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| Une équipe de chercheurs américains vient de démontrer un mécanisme cellulaire qui transforme des cellules saines en cellules cancéreuses. Un grand pas en avant dans la compréhension du déclenchement du cancer. Mais les applications thérapeutiques ne sont pas pour tout de suite. |
Cancer, un nouveau pas... "Nous ne savons toujours pas le nombre total ou la nature des
étapes impliquées dans le cancer, mais le nombre n'est pas
extraordinairement élevé. Il pourrait s'élever à
deux ou trois. Dans certains cas, simplement deux étapes pourraient
entraîner loin une cellule sur la route du cancer", déclarait
le 19 août 1983, le professeur Robert Weiberg, du Whitehead Institute
for Biomedical Research au Massachusetts Institute of Technology au New
York Times. Il semble qu'il ait eu du flair. Quinze ans plus tard, son
équipe vient de publier dans la très sérieuse revue
scientifique Nature, un article montrant qu'elle est parvenue à
rendre cancéreuse une cellule saine, en lui injectant trois gènes.
"L'un (H-Ras) pousse la cellule à se reproduire sans fin,
l'autre (large-T oncoproteine) bloque les signaux envoyés par l'organisme
à la cellule pour qu'elle s'arrête de proliférer. Le
troisième bloque un frein naturel à la durée de vie
de la cellule, en réactivant dans celle-ci la production de la télomérase,
un enzyme qui contrôle la durée de vie des cellules, et leur
capacité à se reproduire", explique Patrick Sabatier
dans Libération du 30 juilllet. Dans Le Monde du 31
juillet, Paul Benkimoun et Elisabeth Bursaux résument: "Ainsi
dotée de ces trois gènes, l'équipe de Robert Weinberg
a montré que les cellules humaines se transformaient en cellules
malignes cancéreuses. Mieux: injectées à des souris
présentant un déficit immunitaire et, de ce fait, ne rejettant
pas les cellules étrangères, ces cellules humaines peuvent
provoquer l'apparition de tumeurs malignes." Traitements fondés sur la thérapie géniqueLes travaux de Robert Weiberg et de son équipe vont permettre
de mieux comprendre le processus de développement cellulaire du cancer.
Mais "les étapes de formation du cancer que l'équipe
de Robert Weiberg vient de mettre en évidence ne suffisent pas à
expliquer pourquoi des cellules devenues cancéreuses envahissent
l'organisme. Ces étapes ne sont sans doute pas les seules à
pouvoir conduire à la cancérisation des cellules. Elles permettent
cependant d'identifier des cibles pour des traitements anticancéreux
fondés sur la thérapie génique. Ces traitements sont
encore loin d'être mis au point", préviennent les
journalistes du Monde. Paul Benkimoun et Elisabeth Bursaux ne sont
pas les seuls à rappeler que les retombées thérapeutiques
d'une telle découverte ne sont pas encore prêts de voir le
jour. Les chercheurs, les premiers, restent prudents. Ainsi, le jour même
de la publication scientifique, "dans la communauté scientifique
américaine, le mot d'ordre était à la prudence, de
peur qu'une fois de plus les médias et les malades ne croient à
une cure miraculeuse contre le cancer", précise Patrick
Sabatier dans Libération. * JULIE LASTERADE | |
Les risques de cancerLe cancer touche près de 200 000 personnes chaque année
en France et en tue 150 000, devenant ainsi, la première cause
de mortalité chez l'homme (31%, contre 29% pour les maladies cardio-vasculaires).
Les femmes ne sont pas non plus épargnées par le fléau,
puisqu'il constitue la deuxième cause de décès chez
elles (21%), après les maladies cardio-vaculaires (36%). SOURCE: L'Humanité du 2 août 1999 | |