- SCIENCE ACTUALITES - NOVEMBRE 1997 -

Croissance

D'après une étude française menée chez les enfants de petite taille traités par l'hormone de croissance, l'évolution serait globalement moins favorable que prévu et les résultats varieraient nettement selon le type d'hormone utilisé, la cause de la petite taille et la taille génétique. Les chercheurs souhaitent qu'à l'avenir des recherches complémentaires déterminent les modalités optimales d'utilisation de ce type de traitement.

* BMJ, vol.315, p.708-713

Enfants obèses

En dix ans, l'obésité a augmenté de 17% chez les enfants en France. Des chercheurs américains ont mis en évidence deux facteurs prédictifs du risque d'obésité: l'âge où l'enfant devient trop gros et le poids des parents. Les enfants obèses avant trois ans mais dont les parents ne sont pas en surpoids, ont peu de risque d'être obèses à l'âge adulte. En revanche, l'obésité à 15 ans multiplie par 17 le risque à l'âge adulte, quelle que soit l'hérédité, et le risque atteint 79% pour un adolescent gros ayant au moins un parent obèse. Les chercheurs suggèrent que les enfants obèses de trois à cinq ans soient la cible prioritaire de la prise en charge, lorsqu'il est encore temps d'orienter favorablement l'alimentation et l'activité physique.

* NEJM, vol 337, p 869-873

Câlins maternels

On sait intuitivement et scientifiquement que l'attention accordée par la mère à son nouveau-né est essentielle au développement psycho-affectif du nourrisson. Une étude canadienne menée sur des rats apporte de nouveaux arguments puisqu'elle montre que les jeunes rats "choyés" par leur mère présentent des particularités métaboliques importantes. Celles-ci induisent notamment une réponse beaucoup plus équilibrée à la tension ou au stress et un risque diminué de neurodégénérescence. Mais, si l'on sait déjà que la stimulation tactile active, entre autres, l'hormone de croissance, reste à comprendre comment le maternage influence la sécrétion de certains neurotransmetteurs et l'expression de certains récepteurs.

* Science, vol.277, p.1659-166


Avec 8 millions d'anesthésies annuelles en France, c'est près d'un Français sur huit qui subit une anesthésie générale ou locale chaque année. Depuis une trentaine d'années, le nombre d'interventions sous anesthésie a considérablement augmenté, l'exemple le plus significatif étant l'endoscopie digestive qui représente environ 1200000 actes par an, soit cinquante fois plus qu'en 1980.

* Communiqué de Société française d'anesthésie et de réanimation du 26 / 09 / 97.


Placebo?

L'homéopathie qui est l'une des thérapeutiques alternatives les plus répandues (30% à 70% de la population des pays développés l'utilisent) reste aussi l'une des plus controversées. Des chercheurs américains et allemands ont voulu comparer l'effet des traitements homéopathiques à celui de placebos en procédant à une analyse globale de 119 études cliniques. Leurs résultats, qui suscitent de nombreuses critiques, indiquent un effet de l'homéopathie supérieur à celui attribuable au placebo, avec un rapport d'efficacité de 2,45 en faveur de l'homéopathie.

* The Lancet, vol.350, p.834-842, 824-825

   * PAR CATHERINE GOUPILLON

VOIR AVEC LES DOIGTS

PHOTO: © P. Ache / Reporters / REA

Les non-voyants pourraient utiliser une partie de leur cerveau normalement destinée à la vision, le cortex visuel, pour une tâche autre, telle que la reconnaissance du braille avec leurs doigts. Grâce à des expériences d'inactivation de certaines zones cérébrales, les chercheurs ont observé qu'en "débranchant" le cortex visuel de sujets voyants lisant avec les doigts, il ne se passait rien, puisque cette zone n'est pas sollicitée dans ce cas, alors qu'en désactivant celui des non-voyants, ceux-ci commettaient soudainement beaucoup plus d'erreurs de lecture. Cette étude montre à quel point le cerveau est malléable, capable de s'adapter et pourrait notamment expliquer pourquoi les aveugles ont une ouïe et un sens tactile particulièrement développés.

* Nature, vol 389, p 180-183

Tuberculose et sida

Le risque de contracter la tuberculose est accru chez les sujets contaminés par le VIH et la mortalité due à cette maladie est plus importante chez ces patients que chez les autres. On estime qu'environ 5 millions de personnes sont infectées par les deux maladies dans le monde, dont près des trois quarts en Afrique. Selon des chercheurs américains qui ont testé trois types de médicaments contre la tuberculose, un traitement préventif permettrait de réduire considérablement le risque de contamination ­de 70% environ­ et de limiter la mortalité de façon significative chez les malades du sida.

* NEJM, vol.337, p.801-808

Alzheimer en hausse

Du fait de l'allongement de l'espérance de vie, la maladie d'Alzheimer pourrait toucher 100 millions de personnes en l'an 2000, 120 millions en 2010 et 160 millions en 2030. D'ores et déjà quatrième cause de décès aux États-Unis, c'est la maladie qui occasionne les frais d'hospitalisation les plus lourds. Tel est le constat des spécialistes réunis récemment à Helsinki pour une conférence internationale. Les familles de malades et les associations présentes ont, quant à elles, souligné que le diagnostic était aujourd'hui plus précoce, les médicaments plus efficaces et qu'une évolution positive des mentalités était désormais visible.

* AFP 29 / 09 / 97


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