Futur marché du travailGisement d'emplois ou chômage accru? |
Les réseaux, un terme nouveau pour le grand public, sont une évidence depuis dix à vingt ans pour nombre d'employés de grandes entreprises nationales ou internationales. La nécessité de se connecter au sein d'une même entreprise, sans se soucier ni de la géographie, ni de la quantité d'informations à transmettre (transmission de rapports volumineux, courrier électronique, travail groupé en simultané) existe. Les réseaux, qu'ils soient privés ou publics, innervent notre société. Les autoroutes de l'information seront-elles une gigantesque interconnexion de l'ensemble des réseaux de transport? Internet sera-t-il l'exemple à suivre ou, au contraire, un repoussoir?
Téléphone, télécopie, vidéotex, messagerie vocale, écrite et électronique, transmission de données, bureautique communicante, transmission d'images fixes, communication avec les mobiles Chaque service nécessite des logiciels qui lui sont dédiés, cela même s'ils partagent la même infrastructure de transmission et de transport, tout en conservant leur individualité pour le traitement de l'information. On peut distinguer, par exemple, le réseau téléphonique, le réseau Transpac, les réseaux de vidéocommunication, les réseaux de radiotéléphonie... Le transport de ces données, qu'il se fasse d'un point vers tous les autres, ou de tous les points vers tous les points, utilise les mêmes supports physiques (fibre optique, câble, satellite, etc...). Ce sont les applications qui diffèrent et qui sécurisent. Le bureau Air France de Nice, par exemple, a accès via son ordinateur à l'ensemble des réservations de l'ensemble des compagnies aériennes du monde. Vous pouvez alors prendre votre billet Paris-Atlanta, Atlanta-Mexico, Mexico-Londres, Londres-Paris, louer une voiture dans chacun de ces aéroports, voire réserver des chambres d'hôtel depuis ce terminal informatique de Nice. Mais il est très important que ce réseau soit fiable, c'est-à-dire que personne ne puisse entrer de fausses réservations ou réserver des hôtels entiers à Bonn ou à Bénarès. Même souci chez les banquiers, et chez les militaires, plus proches du secret, cette fois. Pas question de laisser des informations ultra-confidentielles circuler librement sur des réseaux non sécurisés.
Nombre de grandes entreprises sont atteintes d'un symptôme récurrent: la "réunionnite". C'est dire à quel point l'échange d'informations est important et prend de la place dans un emploi du temps. Les réseaux ouvrent dans ce domaine des horizons totalement nouveaux de mise à disposition de données, de mises à jour constantes, de notes de service baladeuses et de "post-it" itinérants. Et puis, le travail en équipe peut être considérablement modifié. Pourquoi, peut se demander un dirigeant d'entreprise, payer des frais de déplacement fréquents à cinq personnes de qualifications différentes pour qu'elles travaillent ensemble sur un projet? Constituons cette équipe de rêve (dream team) et réunissons-la virtuellement. Chacun à son poste de travail, transmet ses données, ses idées, ses graphiques, ses modifications, lesquels sont reçus en temps réel par les autres. Un document peut être modifié par chacun quasi simultanément, jusqu'à approbation finale. La visioconférence permet même l'illusion physique, et de voir sourire ou râler le chef de projet. Cette nouvelle façon de travailler, ces nouvelles possibilités, sont vite présentées comme la solution à tous les maux de tête touchant aux problèmes d'organisation. Mais encore une fois, les technologies ne peuvent être la panacée. Les outils de travail collégiaux sont un outil supplémentaire, pas une solution miracle. Le télétravail fait son entrée grâce aux réseaux. Un chef d'entreprise peut proposer à certains de ses employés de travailler depuis leur domicile et à la fois délocaliser certains de ses services à l'étranger. La Swissair a ainsi pris la décision, il y a quelques années, de délocaliser en Inde toute sa comptabilité. Les délocalisations, en soi, sont un des thèmes récurrents des débats sociaux, et ce, avant les possibilités ouvertes par les nouvelles technologies.
Il y a ceux qui aiment. Ainsi, les partisans de l'efficacité sont
impressionnés par les réseaux. Il y a ceux qui n'aiment guère.
Ainsi les commerciaux sans bureau regrettent leur machine à café,
Le marché en développement vise maintenant, en France, les PME/PMI pour qui les réseaux sont une vraie chance de développement, avec un faible coût d'investissement. Communiquer efficacement (fidéliser ses clients, en trouver d'autres) en créant son site Web, réduire ses coûts de transmission et de communication (messagerie électronique, transfert de fichiers), envisager l'export: de nombreuses possibilités se font jour pour des structures plus souples et aux capacités d'innovation plus grandes. Affaire à suivre.
| ||||
© CSI - Science Actualités - Reproduction des photos interdite