
|
Gégène
Kenneth Libbrecht, du California Institute of Technology
à Pasadena, vient d'inventer le "glaccélérateur".
Simple: pour produire de la glace à tout va, il suffit de la baigner
dans un champ électrique. En conditions normales, la glace croît
environ de 3 microns/s. Mais, à partir de 1000 V, un champ électrique
la pousse à grandir à une vitesse située entre 20 et
70 microns/s dès qu'il arrive, selon Kenneth, à vaincre les
effets de tension de surface aux extrémités du cristal. Il
espère arriver au même résultat avec d'autres molécules
que l'eau mais ne dit rien, hélas, sur ce qui se passe si l'on ajoute
vanille, fraise ou chocolat
*Physical Review Letters, vol.81, p.176
Grand écran
Dommage! Le conseil arrivera un peu tard mais servira
pour les prochaines vacances à faire de vous un dur à cuire.
La recette est de Stanley Miller et James Cleaves de l'université
de San Diego, en Californie: enduisez-vous d'une mixture d'ammoniaque, de
méthane et d'eau; faites passer le courant. Vous obtiendrez entre
autres, des tholines, polymères dont une épaisseur de seulement
2 mm arrête 99% des radiations UV. C'est grâce à eux
que, selon ces chercheurs, les premiers acides nucléiques ont survécu
à une époque où la couche d'ozone n'existait pas et
ont pu mener les premières bactéries à devenir des
hommes.
*Proceedings of the National Academy of Sciences, vol.95, p.7260

Fléchettes d'amour
Comme tout escargot, Helix aspersa
est partagé entre le vélivole Hermès et la vaporeuse
Aphrodite. Mais quand il s'agit de faire des "escargotons", pas
de pétard, il faut assurer. Or, parmi les disciples de Cupidon, ce
mollusque est probablement des plus appliqués. Lors de ses ébats
langoureux qui peuvent durer des heures, il envoie des fléchettes
calcaires dans la peau de sa partenaire. Selon Joris Koene et Ronald Chase
de l'université McGill, à Montréal au Canada, le mucus
enrobant ces pointes passionnelles contient une phéromone agissant
dans le sens de l'amour très classique. Elle permet d'ouvrir en grand
chez la femelle le canal copulatoire et de mettre hors service un organe
capable de digérer le sperme stocké. En tirant ses coups,
Helix prend donc l'avantage sur les restes spermatiques de ses prédécesseurs.
Moralité: rien ne sert de croupir, il faut jouir à temps!
*Journal of Experimental Biology, à paraître
 |
PEPINIERES
Avec
John Harada, de l'université de San Francisco, les laitues pourraient
bientôt ne plus seulement monter à graines mais aussi à...
laitues! Les tissus aberrants qui se développent parfois au niveau
des feuilles chez certaines plantes ont mis John sur la voie du gène
LEC1, un gène clé du développement embryonnaire qui
ne s'exprime normalement que dans la graine. Fort de sa découverte,
il a manipulé le génome du cresson Arabidopsis thaliana de
telle sorte que LEC1 puisse s'exprimer dans toutes ses cellules. Résultat:
avec racines et plantule, des bébés cressons sont alors nés
au niveau des feuilles. Les choux vont-ils sortir de la comptine pour devenir
de réelles et fécondes maternités?
*Cell,vol.93, p.1195 |
Truc anti-truite
Un bon chasseur doit savoir chasser sans laisser
sa senteur chatouiller les naseaux de son désir. Autrement dit, contre
le vent. La règle est également valable en milieu aquatique.
Dans l'eau, un prédateur doit rester en aval de sa proie. Peu importe,
la crevette Gammarus pulex sait de toute façon se tirer d'affaires
même si des dents voraces l'attendent, plus bas, au tournant. En utilisant
des micro-gouttes de lait pour visualiser les mouvements de l'eau, Jonas
Dahl de l'université de Lund, en Suède, vient de montrer que
notre crevette savait générer un flux de 7 mm à contre-courant.
Juste de quoi se mettre l'eau au nez et, si elle est parfumée à
la truite, ne pas la lui mettre à la bouche!
*Proceedings of the Royal Society Series B, vol.265, p.1339
Occas'
De toutes les vieilles savates provenant
d'une grotte du Missouri dont Mike O'Brien, anthropologue à l'université
du Missouri, en Columbia, a établi la datation, ce ne sont pas des
mocassins en cuir mais de simples sandales, tissées avec les feuilles
d'une plante ressemblant au yucca, toujours en parfait état de marche,
qui ont décroché le pompon: 8300 ans. Elles sont fabriquées
selon une technique ressemblant fort à celle utilisée par
les Mexicains Huarachi qui vendent toujours leur production sur le marché.
Notre industrie de Charente va-t-elle en prendre un coup?
*Science, vol.281, p.72
Symphonie
Qui n'a pas connu les "glou-glou" inopportuns, voire le brouhaha
intarissable des "croâ-croâââ" surgissant
du tréfonds de son ventre et toujours aux moments les plus incongrus?
Selon Jan Huizinga de la McMaster University, à Hamilton en Ontario,
les responsables en sont les cellules intestinales de Cajal. Grâce
à de microscopiques électrodes, il a pu mesurer chez la souris
que ces cellules généraient des courants à la fréquence
de 12 cycles/mn en phase avec la cadence de 10 à 15 contractions/mn
des cellules musculaires qui agitent leur tube digestif et servent à
faire descendre la nourriture. Reste toutefois à trouver le chef
d'orchestre du concert "batracoïde"...
*Nature Medicine, vol.4, p. 767 |