Petit inventaire du monde vivant |
Eléphants, pandas, orang-outans, gorilles, baleines, ours... les plus grandes espèces de mammifères sont les symboles du phénomène de disparition des espèces. De façon chronique, les médias viennent nous alarmer sur l'état de leurs populations. Ces espèces sont certes pour une bonne part à la source de la prise de conscience écologique. Mais elles ne doivent pas faire oublier que c'est l'ensemble de la biodiversité spécifique qui est menacé.
Il est évidemment impossible de savoir exactement combien d'espèces ont disparu depuis l'apparition de la vie sur Terre. Certaines estimations avancent toutefois qu'en plus de 3 milliards d'années d'évolution, environ 99% des espèces ont disparu. Autrement dit à l'échelle des temps géologiques, la disparition des espèces peut être considérée comme un phénomène naturel. Depuis le XVIIe siècle, au niveau mondial, 654 espèces
végétales et 484 espèces animales sont considérées
avoir disparu.
En ce qui concerne les animaux, selon un rapport publié par Global Biology Assessment en 1995, plus de 5000 espèces animales seraient menacées dans le monde. En ce qui concerne les plantes, selon un récent rapport établi par l'IUCN à partir de 18000 sources de données récoltées pendant vingt années, plus d'une plante sur dix serait en voie d'extinction. Sur les 33798 espèces végétales concernées, 380 sont déjà disparues à l'état sauvage, 371 sont probablement aussi éteintes, 6522 sont en danger et les espèces restantes sont sérieusement menacées et très rares. 91% des plantes menacées sont endémiques de seulement un seul pays. Selon Kerry Walter, botaniste aux Royal Botanic Garden à
Edinburgh, très peu d'actions de conservation sont prises pour sauver
les plantes menacées. Pour un dollar dépensé à
la conservation d'une espèce
animale, seulement 10% sont consacrés à la sauvegarde des
espèces végétales.
Si les variations concernant le recensement des espèces sont déjà importantes, en ce qui concerne le nombre des espèces restant à découvrir, les écarts deviennent vertigineux. Ainsi à propos des insectes, Loïc Matile, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, préfère donner une fourchette: "Hypothèse basse, 6 millions ; hypothèse haute, 60 millions d'insectes restent à découvrir" (cf. "La mouche, le mammouth et l'aristoloche", film sur la systématique, Science Actualités/CSI, 1998). Le nombre des espèces restant à découvrir varie
suivant les groupes. Ainsi, on connaîtrait seulement 95% des vertébrés,
10% des insectes, 1% des bactéries et virus.
De 1900 à 1998, la population humaine est passé de 1,6 milliard à 5,8 milliards d'êtres humains alors que le taux de croissance est en régression passant de 2,1% en 1960 à 1,5% en 1996. Mais l'accroissement de la population humaine s'effectue toutefois actuellement au rythme de 88 millions d'êtres humains supplémentaires chaque année. 840 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées; 2 milliards de personnes dans le monde souffrent de carences alimentaires.
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