| REVUE DE PRESSE |
|
|||
|
On ne résiste pas à "I love you""Des
millions dutilisateurs dordinateurs à travers le monde
nont pas su dire non, jeudi 4 mai au message électronique
I love you, constate Christophe Jakubyszyn dans
Le Monde du 6 mai. Dautant plus
que ce message, invitant à ouvrir le fichier joint baptisé
Love letter for you, provient
à chaque fois, dune personne déjà connue de
lutilisateur." Or, il suffit douvrir le fichier
pour déclencher automatiquement linvasion du virus. Celui-ci
est capable de modifier la page de garde du logiciel de navigation Internet
Explorer, de créer plusieurs programmes sur le disque dur, de se
propager par le biais dInternet à laide du carnet dadresse
des victimes et surtout, de rendre inutilisables la plupart des fichiers
dimages et de sons. "De boîtes
e-mail en boîtes e-mail, précise Florent Latrive
dans Libération du 5 mai, il a
dabord envahi lAsie, puis lEurope [...]
avant datteindre les État-Unis." Classé
en "risque 5", soit le niveau maximum par léditeur
de logiciels anti-virus Symantec, "I love
you a touché le monde entier", selon Pascal Lointier,
expert au Club de la sécurité informatique français,
qui le décrit comme extrêmement virulent et destructeur.
Menaces sur le NetLes mesures de protection mises en uvre dès le 5 mai, avec linstallation de logiciels anti-virus détruisant I love you, nempêchent pas de rester prudent, car "le ver de terre se présente sous de nombreux déguisements", explique Michel Alberganti dans Le Monde du 9 mai. Alors que la société TrendMicro en identifiait sept, Symantec nen comptabilisait pas moins de neuf, les dernières versions masquant même leurs messages infectés derrière des intitulés dalerte, tels que "Virus Warning" ou "Virus Alert". Force est de constater quavec leur facilité décriture, ces petits virus dévastateurs risquent "de faire des émules", selon les termes dun spécialiste chez de Cap Gemini, Jean Figer, dans La Tribune. En trois ans, le nombre de virus aurait ainsi triplé, atteignant quelque 50 000 programmes répertoriés. Par ailleurs, la diffusion rapide des virus de type "mass mailer", comme I love you, émane de la croissance exponentielle de la messagerie électronique. Une voie royale aujourdhui empruntée par "80% des attaques virales", précise le journal. Des milliards de courriers électroniques séchangent ainsi quotidiennement. Rien quaux États-Unis, le site online.com, qui recensait 569 millions de messages par jour en 1999, en prévoit près dun milliard pour 2002. Semer la pagaille sur le réseau Internet et dans la nouvelle économie deviendrait-il un jeu denfant? Cest en tout cas lavis de Philippe Bonnet, pour qui "ce qui ressemble encore à des plaisanteries de collégiens pourrait bien évoluer un jour en actes terroristes ou de racket", impossibles à contrôler ou à juguler.
* MARIE GUILLAUME |
|||
|
© CSI - Science actualités - Reproduction des photos interdite |