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Récemment encore catalogué comme le dernier cancre de l'Internet en France, l'Ecole semble chausser ses bottes de sept lieues pour rattraper son retard européen. La situation de départ est simple: trois machines pour cent élèves en France, (contre onze au Royaume-Uni) et 20% seulement de ces machines capables de se connecter au réseau. Aujourd'hui, on observe donc un engagement de l'État français pour une interconnexion généralisée de tous les établissements scolaires avec priorité donnée à la formation des maîtres. Le plan du ministre de l'Éducation nationale prévoit notamment de raccorder en trois ans environ 80% des 71800 écoles, lycées et collèges à Internet. Pour cela, l'Etat a décidé, avec France Telecom, de relier les établissements scolaires au réseau Numéris (128 Kbits), ce qui devrait permettre à une vingtaine d'élèves de travailler simultanément, d'échanger des fichiers, de communiquer en visioconférence et d'avoir accès au réseau Renater, largement utilisé par les chercheurs français. Enseignants et élèves devraient également utiliser, sans limitation de durée, le service en ligne de l'opérateur public Wanadoo, conçu comme un nouveau vecteur de connaissances pédagogiques.
Il faudra naturellement tenir compte des deux échecs successifs
de l'entrée des "nouvelles technologies" à l'Ecole
(le plan Informatique pour tous en 1985 et la difficulté de l'école
à intégrer la télévision). Néanmoins,
les études le prouvent, l'inégalité face à l'instrument
informatique et a fortiori de l'usage des réseaux, se creuse. Les
parents les plus aisés s'équipent, estimant qu'il s'agit là
d'un atout supplémentaire pour l'avenir de leurs enfants. Or si l'école
est toujours considérée Mais grâce aux réseaux, en plus de la distance qui s'abolit, l'enseignement peut aller plus loin et proposer l'interactivité. On peut assister à un cours en temps réel ou en différé "comme si on y était", on peut même interroger un enseignant, lequel va répondre. Comment peut-on imaginer la cyberécole? Avec des élèves seuls face à leur ordinateur, qui apprendraient d'un maître virtuel? Ou bien les réseaux seront-ils un outil pédagogique supplémentaire à la disposition du maître, un outil particulièrement utile pour rassembler des informations de toutes sortes, et créer des liens entre écoles du monde entier? "Trop d'informations tue l'information", dit un dicton à la mode. Les maîtres de demain devront donc se transformer en guides, en prescripteurs, et acquérir une formation de fond, qui leur permette à la fois de maîtriser l'outil d'un point de vue technique, mais aussi d'un point de vue pédagogique, et bien sûr, philosophique. Si nos sociétés acceptent le défi d'intégrer la société civile à une réflexion autour des NTIC, alors les milieux de l'enseignement seront des interlocuteurs prépondérants. Une école en Normandie : ww.cyber-espace.com/ecanfreville
Qui dit société globale de l'information dit remise en cause de forme et de fond des médias traditionnels, ceux qui nous fournissent aujourd'hui notre information quotidienne, les rédactions des radios, chaînes de télévision, quotidiens et magazines, et leurs fournisseurs d'informations "brutes", les agences de presse (textes et images).
Le Républicain Lorrain, quant à lui, est totalement en ligne. Côté financement, un parallèle peut être fait avec l'univers de la radio. Sur Internet, en libre accès donc, le financement est de plus en plus assuré par les annonceurs. Les éditions électroniques ont un faible coût de fabrication (plus de papier, de circuit de distribution, d'invendus). La gratuité est de fait un sérieux argument pour le lecteur/consommateur. L'argument ultime, pour les partisans de cette presse "en ligne", c'est bien entendu la cohérence avec cette société de l'information naissante. Sous sa forme idéale (ou idéalisée...), elle permettrait à chacun un accès simple à des millions d'informations brutes. Plus besoin même d'agents intelligents, il suffira de se créer son propre réseau d'informations. L'émergence de cette presse électronique représente un très réel espoir pour toute une partie de la planète, tous ces pays qui, tel l'Algérie, musellent leur presse. Dans ces conditions, la liberté de la presse a évidemment tout à y gagner. Reste le risque, dans un univers médiatique de surabondance sans contrôle, de voir relégué au second plan les valeurs fondamentales du journalisme et des supports dits d'information: identité éditoriale, hiérarchie de l'information, sens critique, grilles de compréhension, investigation, recoupement des sources, validation ou qualification de l'information (se porter garant)... Sans doute, le rôle des journalistes, ou plutôt leur façon de travailler, va se trouver modifié par l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) dans le monde des médias, mais il n'est pas dit que les journalistes seront balayés par la société de l'information. Cependant, les potentialités immenses de l'outil Internet provoquent une multiplication de l'offre information. Ainsi sont apparus des réseaux dits "à valeur ajoutée", les AOL. Ils se positionnent sur le marché en fournissant à la fois des éditions de journaux en ligne et en proposant leur propre magazine, rédigé par des journalistes. Ils offrent également de l'information brute de type cours de la bourse ou résultats sportifs, ou encore météo et programmes de loisirs. L'exemple français par essence, c'est Infonie qui proposait dernièrement à ses abonnés de participer à des débats "en direct" sur le serveur avec des vedettes du monde culturel ou musical. Ces services connaissent un certain nombre de difficultés, liées à la lenteur que mettent les Français à s'approprier ces nouvelles technologies.
De l'anglais "push", littéralement "pousser ", il s'agit de proposer à l'internaute de l'information sur mesure, constamment remise à jour, sur la base d'un questionnaire où chacun détaille ses goûts, ses domaines d'intérêts tant sur le plan professionnel que privé. Annoncé en 1996 comme la révolution technologique face à la surabondance d'informations disponibles en ligne, le push prend aujourd'hui du recul. Inaccessible pour le grand public (il réclame d'être connecté en permanence et monopolise la bande passante), le push s'oriente vers le marché des entreprises. Un bel exemple d'engouement phénoménal retombé (ou repositionné, les mois à venir nous le diront) en quelques mois. | |||||