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| Pendant que Jussieu se prépare à être désamianté, deux rapports sont remis aux ministres, l'un sur l'éventuelle toxicité des fibres de substitution à l'amiante, l'autre sur "la gestion du risque et des problèmes de santé publique posés par l'amiante en France". |
Amiante, laine de verre, fibres de céramique et les autres... Les fibres d'amiante ont été reconnues dangereuses pour
la santé, mais qu'en est-il des fibres de substitution? Un rapport
commandé en 1997 par Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la
Solidarité et Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à
la Santé, à des chercheurs de l'Inserm, vient d'être
terminé. Il a tenté d'analyser les risques induits par les
fibres minérales artificielles (laines de verre, de roche, fibres
de céramique) et les fibres organiques (para-aramide, cellulose).
"Des experts perplexes", titre Le Figaro du 10 juillet
après la publication de ce rapport. 36 propositionsLe constat est sévère, mais Claude Got formule trente-six
propositions dont treize pour corriger les défaillances du système
d'indemnisation des maladies professionnelles, neuf pour renforcer la sécurité
sanitaire dans les habitations et huit pour protéger la santé
des travailleurs. Parmi elles, le professeur Got propose de réviser
les délais de prescription des droits des victimes, actuellement
fixés à deux ans à compter de la date de la première
constatation de la maladie, d'accélérer l'instruction des
dossiers et d'instaurer une "déclaration obligatoire de l'ensemble
des constats de la présence d'amiante dans les immeubles concernés.
Certaines mesures proposées seront prises d'ici le début de
l'année 1999, ont annoncé les deux ministres commanditaires",
rapporte Le Monde. Une maladie d'origine professionnelle?De son côté, le président de l'Association nationale
de défense des victimes de l'amiante confiait au Monde que
"certaines mesures constituent un progrès, mais que l'ensemble
des mesures annoncées ne permettra malheureusement pas de mettre
un terme définitif au deuxième scandale de l'amiante: celui
de l'indemnisation des victimes" et celui de sa reconnaissance
comme maladie professionnelle. Le professeur Got rappelle dans les colonnes
du même journal que parmi les 700 mésothéliomes qui
apparaissent chaque année en France, moins de 100 sont reconnus comme
maladies d'origine professionnelle. Alors que "personne ne discute
le fait que 90 à 95% de ces cancers sont provoqués par l'amiante". * J. L | |