Ingénieux du son
Qu'un juteux cafard musarde dans le voisinage
de l'habitat sablonneux du scorpion et celui-ci ne tardera pas à
se jeter sur ce providentiel steak dare-dare! Pourquoi? Parce que, tout
délicat qu'il soit, le bruit des pattes de l'innocente blatte ne
sera pas tombé dans l'orteil d'un sourd. Leo Van Hemmen de l'université
technique de Münich en Allemagne l'a démontré mathématiquement
en modélisant le réseau des huit neurones reliés à
ses huit pattes. Super câblé, le bougre! Lorsqu'une patte capte
une onde sonore, son neurone acolyte est stimulé et inhibe ceux chargés
d'écouter les trois pieds diamétralement opposés. D'où
l'amplification de la bonne direction. Philip Brownell de l'université
de l'Etat d'Oregon à Cornvalis l'a bien vérifié pour
le scorpion Paruroctonus mesaensis. en observant les erreurs produites
par des spécimens estropiés aux portugaises en... dommagées.
*New Scientist, n°2180, p.6

Diamant hurlant
Le Commander 007 et Blofeld en resteraient baba:
"diamonds are'nt forever", autrement dit, "les diamants ne
sont pas éternels". Il suffisait de leur mettre la pression.
A l'aide du faisceau laser Nova, le plus puissant du monde, mis au point
au cours de recherches nucléaires et militaires, Gilles Collins a
changé au Lawrence Livermore National Laboratory, en Californie,
le diamant en... un banal métal. Soumis à des millions d'atmosphères,
une partie des électrons des atomes de carbone, normalement solidaires
de leurs noyaux, sont exorbités et se baladent librement, imitant
ainsi leurs confrères métallos et, aussi probablement, ceux
de la matière constituant les naines blanches, ces soleils agonisants
car en panne de carburant. Bref, on retiendra que, c'est sûr, si pressé,
le précieux est ridicule!
*New Scientist, n°2180, p. 7

Vieille branche
Ma belle fougère, reine des forêts,
que j'aime ta ramure! Voilà ce qu'aurait pu chanter l'hiver l'austrolopithèque
lambda, il y a 370 millions d'années, si notre divin ancêtre
avait déjà été né. À cette époque,
le très répandu Archaeopteris - à ne pas confondre
avec Archaeopteryx, le grand papy des oiseaux- bien que se reproduisant
encore par spores comme prêles et fougères, avait déjà
tronc costaud et frondes pérennes, toute la charpente de l'arbre
moderne. Brigitte Meyer-Berthaud, de l'université de Montpellier,
et ses collègues, qui ont touché de ce bois exhumé
de sédiments marins au large du sud-est du Maroc, n'ont toutefois
pas encore découvert la racine du mal qui l'aura décimé
et emporté sans fleurs ni... l'odeur de son descendant sapin.
*Nature, vol.398, p.700

Belle mort
Vanitas vanitatum et omnia vanitas,
surtout, lorsqu'on est cafard et que l'on s'est fait piquer sur la tête
par la guêpe parasite Ampulex compressa. Frederic Libersat de l'université
Ben-Gurion du Néguev, à Beer-Shev'a en Israël, a remarqué
que la pauvre blatte devient alors complètement folle... d'elle-même
car obsédée par sa toilette. C'est la première fois
qu'il est observé qu'un venin induit un changement de comportement
plutôt que la mort directement. Mais, incapable de s'échapper,
la blatte rendra l'âme de toute façon dans la joie et l'allégresse:
"Ah je ris de me voir si belle en ce... mouroir!"
*The Journal of Experimental Biology, vol.202, p.957

Ouaff, ouaff!
On le sait, après avoir longtemps tourné
en rond à Vienne, le philosophe Karl Popper en était arrivé
à la conclusion qu'une théorie, pour être vraiment scientifique,
devait être falsifiable. Pour la médecine, c'est gagné!
A en croire Roy Pitkin, éditeur du mensuel Journal of Obstetrics
and Gynecology, les erreurs se ramassent à la pelle dans les
journaux scientifiques médicaux. Notamment, de nombreux articles
contredisent leur résumé. Selon la source, le flot atteint
un débit allant de 18 à 68% de coquilles. Un vrai déluge
et, apparemment, aucun barrage ne permet d'endiguer l'inondation, y compris
dans les meilleures éditions comme par exemple les très réputés
JAMA ou The Lancet. Une seule solution: à l'instar
du lecteur de Pif le chien, jouer au jeu des erreurs. Saurez-vous les retrouver?
*New Scientist, n°2180, p.14

Milli-organisme
Perle de soufre de Namibie, c'est ainsi
que Heide Schulz, de l'institut Max Planck à Brême en Allemagne,
a baptisé, sous le nom de code scientifique Thiomargarita namibiensis,
l'énorme bactérie, cent fois plus grosse que le plus grand
procaryote connu à ce jour, qu'il a découverte et qui peut
atteindre trois quarts de millimètre de diamètre. C'est effectivement
plus coquet que "grosse patate hottentote à nitrate". Pourtant,
la cellule de la nouvelle-née à la science est en grande partie
occupée par une vacuole, véritable citerne où est stocké
le nitrate, sa source d'énergie qu'elle extrait d'un milieu pauvre
en oxygène. Constellée de petits grains de soufre brillants,
la bactérie vit alignée avec jusqu'à cinquante de ses
comparses sous la forme d'un collier de... décidément, à
tous niveaux, la bestiole, perles, arbore.
*Science, vol.284, p.493
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