- SCIENCE ACTUALITES - SEPTEMBRE 1997 -


Microsoft croque un morceau d'Apple

A partir d'un article paru dans LA TRIBUNE du 7 août 1997

"La firme à la pomme est entrée dans une nouvelle ère", constate le quotidien économique La Tribune. Le constructeur d'ordinateurs Apple vient en effet de conclure un accord avec son ennemi de toujours, le géant du logiciel, Microsoft. "La règle du jeu a longtemps été: pour qu'Apple gagne, Microsoft doit perdre. C'est fini, l'époque de la concurrence est terminée" a déclaré Steve Jobs lui-même, fondateur d'Apple, revenu aux commandes de la société après une longue absence. Selon les termes de l'accord, Bill Gates, le patron de Microsoft, va investir 150 millions de dollars en actions Apple. Par ailleurs, les deux sociétés vont échanger des licences. Le futur ensemble de logiciels de bureautique Microsoft Office pour les entreprises, qui sortira à la fin de l'année, sera disponible sur les ordinateurs Macintosh d'Apple. Et ces machines livreront en série Explorer, le logiciel de navigation sur Internet de Microsoft.

Position dominante

Malgré sa participation, Microsoft n'aura aucun droit de vote au sein d'Apple. Pourtant, "sa présence ne saurait être considérée comme purement symbolique", analyse La Tribune. C'est même tout le contraire. Les avantages pour Bill Gates sont multiples. En installant sur les Macintosh son Internet Explorer, il l'imposera davantage par rapport à son concurrent direct, le Navigator de la firme Netscape. La disparition d'Apple ne serait d'ailleurs pas profitable à Microsoft, qui doit se prémunir des lois antitrust qui régissent les pratiques commerciales. Plus généralement, Microsoft met un pied chez les utilisateurs de Macintosh.

Stratégie imprécise

"Avec cet accord, Apple entérine la position dominante de Microsoft en matière de logiciels en réduisant sa propre marge de manoeuvre et d'indépendance, notamment celle de sa division software", remarque La Tribune.

Apple ne serait donc plus l'ultime poche de résistance face au géant Microsoft. D'autant que la firme n'aurait pas arrêté de stratégie précise pour le futur. Afin de se positionner sur le marché des ordinateurs grand public, Apple a récemment lancé le e-Mate, une machine à moins de 5000 francs, et a annoncé le lancement du Pippin, un ordinateur destiné principalement à la connexion sur Internet. Mais au MacWorld, l'exposition Macintosh de Boston, Apple a aussi dévoilé l'ordinateur personnel le plus rapide du marché, qui devrait coûter près de 35000 francs, et traduirait davantage l'intérêt de la firme pour le créneau des serveurs, les ordinateurs puissants destinés à gérer les réseaux. La firme à la pomme avait-elle vraiment le choix? Elle a connu entre 95 et 97 une baisse considérable de son chiffre d'affaires.

Toujours est-il que la Bourse a salué l'accord et que le cours des actions Apple est remonté, alors qu'il avait été divisé par trois en deux ans. Et Apple, qui avait licencié près de 3000 personnes, recommencerait à embaucher.


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