Simulation numérique de londe de choc terrestre.
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©CNRS/ B.Lembege/ P.Martel
1-Sert à mesurer lintensité du champ.
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Depuis
plus dun an, Oersted, un satellite voué tout entier à
lécoute de la Terre, jauge le champ magnétique quelle
génère. "Cette mission résulte
dune collaboration entre les Danois qui ont conçu le satellite,
les Français (CNES) qui lont équipé dun
magnétomètre(1) et les Américains qui ont fourni
le système GPS qui permet de sonder les enveloppes externes de
la Terre", explique Pascale Ultré-Guérard,
responsable de programme en géophysique interne au CNES. Cest
donc la tête dans les étoiles que les scientifiques vont
tenter de percer les mystères du centre de la Terre, ce que nont
pu faire les forages de prospection. Les plus profonds forages mesurent
moins de 20 km: une broutille par rapport aux 6 400 km quil
faudrait creuser pour atteindre le centre mythique de la Terre. Tenter
de le comprendre consiste désormais à analyser le champ
magnétique grâce aux données satellitaires et non
pas, comme limaginait Jules Vernes, en voyageant dans les entrailles
de la planète. Une révolution dans les sciences de la Terre!
En 1979, les Américains avaient lancé Magsat pour une mission
de six mois, premier satellite dédié à la mesure
complète du champ magnétique. Vingt ans après, en
février 1999, Oersted est mis sur orbite. "Oersted
a permis de regrouper des géophysiciens du monde entier que leurs
spécialités très pointues (géologie interne
et externe, étude du plasma solaire, etc.) éloignaient jusqualors,
estime Pascale Ultré-Guérard. Ils
ont établi un pré-bilan de la mission Oersted et vont, notamment,
tenter de comprendre ensemble le mouvement qui anime le noyau terrestre
liquide." Hors de portée directe, ce noyau entoure
la graine terrestre et génère le "champ magnétique
principal", lun des trois champs magnétiques terrestres.
La graine est composée de fer cristallisé par la pression
(3,5 millions datmosphères). Le noyau est comparable à
un immense océan de fluide conducteur (fer et nickel). Ce coeur
de Terre est un feu permanent où la température varie entre
3 000°C et 5 000°C. La rotation
du globe et le choc thermique produit par lévacuation de
la chaleur vers la surface où les températures sont basses,
entraînent locéan de métal liquide dans un mouvement.
Résultat, lélectricité produite crée
un champ magnétique à travers un processus appelé
"géodynamo" que les chercheurs tentent en vain de reproduire
avec des simulateurs numériques.
Champ magnétique crustal
Un
second champ, le "champ magnétique crustal" émane
de la croûte terrestre composée, notamment, de roches ferrugineuses
plus ou moins aimantées. Le "champ magnétique externe",
quant à lui, relève essentiellement du vent solaire qui
souffle ses particules ionisées (protons et électrons) en
direction de la Terre. Arrêtées par le champ magnétique
principal, les particules vont circuler autour du globe et former lionosphère
et la magnétosphère. Ainsi, le champ principal forme-t-il
une sorte de bouclier magnétique sans lequel la vie sur Terre ne
serait pas possible. Mais cette protection nest pas toujours imperméable
aux orages magnétiques provoqués par les bouffées
de plasma solaire. Ces orages peuvent même entraîner des coupures
délectricité de plusieurs jours comme ce fut le cas
à Québec en mars 1989. Ils invitent aussi à la féerie
avec les aurores boréales des zones polaires, lorsque des millions
de particules de lumière (photons) se déversent en de vastes
faisceaux de couleurs.
Pour étudier cet ensemble complexe du champ magnétique terrestre,
géomagnéticiens et paléomagnéticiens sont
donc à pied doeuvre. Les premiers travaillent à partir
des données dont disposent les cent cinquante centres de recherche
appelés "observatoires magnétiques" qui recensent
trois cents ans de mesures. "Cela permet
délaborer des cartes représentant la pression, le
mouvement ou les variables du champ magnétique contemporain à
la surface du noyau, note Pascale Ultré-Guérard;
ces cartes suivent, par exemple, lévolution
de la variation qui sétend sur plusieurs siècles et
repèrent les secousses magnétiques qui agitent parfois le
globe."
Les paléomagnéticiens, eux, fondent leurs recherches sur
lanalyse des roches aimantées qui nous viennent de la nuit
des temps. Si les roches confirment la dipolarité du champ magnétique
terrestre, elles révèlent aussi des inversions polaires
aléatoires: en quelque mille ans, le pôle Sud bascule au
nord et inversement. La dernière inversion remonte à 780 000
ans. Les conséquences et le pourquoi de ces variations temporelles?
Cest justement lune des énigmes quOersted aidera
peut-être à résoudre.
*SARAH MÉLHÉNAS
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