6 milliards de cartes à puce seront utilisées dans le monde en 2003. Le
leader mondial de la carte à
puce est une entreprise française, Gemplus , avec 900 millions d'unités
fabriquées en 1997.
En septembre, les usagers des
transports en commun de la région de Saint-Quentin-en-Yvelines vont
pouvoir tester une première nationale. Une carte à
puce sans contact "billettique monétique". En clair, une
carte faisant office de ticket de transport fonctionnant à distance
et utilisable sans avoir à la sortir du sac. Egalement sur cette
même carte, une fonction "porte-monnaie électronique"
permettra de réaliser de menus achats dans les gares (journaux, boissons,
viennoiseries, téléphone, poste). "Le porte-monnaie
se chargera depuis un guichet de gare ou un distributeur automatique. Pour
payer, il suffira d'insérer sa carte dans un lecteur sans avoir de
code à taper", explique Guy Sabatier, du consortium Billetique Monétique Service* à l'origine
de ce projet. Une expérience qui traduit bien le degré de
technicité atteint par cette petite carte qui, de ce fait, se sent
pousser des ailes. Car après les transports et le portefeuille électronique,
ce sera le tour du carnet de santé.
Ainsi, depuis mai dernier, la CNAM s'est lancée dans l'aventure
de la carte à puce santé Vitale. Les 38 millions d'assurés
sociaux nationaux en seront munis d'ici le milieu de l'année 1999.
Dans un premier temps, cette carte ne contiendra que les informations figurant
sur l'actuelle carte de Sécurité sociale. Dans quelques années,
Vitale 2 sera un véritable carnet de santé électronique.
Autre secteur visé par la carte à puce, le permis de conduire.
En France, si rien n'est prévu à l'heure actuelle, c'est déjà
une réalité en Amérique latine. Les policiers peuvent
ainsi repérer les automobilistes récidivistes ou ceux en dette
d'amendes impayées!
Signature électronique pour tous
La montée du commerce électronique
incite aussi à la création de nouvelles cartes. Dès
l'automne, Gemplus, premier fabricant mondial de cartes à puce, lancera
un ensemble carte et boîtier permettant de payer ces achats "en
ligne" et d'authentifier ses courriers électroniques. Les prémices,
en quelque sorte, d'une future fonction encore en gestation dans le monde
entier et dont l'implication est vertigineuse: la signature électronique
juridiquement reconnue. Il s'agirait de donner à chaque individu
une signature unique l'identifiant sans possibilité de falsification
dans toutes ses démarches électroniques. Une telle signature
pourrait prendre place sur une carte d'identité transformée
à l'occasion en carte à puce comme c'est déjà
le cas à Singapour.
Le flot de cartes de fidélité n'a pas non plus de raison
de se tarir. La généralisation du langage informatique Java,
plus simple et plus souple, devrait même le doper. Avec ce langage,
il est possible de modifier le contenu logiciel de la carte au fur et à
mesure des évolutions. Les associations entre
industriels pour réaliser des cartes multifonctions pourront se faire
et se défaire sans la moindre difficulté. Le seul obstacle
restant l'usage de la surface plastique comme support publicitaire: comment
contenter tout le monde lorsque l'on est cinq industriels à se partager
la même carte?
La solution viendra peut-être de
cartes personnelles que les particuliers se créeront eux-mêmes
en téléchargeant les logiciels sur Internet. Enfin la dernière
carte à venir sera peut-être la carte ordinateur incorporant
un clavier et un écran. Mais même si sa société
effectue des recherches dans ce sens, Christophe Chancel, Pdg de Gemplus,
reste prudent. "Ce qui est fondamental dans la carte à puce,
c'est sa robustesse, explique-t-il. Elle est quasiment incassable,
ne craint ni l'eau ni les chocs. Si l'on rajoutait des fonctions plus élaborées
de communication, s'en serait fini de cette qualité".
EMMANUEL JULLIEN
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