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| En procédant, à la demande du gouvernement français, à une expertise scientifique indépendante, l'Afssa juge risquée une levée trop précoce de l'embargo sur les importations de boeuf britannique. La Communauté européenne est saisie du dossier. |
La "vache folle" tourneboule l'Europe "La crise de la vache folle tourneboule l'Europe depuis que la
France, suivant l'avis de ses experts nationaux, a décidé
le vendredi 1er octobre de revenir unilatéralement sur la levée
partielle de l'embargo sur le boeuf britannique", annonce Le
Figaro dans son édition du 6 octobre. "Depuis quelques
jours, M. Nick Brown, le ministre de l'Agriculture britannique, prohibe
aliments et vins français à sa table. C'est une manière
très personnelle, reconnaît-il, de "punir" la France
pour son refus d'importer du roast-beef anglais". Alors que la
Communauté européenne a décidé de lever l'embargo
"sans même consulter officiellement son comité scientifique
directeur européen", note encore Le Figaro. Quand
au Monde, il souligne que Martin Hirsch, directeur général
de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(Afssa) a "pris soin de mettre ici en place un deuxième niveau
d'indépendance en demandant un avis motivé au groupe, présidé
par le docteur Dominique Dormont, des trente meilleurs experts français
des maladies à prions". Le rapport réalisé
par ce comité français est à l'origine d'une affaire
qui a conduit Bruxelles à sommer "Paris, mardi soir, de lui
fournir dès vendredi les arguments qui fondent sa soudaine décision.
Ou plutôt sa rébellion, illégale au regard du droit
communautaire", écrit Corinne Bensimon dans Libération
du 7 octobre. Elle ajoute que l'Afssa, dans son rapport, "évoque
les dernières évolutions des connaissances scientifiques à
l'égard de [ces maladies], notamment celles postérieures
aux derniers avis rendus par les instances scientifiques de la commission
européenne". Il s'est, de fait, écoulé un
an et demi entre l'avis européen et l'avis français. Un test inemployéJeanne Brugère-Picou, un des experts de l'Afssa, explique à
Corinne Bensimon que "l'épidémie ne baisse pas aussi
vite qu'on a pu le prévoir. Il y a encore près de 300 cas
par mois en Grande-Bretagne en 1999". "Il est probable
qu'elle [l'ESB] se propage par d'autres moyens que ceux qui ont déjà
été identifiés, à savoir les farines animales
et le lien maternel", lit-on dans l'Express. Par ailleurs,
le 11 octobre Les Echos rappellent que "les experts français
font valoir qu'il existe un test français de dépistage de
la maladie et qu'il a été reconnu en juillet comme le plus
fiable par la Communauté européenne". D'après
Libération des 9 et 10 octobre, ce test, "mis au point
par un laboratoire du CEA", en autorisant la détection de
doses infimes de prions dans les cerveaux des bovins atteints, permettrait
à lui seul de "connaître enfin l'ampleur de l'épidémie
bovine en Grande-Bretagne, voire en France". Quoi qu'il en soit,
en refusant de lever l'embargo sur le boeuf britannique, le gouvernement
français "n'a pas seulement déclenché l'ire
de Londres et le courroux de Bruxelles. Il a aussi mis en lumière
les incohérences européennes qui prévalent encore dans
l'analyse des risques sanitaires inhérents à cette nouvelle
maladie animale transmissible à l'homme", précise
Jean-Yves Nau dans Le Monde du 7 octobre. Selon Les Echos,
"le gouvernement français cherche en tout cas à persuader
Bruxelles qu'il n'a pas agi par protectionnisme, mais uniquement pour des
raisons de santé publique". L'exception française"Cette décision est [...] le résultat logique
issu du nouveau dispositif de sécurité sanitaire créé
en France par la loi du 1er juillet 1998 et qui, pour la première
fois, organise une articulation cohérente entre l'expertise scientifique
et la décision politique", renchérit Le Monde.
En faisant appel à l'Afssa, dont le fonctionnement, selon le Dr Jean-Michel
Bader dans Le Figaro, "est sans exemple en Europe",
le gouvernement français a validé "l'exception française". * MARIE GUILLAUME | |