NOBEL 2000

Science actualités novembre 2000

La transmission des informations dans le cerveau

Trois chercheurs en neurobiologie, le Suédois, Arvid Carlsson, et les Américains, Paul Greengard et Eric Kandel, se partagent le prix Nobel de médecine 2000. Cette distinction récompense des travaux majeurs qui ont fait avancer la compréhension du système nerveux et du cerveau.

Arvid Carlsson

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Anette Érikson/
EPA-PRESSENS BICD

 

 

Ce sont trois pionniers de la neurobiologie, un Suédois et deux Américains, qui viennent d’être récompensés par le Karolinska Institute. Leurs résultats complémentaires ont en effet apporté des éléments essentiels pour comprendre les mécanismes de transmission des informations dans le cerveau.
Arvid Carlsson, pharmacologue à l’université de Göteborg (Suède), âgé de 77 ans, a été récompensé pour des travaux remontant aux années 60: la découverte du rôle de la dopamine dans le cerveau, dont le déficit est à l’origine de la maladie de Parkinson. Ses recherches ont également démontré qu’un traitement par la L-dopa réduisait notablement les tremblements chez les personnes atteintes de cette maladie. "On parle essentiellement des implications de ses découvertes dans la maladie de Parkinson, ce qui est incontestable, mais il y a de nombreuses autres applications, dans des domaines aussi divers que la schizophrénie, les dépressions, la toxicomanie, l’hyperactivité chez les enfants, etc.", souligne Jean-Antoine Girault, directeur de recherche à l’Inserm (unité 536).

Paul Greengard

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Henry Ray Abrams
 

Autre lauréat, Paul Greengard, 74 ans, chercheur au laboratoire de neurologie moléculaire et cellulaire de l’université Rockfeller de New York (États-Unis). Ses travaux, menés essentiellement depuis une vingtaine d’années, ont décortiqué le mode de transmission de la dopamine. Il a ainsi découvert comment agissent les neurotransmetteurs, molécules chimiques qui transportent les informations dans le cerveau: lorsqu’une molécule de dopamine se fixe sur un récepteur à la surface d’une cellule nerveuse, elle provoque la libération d’un messager chimique à l’intérieur de la cellule, ce qui, après une cascade de réactions, apporte des ions phosphates supplémentaires aux protéines. C’est la "phosphorylation" des protéines. "Ces travaux sont fondamentaux, car si le phénomène de phosphorylation des protéines était déjà connu [et valut le prix Nobel de médecine à Krebs et Fischer en 1992], Greengard a montré que c’est un processus universel qui s’applique à de nombreuses hormones ou neurotransmetteurs, commente encore Jean-Antoine Girault, qui a travaillé durant quatre ans dans son laboratoire aux États-Unis. Et depuis, tous les laboratoires s’intéressent de près ou de loin à ce processus."

Éric Kandel

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Stan Honda
 

Enfin Eric Kandel, 70 ans, autrichien naturalisé Américain travaillant à l’université Columbia de New York, se voit récompensé pour ses travaux récents sur l’étude du fonctionnement des synapses, points de contact entre les neurones par où transite l’information. "Il a mis en évidence [chez l’aplysie, mollusque gastéropode] des mécanismes élémentaires du fonctionnement cellulaire et moléculaire de ce que l’on pense être à la base des phénomènes de mémoire et d’apprentissage", explique Jean-Antoine Girault.
Ces trois prix Nobel de médecine, les 80e et 81e Américains et le 8e Suédois, vont se partager 7,065 millions de francs. Paul Greengard a d’ores et déjà annoncé qu’il allait reverser sa part à son université pour créer un prix récompensant les travaux d’une jeune chercheuse.

*CÉLINE RAVALLEC

 

 

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