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BOTANIQUE |
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Flore de France en danger |
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Le dernier recensement
de la flore française prouve sa diversité, |
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cartes
de France: |
A lui seul, le territoire français concentre 40% des espèces florales européennes. En analysant, pour la première fois, cette flore abondante, lInstitut français de lenvironnement (Ifen)(1) vient de comptabiliser 6 067 espèces dont 4 900 indigènes, cest-à-dire non introduites ni cultivées. Dans nimporte quel département français, on trouve au moins 1 200 espèces, soit plus que lensemble de la flore danoise. 750 espèces ne se trouvent quen France: posséder une telle diversité sur son sol est une responsabilité. Cest ce quaffirment avec force les auteurs de létude, Laurent Duhautois pour lIfen et Michel Hoff pour le Muséum national dhistoire naturelle.
Or, lavenir semble plutôt sombre: "On assiste à une régression drastique des populations florales", constate Michel Hoff. 486 espèces sont classées comme étant "très menacées" et 800 autres en péril. Quest-ce qui détermine la probabilité de disparition dune plante? Lorsquelle nest plus présente que dans moins de 30 communes. Ou lorsquon constate leffondrement constant de sa population, reconnue comme abondante il y a encore vingt ou trente ans. Les causes de ces déclins sont multiples et croisées.
Le Sabot-de-Vénus
Cypripedium calceolus (ci-contre), belle orchidée
sans rival dans la flore française, bien que protégée,
est pourtant lobjet dune cueillette qui la pousse
inéluctablement vers sa disparition.
Les plantes des prairies ont, quant à elles, souffert des engrais qui ont trop enrichi la terre et favorisé des espèces concurrentes. Les mesures de protection semblent quelque peu dérisoires devant lampleur du problème. "Il faudrait pour le public la même qualité dinformation quon a développé pour la protection animale", regrette le chercheur. Pourtant, protéger les fleurs est loin dêtre uniquement un geste esthétique. "Chaque espèce nourrit et abrite des espèces animales spécifiques. La disparition des plantes provoque bien un appauvrissement général de la biodiversité", argumente Michel Hoff. "Il faut aussi souligner un autre appauvrissement insidieux mais grave, celui du pool des gènes. La France est en effet au bord du continent euro-asiatique, une limite des aires de développement naturelle, là où se situe spontanément lapparition de nouvelles espèces." Jardins botaniques, conservatoires et espaces protégés ne suffiront pas à enrayer le déclin des fleurs. La seule solution semble être de gérer au mieux les milieux naturels. *MARTHE COUSIN |
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1-"Les données de lenvironnement", mai 2000, n°54 Lire aussi "LInventaire des plantes protégées en France," éd. Nathan, 1995.
llustrations:
Sabot-de-Vénus
Flûteau
nageant
Voir aussi la rubrique "Repères"
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