doit aux universitaires
qui font tourner la machine, au nom d'un "vieux" précepte
du réseau : "somebody must know", quelqu'un doit savoir. |