environnemant
Science actualités décembre 1999
janvier 2000

   * PAR MARC BERTOLA

SCÉNARIO-CATASTROPHE

New York et Tokyo inondés, l’Amazonie en feu, l’Amérique centrale asséchée... Ce n’est pas le scénario d’un film catastrophe mais, selon des études réalisées par la très sérieuse Unité de recherche sur le climat de l’université d’East Anglia, en Grande-Bretagne, la conséquence possible du réchauffement de la planète dans les prochaines décennies. Ces travaux, commandés par le WWF (Fonds mondial pour la nature), proposent plusieurs scénarios en fonction des émissions futures de CO2, le principal gaz à effet de serre. En 2100, la température moyenne de l’air devrait être comprise entre 15,3 et 18,6°C, contre 14,3°C aujourd’hui. Le niveau des mers pourrait, dans le pire des scénarios, augmenter de 1,2 mètre en un siècle. Parmi les effets potentiels : des "inondations massives" dans plusieurs métropoles américaines et japonaises, une recrudescence des feux de forêt (pouvant entraîner jusqu’à la disparition complète de la forêt amazonienne), la disparition programmée de nombreuses îles du Pacifique et l’extinction prévisible de nombreuses espèces, notamment en Chine. Fort de ce rapport, le WWF réclame "de nouvelles mesures énergiques" pour diminuer les émissions de CO2. En 1997 à Kyoto, les pays industrialisés s’étaient engagés à réduire de 5% leurs émissions avant 2010...

*http://www.panda.org
ILLUSTRATION: © Science Actualités


Mouches anti-pollution

La drosophile, ou "mouche du vinaigre", est loin d’avoir révélé tous ses talents. Déjà prisée par les généticiens qui l’utilisent pour leurs recherches, elle pourrait aussi devenir une aide précieuse pour mesurer la pollution de l’eau. Un chercheur britannique a observé qu’au contact d’une eau contaminée par des pesticides, cette mouche meurt dans un laps de temps plus ou moins long selon le degré de contamination - de quelques minutes à quelques heures. En mesurant son espérance de vie, on pourrait donc évaluer le degré de pollution.

*New Scientist, n°2210, p.23

Lait fongicide

Le lait, c’est bon pour la santé... des plantes. Un chercheur brésilien a découvert qu’en vaporisant du lait frais sur des feuilles de concombre ou de courgette, on peut combattre efficacement certaines moisissures. Le lait pourrait remplacer des fongicides chimiques et apporter une aide précieuse aux agriculteurs "bio". Ce phénomène, qui reste à élucider, aurait deux causes possibles: le lait est connu pour détruire certains micro-organismes et il contient du phosphate de potassium, ce qui renforce le système immunitaire des plantes.

*New Scientist, n¡2208, p.10

Forêts anciennes

Greenpeace vient de publier un rapport critiquant les entreprises qui exploitent les "forêts anciennes" (celles qui n’ont jamais subi d’intervention humaine). Ayant déjà perdu 80% de leur superficie initiale, ces forêts abriteraient de 50 à 90% des espèces vivantes. Selon ce rapport, plus de 80 millions d’hectares (soit 1,5 fois la France) sont concernés. Greenpeace demande aux entreprises consommant des produits ligneux (bois, papier) provenant de ces forêts de ne plus participer à leur destruction.

*http://www.greenpeace.org

Puits de carbonne

Pour lutter contre le CO2, certains gouvernements proposent de créer de nouvelles forêts, qui serviraient de "puits de carbone". Mais une étude récente, réalisée par le Groupe intergouvernemental sur le changement climatique des Nations unies, conclut que cette stratégie est illusoire. Selon les experts, les nouvelles forêts se retrouveraient vite saturées en CO2 et commenceraient à rejeter la plupart du carbone dans l’atmosphère entraînant une aggravation de l’effet de serre. Le seul moyen efficace serait de réduire les émissions de CO2 issues des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon).

*New Scientist, n°2209, p.20


200 éoliennes

vont être installées en mer Baltique, au large de l’Allemagne, pour former la plus grande ferme éolienne du monde (1 000 mégawatts de puissance). Le projet est porté par le groupe allemand Winkra Energie.


Bactéries mange-béton

Des armées de bactéries voraces lancées à l’assaut des centrales nucléaires? Il ne s’agit pas de science-fiction, mais d’un système testé par des chercheurs britanniques. Objectif: faciliter le "nettoyage" des murs irradiés des centrales, en cas de démantèlement ou de fuite radioactive. Coûteuse et dangereuse, cette tâche est pour l’instant assurée par des équipes humaines. Les chercheurs ont mis au point un gel contenant une bactérie, Thiobacillus thiooxidans, qui attaque le béton, au rythme d’un centimètre par an. La couche supérieure des murs est ensuite récupérée sous forme de gravats.

*New Scientist, n°2207, p.6

Nuages enfumés

Les feux de forêt sont décidément un désastre écologique: non seulement ils détruisent l’écosystème et dégagent du CO2, mais en plus ils empêchent la pluie de tomber ! Un chercheur de l’université de Jérusalem a démontré que la fumée produite par ces feux "asphyxie" les nuages en modifiant leur structure : les gouttes d’eau deviennent trop petites et ne peuvent plus tomber en pluie. Un phénomène qui pourrait expliquer en partie la baisse des précipitations dans les tropiques durant ces dernières décennies.

*New Scientist, n°2208, p.15

Solvants sous surveillance

Gare aux "éthers de glycols": ces solvants, présents dans de nombreux produits (peintures, vernis, encres, colles, produits ménagers et cosmétiques...), peuvent présenter un risque pour la santé et l’environnement. C’est la conclusion d’une étude réalisée par l’Inserm à la demande du gouvernement. Deux de ces éthers sont déjà interdits. Les experts demandent de réviser la classification de neuf autres (sur une trentaine au total), pour prendre en compte leur toxicité. Le gouvernement doit prendre plusieurs mesures dans la foulée, notamment pour renforcer la protection des travailleurs qui manipulent ces produits.

*http://www.environnement.gouv.fr

Météo marine

Pour prévoir le climat, regardez la mer. C’est la conclusion d’un chercheur australien, pour qui l’étude de l’océan devrait permettre de prédire les grandes tendances de la météo plusieurs mois à l’avance. En cours d’évaluation actuellement, sa méthode repose sur le recueil de données physiques (comme les températures à la surface de l’eau) susceptibles d’influencer le climat terrestre. Cette approche pourrait se révéler précieuse pour, par exemple, anticiper une saison sèche.

*http://www.csiro.au

 

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