Lundi 2 avril 2007, 00:01
Énergie nucléaire et climat : le débat continue
[ in Académiciens, Actualités ]

M. Marcel Boiteux du Groupe CES-Académies-Climat, et membre de l’Académie des technologies, revient en détail sur les questions posées par les internautes sur le rôle que peut jouer l’énergie nucléaire dans le cadre du débat sur le changement climatique, notamment après la publication de son billet intitulé : “L’énergie nucléaire, une solution ou un probleme ? Les deux.”
À MarDS (posté le 28 mars) : “j’ai déjà répondu sur ce site à nombre de vos objections, et je reprendrai parfois ici des réponses déjà faites
1. L’énergie nucléaire prend très peu de place. OK
2. Elle ne pollue pas l’environnement … mais elle réchauffe les rivières ?
“C’est vrai, mais ni plus ni moins que les centrales classiques à charbon ou à fuel qu’on utiliserait à sa place. D’ailleurs, quand elle réchaufferait trop ces rivières, on utilise des tours de refroidissements – ces énormes coquetiers que Greenpeace adore escalader – pour laisser la rivière dans un état raisonnable de température (comme on le fait pour les centrales classiques quand il n’y a pas assez d’eau).”
3. Elle ne tue pas ? Sauf à croire aux statistiques onusiennes scandaleusement sous-évaluées, Tchernobyl montre largement le contraire, dites-vous.
L’ONU n’a aucun intérêt particulier à défendre et, si scandale il y a, c’est plutôt dans les raisons pour lesquelles on arrive, suivant les modes d’estimation, à des évaluations extrêmement différentes.
Je reprends ici ma réponse à Naturel, le 2 février 2007.
1. Le principe de cumul et l’effet de seuil : selon le principe de cumul, les risques, même faibles, s’accumulent toujours … et il est donc aussi dangereux de sauter vingt fois d’un mètre que de sauter une fois de vingt mètres. En l’occurrence, ce principe est évidemment inapproprié. Pourquoi ? Parce qu’il y a un seuil quelque part, pas très net, une zone de seuil en quelque sorte (entre 1 et 10 mètres) en dessous de laquelle le sauteur risque, au pire, de se faire une entorse, alors qu’au-dessus il est pratiquement sûr de se tuer. En dessous du seuil, on peut donc sauter indéfiniment sans jamais risquer sa vie : le cumul ne joue pas en dessous du seuil
2. Le cumul sans seuil : considérons une baignoire de 400 litres, dont la bonde est fermée. Si j’y verse 10 litres chaque jour, il ne se passera rien pendant quarante jours (pas d’effet apparent sur la santé …) mais elle débordera le quarante et unième jour (la mort !) : le risque (l’irradiation) s’est accumulé insidieusement pendant quarante jours, jusqu’à atteindre le niveau mortel le quarante et unième.
3. Le cumul avec seuil : la bonde de la baignoire fuit d’un demi-litre à l’heure (donc douze litres par jour). Si je continue à verser 10 litres tous les matins, la bonde les évacuera entre chaque versement et la baignoire ne se remplira jamais (aucun risque pour la santé, les cellules atteintes se réparent naturellement). Mais si je verse vingt litres par jour, il en restera huit à la fin de la première journée (les mécanismes réparateurs des cellules sont débordés), seize à la fin de la suivante … et la baignoire débordera le cinquantième jour (la mort, par cumul d’exposition excessive au risque). La consigne est alors claire : pas plus de douze litres par jour (consigne de sécurité) et le travailleur nucléaire disposera encore, à tout hasard, d’un crédit d’irradiation de « 400 litres ».
Sauf bien sûr, mais c’est valable dans tous les cas, si au lieu de verser quelques litres chaque jour, je verse cinq cents litres d’un coup (Hiroshima : les mécanismes réparateurs sont anéantis).
