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Après Dolly, PollyA partir d'un article paru dans LE FIGARO du 25 juillet 1997 Après la brebis clonée Dolly, qui a défrayé la chronique, voici la première véritable application de Dolly. C'est Polly, la brebis clonée et transgénique. Les scientifiques de l'Institut Roslin, en Ecosse, ceux-là même qui ont conçu Dolly, ont réussi à introduire un gène humain dans le patrimoine génétique d'une brebis clonée. "Grâce à ce gène, Polly pourra fabriquer dans son lait, en grande quantité, une protéine humaine ayant des propriétés thérapeutiques et destinée à soigner les malades présentant justement un déficit en cette protéine", explique Le Figaro. C'est une avancée phénoménale pour l'industrie pharmaceutique. Avec, à terme, l'objectif d'être capable de produire à grande échelle de nombreuses protéines humaines. Actuellement, pour fabriquer ces protéines, on fait exprimer des gènes humains par des bactéries. "Ce procédé est long et coûteux et n'est applicable qu'à des protéines simples. Pour les protéines les plus complexes, il faut recourir à des cellules de mammifère". Une usine vivanteMais, comme l'explique un chercheur de l'Inra (Institut national de la recherche en agriculture), "l'obtention des animaux transgéniques est difficile. Dans les élevages, seulement un sur dix ou même sur cent est vraiment capable d'exprimer le gène", c'est-à-dire de produire la protéine. Grâce aux clones, dont les caractéristiques sont identiques, une production de masse est envisageable. Pour fabriquer Polly, les chercheurs ont tout d'abord injecté le gène humain dans une cellule de la glande mammaire prélevée sur une brebis, puis ont placé le noyau de cette cellule dans un ovocyte de brebis préalablement débarrassée de son matériel génétique. L'oeuf ainsi créé a été implanté dans l'utérus d'une autre brebis pour assurer la gestation. Ainsi, Polly possède un gène humain dans son patrimoine génétique, et produira, dans son lait, la protéine correspondante. Elevages transgéniquesLes chercheurs préfèrent attendre la publication de leurs résultats dans une revue scientifique pour divulguer la nature de ce gène qui serait, "selon certaines indiscrétions", précise Le Figaro, celui du facteur IX de la coagulation. A l'heure actuelle, aucun médicament produit par un animal transgénique n'est sur le marché. Trois font l'objet d'études sur l'homme: l'antithrombine III, qui a un effet sur la coagulation, l'alpha 1 antitrypsine, destinée au traitement de la mucoviscidose, et la protéine C, contre les thromboses. Divers mammifères pourraient être utilisés pour la production de ces molécules. Cinquante substances d'origine humaine ont déjà pu être obtenues dans le lait de brebis, de chèvre, de vache et de truie. Polly ne sera pas destinée à une production industrielle de médicaments mais elle a démontré la faisabilité de la méthode. "Polly est le prototype de l'usine vivante et idéale de production des médicaments du XXIe siècle", conclut, avec enthousiasme, Le Figaro. |