| REVUE DE PRESSE |
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Climat: que se passe-t-il ?Après les glissements de terrains au Pérou en 1982, louragan Andrew en 92 aux États-Unis, les inondations en Inde en 96 puis en Chine lannée suivante, ou encore louragan Mitch en novembre 1998 au Honduras, ainsi que, récemment, les torrents de boue dévastateurs au Venezuela, la France vient dessuyer deux tempêtes majeures. Ces phénomènes seraient-ils liés entre eux et indiqueraient-ils un véritable changement climatique? "[...] Pour beaucoup de climatologues, il sagit non pas dun phénomène isolé mais dun signe de réchauffement de la planète", constatent Jean-Marc Biais et Françoise Monier dans lExpress du 6 janvier 2000. Jean-François Stranart, ingénieur à Météo-France, "nattribue pas la hausse de 2,5°C de la température minimale enregistrée en fin de nuit à des phénomènes climatiques, mais à laction humaine, cest-à-dire aux conséquences de lurbanisation, avec la multiplication des chauffages et des véhicules automobiles". Des pratiques qui sont responsables dun rejet massif de gaz carbonique dans latmosphère et conduisent à la création du fameux "effet de serre" autour de la Terre. Résultat: "Depuis un siècle, les températures ont augmenté en moyenne de 1°C et dici 2050, elles auront gagné 2°C", précise dans La Croix du 29 décembre 99, Michel Desbois, directeur adjoint du laboratoire de météorologie dynamique (CNRS) à lÉcole polytechnique. Plus précisément, "le changement annoncé se traduit moins par un réchauffement uniforme (il ne serait que de 1° à 3°C au lieu des 5 à 6°C annoncés il y a vingt ans) que par un dérèglement du temps, qui multiplie les événements extrêmes", lit-on dans lExpress. Toutefois, comme lavance Jean-Paul Besset dans Le Monde du 30 décembre, "pas plus quon na de certitude absolue en matière de transmission des prions de lanimal à lhomme, pas plus nest-on certain que le réchauffement climatique conduit inéluctablement à un dérèglement susceptible de fragiliser lespèce humaine". Expertises contradictoires Une complexité extrême
des phénomènes climatiques et des connaissances scientifiques
encore lacunaires ne permettent que davancer des hypothèses.
"On connaît maintenant le rôle
dEl Niño, cet immense courant qui traverse locéan
Pacifique à intervalles réguliers et modifie le régime
des pluies du Sud-Est asiatique et des côtes occidentales des deux
Amériques. On mesure désormais la Niña, un autre
mouvement qui fait souffler le froid quand El Niño disparaît.
On commence à détecter la NAO (North Atlantic Oscillation),
une masse deau qui se déplace ans le nord de locéan
Atlantique. Celle-ci perturbe les saisons environ tous les dix ans",
constate lExpress. Mais laspect du problème
qui ressort le plus clairement de cette "inextricable
complexité de la machine climatique" est la quantité
deau présente dans latmosphère. Cest en
tout cas ce quexplique Sylvie Joussaume, directrice adjointe du
laboratoire des sciences du climat et de lenvironnement (CEA-CNRS)
à Fabien Gruhier dans Le Nouvel Observateur du 6 janvier:
"En effet, plus lair est chaud, plus
il est capable demmagasiner de la vapeur deau, qui tôt
ou tard se changera en pluies et neiges plus ou moins diluviennes."
Yves Lenoir de lÉcole des mines de Paris va plus loin dans
Le Monde du 4 janvier, jugeant que, "pour
ce qui concerne les simulations des changements que pourrait provoquer
laccroissement de leffet de serre global, les modèles
ne saccordent pas sur la variable la plus importante, la pluviométrie,
et quil est donc aujourdhui impossible de prédire là
où les changements seraient bénéfiques et là
où ce serait linverse". Selon certaines hypothèses,
le réchauffement pourrait même tendre à faire disparaître
le Gulf Stream, ce courant deau chaude qui réchauffe les
vents océaniques le long de lEurope. "LEurope
occidentale risque un jour de goûter aux plaisirs des climats sibériens
[...]. Dans cent ans, saccordent ces spécialistes, le climat
des îles britanniques devrait ressembler à celui de la Pologne",
sinquiète Fabien Gruhier. Difficile de savoir de quoi tous
ces phénomènes retournent au juste et quelle part de responsabilité
pourrait être imputée à lhomme dans ces modifications
climatiques. Dailleurs, "le rythme
du réchauffement constaté ne coïncide pas vraiment
avec celui de la hausse du taux des gaz à effet de serre",
constate Jean-Paul Dufour, dans Le Monde du 5 janvier, jugeant
qu"il pourrait sagir aussi dun
phénomène naturel, évolution durable,
ou phase montante dun cycle plus ou moins ample accéléré
ou non par les activités humaines". Il précise
notamment que "la terre connaît, depuis
environ 8 000 ans, en dépit des tempêtes et ouragans
actuels, une accalmie météorologique exceptionnelle. Il
ny a aucune raison de croire que cette trêve va durer éternellement".
Sale temps en perspective. * MARIE GUILLAUME A consulter dans
la rubrique "Repères": | |
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