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| Les affaires de dopage et la suspension de l'équipe cycliste star ont marqué la 85e édition du Tour de France. Contrôles en série, projet de loi prévu à la rentrée... Cette année, les journaux ont davantage rendu compte des affaires de dopage sur le Tour que des exploits sportifs des coureurs. |
Le scandale du dopage des sportifs Scandale dans le Tour de France: des produits dopants ont été
retrouvés dans la voiture du directeur sportif de Festina. L'équipe
est exclue du Tour le 18 juillet et les soupçons pèsent sur
les coureurs qui restent en liste. Les langues se délient et les
contrôles se multiplient pour essayer de confondre d'autres cyclistes
dopés. Mais remarque Le Monde "ne pas être positif
ne signifie pas qu'on soit non dopé. Les analyses peuvent être
rendues inefficaces par un produit masquant. Et puis, toutes les substances
dopantes ne laissent pas de traces dans les urines." En effet,
à mesure que les tests de détection des produits dopants se
précisent et deviennent de plus en plus sensibles, les drogues deviennent
de plus en plus dangereuses et les techniques pour les dissimuler de plus
en plus efficaces. Le Figaro en cite quelques- unes: "Certaines
équipes cyclistes se sont montrées très professionnelles:
pour masquer l'effet de l'EPO, elles saignent leurs coureurs, leur font
boire des liquides hypotoniques (pour diluer le sang) [...] pour artificiellement
diminuer la valeur du test." Des contournements quasi systématiques
et soigneusement organisés. Mais des produits qui, s'ils "copient
la nature", remarque La Croix, pour augmenter significativement
l'endurance des coureurs, mettent également leur vie en danger. En
effet, le médecin du tour de Normandie prévient dans Le
Figaro: "Ils peuvent provoquer des chocs toxi-infectieux, des
nécroses rénales ou des destructions du foie, ainsi que des
pancréatites." Un vaste trafic internationalAlors, pour mieux se protéger contre les effets secondaires des produits dopants, parfois mortels, les cyclistes et leurs directeurs sportifs font appel à des professionnels de ces produits chimiques, les médecins. Et pour la première fois, note l'hebdomadaire Politis "ce n'est pas un coureur cycliste qui est pris en flagrant délit, ce n'est pas comme on aime trop souvent à le dire dans le milieu sportif, une brebis galeuse égarée du troupeau, mais l'état-major d'une équipe qui est confondu et la plus prestigieuse d'entre toutes. [...] Derrière les premiers gros poissons pris au piège, se profilent des réseaux de médecins véreux, des filières d'approvisionnement et un vaste trafic international" . Pour certains, le rôle du médecin sportif devient alors ambigu. D'ailleurs, les instructions judiciaires recherchent aussi des complicités médicales, "qui seules, précise Le Figaro, permettent ces trafics". Alors, les médecins sportifs s'insurgent, refusent de cautionner le dopage sous couvert scientifique et dénoncent cette hypocrisie médicale qui consiste à réguler le dopage pour mieux le contrôler et éviter les accidents. Libération résume la ligne officielle du corps médical: pas de compromis, pas de complicité. Une politique qui suggère de sanctionner les "médecins véreux" ou "pris dans l'engrenage", au nom de la santé du sportif: "Le médecin n'est ni juge, ni entraîneur, il doit toujours arbitrer en faveur de la santé et inciter à l'abandon des produits dopants", répond Rony Brauman, président d'honneur de Médecins sans frontières. Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports a décidé de ne pas laisser s'étouffer l'affaire. A la rentrée, elle présentera un projet de loi contre le dopage à l'Assemblée nationale. En effet, rappelle Libération, "les sportifs dopés ont plus de chance que les usagers de la drogue. La loi du 28 juin 1989 qui réprime le dopage dans le milieu sportif a pour particularité de les laisser impunis pénalement, contrairement aux toxicomanes". Le projet de loi de Marie-George Buffet, discrètement voté au Sénat, prévoit "d'élargir les moyens de dépistage", de "renforcer la surveillance médicale" et de dégager les moyens financiers appropriés.
* J. L | |
EPO (érythropoïetine) est une hormone stimulant la fabrication de globules rouges, transporteurs d'oxygène. Elle peut favoriser la croissance de tumeurs préexistantes et les poussées de tension. Elle est produite naturellement par l'organisme et n'est pas détectée par les contrôles. L'hormone de croissance favorise le développement musculaire et brûle les graisses. Elle peut provoquer un accroissement anormal des os, épaissir les traits du visage et provoquer un diabète. La testostérone: hormone mâle qui permet le développement de la masse musculaire. A forte dose, elle diminue la production de spermatozoïdes et, chez les femmes, provoque une masculinisation de l'organisme. Elle est rapidement éliminée donc difficilement mesurable. Les PFC: (perfluore-carbonés) stimulent eux aussi l'oxygénation mais ne laissent aucune trace décelable. | |