juin 2000:
Première campagne de surveillance active
Cette
démarche de recherche scientifique qualifiée "détude-pilote"
vise à connaître beaucoup plus précisément
lampleur de lESB en France. Le réseau de "surveillance
active" consiste à appliquer des tests à des animaux
qui ne présentent aucun signe clinique de la maladie. Il vient
compléter le réseau de "surveillance passif"
en place depuis 1990 qui rapporte tous les cas dESB repérés
par un diagnostic des symptômes de la maladie.
Pour quels animaux?
Les tests Prionics sappliquent aux bovins de 24 mois et plus,
dits "à risque":
- morts à la pâture ou à la ferme, que
la cause de la mort soit identifiée ou non,
- abattus parce que malades,
- abattus pour cause de blessure.
Combien?
Létude vise un échantillon de 48 000 bovins
sur le territoire national dont 40 000 sur les trois régions
les plus touchées: Bretagne, Basse-normandie et Pays-de-la-Loire.
Le nombre de tests a été fixé par un calcul statistique
en fonction de la prévalence supposée de la maladie
(de 0,1 à 3 pour mille), de limportance du cheptel bovin
(un peu plus de 20 millions de têtes) et de la précision
souhaitée pour la mesure.
Quels résultats à ce jour?
Du 7 août au 24 octobre, 32 cas ont été trouvés
parmi les premiers 15 000 bovins testés. Soit une prévalence
de la maladie de 2,1 pour mille en moyenne, un chiffre situé
dans le haut de la fourchette prévue. La proportion danimaux
positifs atteint 1,3 pour mille chez les animaux morts de mort naturelle;
4,1 pour mille chez les animaux tués pour maladie et 3 pour
mille chez les animaux abattus pour blessure. 90% des animaux positifs
sont nés entre 1993 et 1995. Dans la même période,
le réseau de détection passive a diagnostiqué
11 animaux malades, trois fois moins que létude-pilote,
démontrant ainsi limportance de ce nouveau réseau
de surveillance active.
En guise de conclusion intermédiaire, lAFSSA (http://www.afssa.fr)
estime que les bovins les plus susceptibles de présenter un
danger pour la consommation humaine sont ceux de plus de 48 mois et
ceux abattus durgence lesquels, jusqualors, entraient
dans la chaîne alimentaire.
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janvier 2001:
le programme européen
Le conseil agricole
de lUnion européenne du 4 décembre 2000 a fixé
au 1er juillet 2001 la date dobligation du dépistage systématique
de bovins susceptibles de développer la maladie. Mais de nombreux
pays européens ont décidé danticiper cette
date, dont la France, qui la mis en place depuis le 1er janvier
2001. Trois tests ont été approuvés en Europe: Prionics
(Suisse), Biorad (qui vend un test développé par le CEA
français) et Enfer (irlandais, non agréé en France
à ce jour).
Quelle cible?
Les tests sappliquent à tous les bovins de plus de 30 mois,
au moment où ils sont conduits à labattoir, en labsence
de tout signe de santé défaillante.
Quels moyens?
La Commission européenne finance une partie de ces tests, à
hauteur denviron 100 francs (15 euros) par test, soit environ 20%
du prix de revient moyen. Pour le reste, chaque pays doit mettre en place
les moyens complémentaires -à la charge des abattoirs aujourdhui
en France- y compris sur le plan logistique et en terme de choix des laboratoires
agréés à traiter les prélèvements.
Une fois pris le régime de croisière, ce programme devrait
représenter jusquà 20 000 tests par semaine en
France.
Quels résultats?
On peut sattendre à lapparition de cas dans les zones
jusque-là supposées indemnes de la maladie. Ces tests ne
pourront cependant pas empêcher des animaux en phase dincubation
dentrer dans la chaîne alimentaire. En effet, la détection
de linfection nest possible que dans les derniers mois du
développement de la maladie qui dure en moyenne cinq ans. Certains
bovins -âgés de 30 à 40 mois- apparaissent négatifs
au test alors quils sont en période dincubation, linfection
nétant pas suffisante pour être mesurée. Le
degré dinfectiosité de ces animaux devrait cependant
être peu élevé, sous réserve dun maintien
efficace du retrait systématique des abats à risque.
Quelles conséquences?
La plus attendue serait le retour de la confiance des consommateurs envers
la viande bovine, avec dimportantes retombées positives sur
le plan économique et social. On peut aussi sattendre à
une augmentation des prix de détails de la viande de boucherie
due à la répercussion du coût des tests.
*PHILIPPE
DORISON
MARTHE MARANDOLA-COUSIN
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Focus
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"Tous
les tests sont pratiqués post-mortem sur le cerveau et la
moelle épinière de lanimal. Il nexiste
pour linstant pas de test utilisable sur le sang [...].
Les tests utilisés sont réalisés en moins de
huit heures en moyenne. Un manipulateur en laboratoire peut réaliser
des dizaines déchantillons par jour. [...]
Même si les tests laissent
passer des animaux en période dincubation, ceux-ci
ne sont porteurs que de très petites quantités dagents
infectieux. Cest un gain de sécurité supplémentaire
en plus de lenlèvement des organes à risques."
Jacques Grassi, chef de service de pharmacologie
et dimmunologie au CEA. Conférence du 12 décembre
2000.
Pour en savoir
plus sur la crise de la vache folle et les autres dangers menaçant
notre alimentation, voir notre dossier "Sûreté
alimentaire" et
la revue de presse du mois.
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