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Pôle position
Les recordmen de plongée en apnée
(3 mn à 131 m) sont battus, et de loin, par les manchots. Ces derniers
pulvérisent tous les records de plongée en profondeur (plus
de 300 m) et en temps (plus de 9 mn). Leur truc: réduire le métabolisme
des tissus et donc leur production de chaleur par un refroidissement de
certaines parties de leur corps comme l'abdomen où la température
chute de 38°C à 11°C pendant la plongée. Etant à
une température de 4° à 5°C, les poissons ingurgités
restent au frigo!
*Nature, vol.388, p.64-67
Lésion aisée
On le savait déjà : les accidents
vasculaires cérébraux provoquent des lésions aux conséquences
dramatiques. Le neurologue Theodor Landis et la psychologue Marianne Regard,
de l'University Hospital de Zurich, viennent d'en décrire une nouvelle
et terrible forme. Sur les 723 cas suivis dans leur service, 36 ayant en
commun une lésion située dans le lobe frontal de leur hémisphère
droit ont présenté le même symptôme invalidant:
ils sont obsédés par le désir de nourriture fine et
autres douceurs de palais...
*Neurology, vol. 48, p. 1185
Remake
A l'université de
Toronto, au Canada, des chimistes ont refait le monde. Du moins, celui des
magiques et mathématiques volutes que déroulent les coquillages.
Au fond des mers, ceux-ci cimentent du carbonate de calcium avec des polymères
organiques. Dans leur plage-éprouvette, les chercheurs ont remplacé
les ingrédients par du tétraéthylsilicate avec, pour
liant, du chlorure de cetyltriméthylammonium. Un petit peu d'acide
hydrochlorique pour la catalyse de la réaction et miracle: de microscopiques
néo-nautiles synthétiques sont nés spontanément
avec arêtes ondulées et canaux sinueux, logarithmiques et archimédiennes
spirales, comme au naturel, Dieu seul le savait...
*Advanced Materials, vol.9
Jurassique sang
Les "terribles reptiles" vont-ils renaître
de leurs fossiles? Mary Schweitzer, de l'université américaine
du Montana, s'y emploie activement. Elle n'a pas encore réussi à
extraire de l'ADN des vieux os de Tyrannosaurus rex mais déjà
plusieurs composés biochimiques dont l'hémoglobine, la protéine
qui fixe l'oxygène transporté par les globules rouges du sang.
Elle en apporte la preuve par la réponse immunitaire de rats auxquels
elle a injecté la molécule isolée: ils ont développé
des anticorps spécifiques se liant à leur propre hémoglobine.
La date d'ouverture du parc n'a toujours pas été précisée
!
*PNAS, vol. 94, p. 6291
3523 m
C'est la taille record de la carotte extraite
en janvier dernier à 3500 m d'altitude, à Vostok, en
Antarctique, par une température moyenne de -55°C. C'est la plus
vieille glace (- 600 000 ans) jamais retirée du sol où
l'épaisseur maximale de glace est de 3740 m. Les climatologues
vont la cuisiner selon une recette qui révélera au mieux sa
teneur en CO2
et CH4,
les gaz à effet de serre, témoins du climat qui l'a vu pousser.
Et, ce n'est pas tout: sous les 200 mètres de glace restants, les
chercheurs ont trouvé un lac grand comme le lac Léman à
une profondeur de 600 mètres où pourraient bien habiter des
formes de vie primitives très intéressantes.
*Communiqué de l'IFRTP du 25-27 juin 97 |
MEDOR, REX ET LES AUTRES...

DESSIN: © Jean-Marie Renard / Science
Actualités
Depuis combien de temps les chiens
sont-ils dans la vitrine de la biologie? A en croire les archéologues
et les résultats de leurs fouilles, la plus vieille amitié
entre homme et chien date de 14 000 ans. Carlos Vilá, biologiste
à l'université de Californie à Los Angeles, a reconstitué
l'arbre généalogique de notre vieux compagnon en comparant
les séquences d'ADN mitochondrial de 140 chiens de 67 races, 162
loups, 5 coyotes et 12 chacals. Selon lui, ces deux dernières espèces
n'ont rien en commun avec les chiens. Et, surprise, entre chiens et loups,
la divergence serait apparue il y a environ 135 000 ans. L'analyse
des mutations met en évidence quatre lignées différentes
et seulement deux épisodes de domestication. Preuve que Médor
1er ne devait pas avoir le croc tendre. Le chien mis à part, un seul
mammifère possède les mêmes diversités et larges
distributions génétiques: l'homme.
*Science, vol. 276, p. 1687 |
Première trille
Selon Walter Boles, de l'Australian Museum à
Sydney, c'est au pays des kangourous qu'aurait retenti la prime aria modulée
par une syrinx d'oiseau chanteur. Preuve : quelques os minuscules retrouvés
à Tingamurra, près de Brisbane, dans le Sud du Queensland.
Datant de 50 millions d'années, ils sont deux fois plus vieux que
ceux retrouvés en Europe. Et, ils possèdent les propriétés
caractéristiques des os de ces oiseaux évolués qui
comptent dans leur rang les Passeriformes et, parmi eux, les maîtres
de chant dont certains défient encore de nos jours les règles
d'écriture musicale inventées par l'homme.
*Emu, vol. 97, p. 43
Coup d'oeil
Laszlo Bito de la Colombia University vient de
montrer que la concentration de mélanine, responsable de la couleur
de l'iris, peut changer avec l'âge. Ainsi 16,6% des 187 paires de
jumeaux du Kentucky suivis depuis 1957 possèdent aujourd'hui un nouveau
regard. Chez les vrais jumeaux, les yeux virent plus souvent de la même
façon que chez les faux, tendant à prouver que le phénomène
a une base génétique.
*Archives of Ophthalmology, vol. 115, p.659
Désordre nouveau
Mesurer le degré de désordre dans
des résultats d'expérience : le problème n'est pas
simple surtout si l'on n'a aucun modèle sous la main pour le phénomène
étudié, ce qui est souvent le cas. Le mathématicien
Steven Pincus propose une solution : le calcul de ApEn, l'entropie approchée,
qui apprécie le degré de prédictibilité des
observations. Appliqué à l'évolution des taux de deux
hormones masculines, Pincus vient de montrer que la ménopause existe
aussi chez l'homme : ces taux deviendraient plus irréguliers et désynchronisés
avec l'âge.
*PNAS, vol.93, p.14100 |