| |
| Des centaines de victimes dans l'affaire du sang contaminé et trois anciens ministres accusés. Un procès à rebondissements que toute la presse suit avec attention depuis le début et qui pourrait bientôt arriver à sa fin. |
Pas de non-lieu dans l'affaire du sang contaminé
Sortir de l'impassePour Le Monde, cette requalification des faits est une façon
pour la justice de"sortir de l'impasse dans laquelle elle s'était
placée", mais continue le quotidien, c'est aussi un "retour
à la case départ en quelque sorte". Néanmoins,
rappelle l'Humanité , "dans l'histoire de la Ve République,
c'est la première fois qu'un ministre ou secrétaire d'Etat
doit répondre d'une infraction pénale devant une juridiction
ad hoc, que ce soit la Haute Cour ou son successeur, la Cour de justice
de la République. Aussi, les associations de victimes [...] affichaient-elles
hier une certaine satisfaction." 500 victimes estiméesAu lendemain de la décision de justice rejetant la poursuite contre
les ministres pour empoisonnement, le journal Libération fait
une estimation du nombre de victimes des transfusions sanguines contaminées.
"Les expertises demandées par le juge d'instruction fixent
le nombre de victimes, dont la plupart sont mortes, à plus de 300,
dont 96 hémophiles. Mais la réalité est bien supérieure.
Dans une expertise effectuée par le Pr Salomon de l'Inserm à
Bordeaux, et qui ne concerne que les hémophiles, le chiffre de contaminations
probables entre le 1er décembre 1984 et le 31 décembre 1985
est évalué à 298, qui s'ajoutent aux 96 hémophiles
contaminés de façon certaine. L'enjeu de l'affaire du sang,
c'est donc plus de 500 victimes." Des victimes atteintes désormais,
du virus du sida. * J. L | |
| Les dates clefs: octobre 1991: Michel Garreta, ancien directeur du Centre national de transfusion sanguine et Jean-Pierre Allain, son ancien chef du département recherche, sont inculpés pour "tromperie sur la qualité substantielle d'un produit". décembre 1992: Le Parlement décrète la mise en accusation de trois anciens ministres pour "non-assistance à personne en danger". juillet 1993: Michel Garretta condamné à 4 ans de prison ferme. septembre 1994: Mise en examen des trois ministres pour complicité d'empoisonnement. juin 1998: Le procureur demande un non-lieu pour les ministres. juillet 1998: Décision de la Cour de cassation sur l'appréciation de la constitution de crime d'empoisonnement. | |