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Les forestiers misent sur la biodiversitéLes deux tempêtes de la fin décembre ont fait perdre à la forêt française "ce quelle avait gagné en dix ans, cest-à-dire environ 500 000 hectares", précise un expert au journal Le Monde du 7 janvier, sous la plume de Pierre Le Hir. Mais sil sagit bien dune catastrophe, précise Brice de Turkheim expert forestier, dans Libération du 6 janvier, elle est "bien plus économique quécologique". En effet, daprès Josette Alia, du Nouvel Observateur daté du 6 janvier, "avec ses 15 millions dhectares boisés qui font delle la troisième dEurope, après celles de la Suède et de la Finlande, la forêt française rapporte beaucoup dargent [...]. La filière bois (de labattage de larbre aux produits finis, pâte à papier ou meubles) a un chiffre global annuel denviron 435 milliards de francs et elle emploie 550 000 personnes". Quant aux conséquences écologiques, elles pourraient se révéler salutaires pour les forêts françaises, jugées souvent "trop vieilles". "Pour la diversité biologique, rien ne vaut une bonne régénération, naturelle ou pas", lit-on dans Libération, où Jean-Philippe Atger, porte-parole de lONF, concède que "ce ravage constitue une occasion incroyable de remodeler le paysage forestier". Il sagit donc déviter de refaire les erreurs qui ont été commises par le passé, à savoir le recours massif aux plantations de résineux, à croissance rapide, ainsi quaux alignements excessifs. "Depuis quelques années, cette politique a été ralentie au profit dessences plus nobles à croissance plus lente [...] Cette tabula rasa imposée par la nature doit nous faire réfléchir" suggère Alain Lompech dans Le Monde du 6 janvier. De lavis de Pierre Breman, responsable de la Mission paysage à lONF, interrogé par Chantal Aubry dans La Croix du 7 janvier, "dans les forêts entièrement dévastées, il faudra de vingt à trente ans avant que la diversité ne se manifeste à nouveau de façon claire et durable [...]. Notre action consistera à aider la régénération naturelle à la fois en replantant les mêmes espèces et en favorisant le mélange". Protection, gestion patrimoniale et productionPour réorienter la reconstruction forestière, il va donc falloir concilier à la fois la protection, la gestion patrimoniale et la production. Pour mener à bien ce projet, lONF dispose "dune carte des paysages remarquables et des sensibilités paysagères" confectionnée en 1992 à partir de modèles numériques fournis par lInstitut géographique national. Elle est réalisée à partir de la hauteur des sols, non des peuplements darbres. "Elle permet donc de repartir de zéro pour la reconstitution des peuplements", indique Peter Breman. "En attendant, poursuit-il, il faut préalablement laisser le terrain se reposer, surveiller les modifications de la nappe phréatique. Et aussi procéder à lenlèvement et à lexploitation du bois". Avec moults précautions cependant, car "le sol reste détrempé", sinquiète le paysagiste Pascal Cribier auprès de Matthieu Ecoiffier, dans Libération. "Il ne faut pas faire entrer dengins lourds pour déblayer. Cela va tasser la terre sur un mètre de profondeur. Si lon replante immédiatement dans ces conditions, dans dix ans on sapercevra que ces arbres ne poussent pas bien". "Concrètement, donc, lensemencement ne pourra débuter quen 2005", estime Didier Hassoux dans La Croix. Une replantation massive qui pourrait avoir des effets positifs sur le climat, puisque "les arbres, lorsquils sont en croissance, absorbent davantage de CO2 par la photosynthèse quils nen produisent par la décomposition végétale", précise Hélène Crié dans Libération du 11 janvier. * MARIE GUILLAUME | |
L'atout des futaies hétérogènesLa forêt du Morvan a souffert de la tempête, réveillant ainsi le débat sur le remplacement des feuillus originaires par limplantation massive de résineux. Ainsi, dans Le Monde du 6 janvier, Eric Fedoroff, chargé de mission environnement au Parc naturel du Morvan, prédit qu"il faudra revenir sur le peuplement régulier et à haute densité qui a prévalu jusqualors pour des raisons économiques", estimant qu"il est logique que les résineux aient le plus souffert: ils ont un système racinaire superficiel et gardent leurs feuilles en hiver, offrant donc plus de résistance au vent". La sylviculture homogène, dense et régulière a montré ses faiblesses. Les forestiers de lassociation Prosylva le martèlent: "Tout ce qui est pur et régulier est plus fragile que ce qui est mélangé et irrégulier", explique Marc Verdier, secrétaire général à Jean-Louis Andréani dans le même journal. En cas de coups de vent, notamment, "la futaie irrégulière évite les effondrements massifs par effets dominos ou château de carte". | |
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