À ce qui précède, dont j’espère que c’est intelligible, il faut ajouter une complication supplémentaire : les marges d’incertitude. La fuite de la bonde n’est pas d’un demi-litre à l’heure pour tout le monde : elle est plus faible pour certains (plus menacés), plus grosse pour d’autres. Et le volume de la baignoire – la capacité à accumuler des irradiations sans danger – varie beaucoup suivant les gens et les circonstances.
Cela dit, tout le matériel symbolique est ainsi rassemblé pour tenter d’illustrer les approches contradictoire des conséquences d’une catastrophe nucléaire.
Que disent les règlements ? On sait bien qu’au-dessous d’un certain seuil, la radioactivité est sans danger. Mais ce seuil est assez aléatoire, et il diffère, on l’a dit, suivant les personnes. Aussi, dans la conception et la gestion des installations, vaut-il mieux par prudence réduire autant qu’il est possible l’exposition aux radiations, comme s’il n’y avait pas de seuil. D’où la règle : « pas de seuil ».
Mais cette règle, devenue un dogme, elle a été posée pour organiser prudemment les installations et leur exploitation, pas pour compter les morts suite à une catastrophe !
D’où le problème. A-t-on le droit de remettre la règle en cause quand il s’agit d’estimer les effets d’une catastrophe ? C’est de bon sens disent les uns. Il n’en est pas question répondent (innocemment ?) les légalistes ; la loi est la loi et elle s’applique en toute circonstance : il n’y a pas de seuil, pas de « petites » irradiations anodines, elles comptent toutes, et toutes se cumulent.
C’est ainsi que la même catastrophe peut conduire des spécialistes de médecine nucléaire à estimer le nombre probable de morts aux alentours du millier, tandis que des comités indépendants arrivent « légalement » à la centaine de milliers.
Dois-je préciser que ma baignoire est symbolique ? que le débat entre ceux qui croient aux seuils et ceux qui ne veulent pas le savoir est caricaturé ? et que tout cela est encore bien plus compliqué que je l’ai dit ? J’ai voulu seulement indiquer ici, en termes aussi simples que possible, [la trame des raisons grâce auxquelles je comprends] comment, faute de pouvoir remonter aux principes, une foule de gens de bonne foi peuvent se dresser les uns contre les autres, s’indigner même des évaluations contradictoires qu’on leur assène.
Car l’enjeu est énorme.
La catastrophe de Tchernobyl représente le pire de ce qui peut arriver avec le développement de l’option nucléaire. Si ce pire, c’est quelques milliers de morts et une centaine de milliers d’atteintes non mortelles dans les régions avoisinantes, on ne peut nier que ce soit une catastrophe, mais ses effets sont de l’ordre de grandeur de quelques longs week-ends européens d’accidents automobiles. En revanche, s’il s’agit de cinquante à cent mille morts et de millions d’atteintes plus ou moins mortelles à la santé, et cela dans plusieurs continents, il faut vraiment être bien sûr, pour envisager de poursuivre, que Tchernobyl n’était qu’un accident soviétique et pas un accident nucléaire.
3bis. Il faut ajouter à la réponse précédente les effets de l’absence de « point zéro » en Ukraine, absence qui conduit maintenant à attribuer à l’accident toutes les tares dont souffre un pays dont les campagnes étaient encore peu évoluées, et connaissaient un état sanitaire désastreux.
3ter. Le pire qui puisse arriver à une chaudière nucléaire, c’est la fusion du coeur. À Three Miles Island, on n’a eu aucune victime à déplorer parce qu’il y avait une enceinte étanche. Il n’y avait pas d’enceinte à Tchernobyl. Cela dit, on peut effectivement s’interroger sur l’opportunité de livrer des parcs nucléaires aux mécanismes du marché et à la loi du profil.
4. Les déchets.
Ci-après une réponse antérieure à Vidon le 8 janvier 2007.
Quant à savoir si j’accepterais qu’on enfouisse des déchets nucléaires durables dans mon jardin, la réponse est oui. Mais je n’ai pas plus envie que vous de voir s’accumuler chez moi les ordures du village : il y a des décharges et des usines de traitement pour cela, comme pour les déchets nucléaires courants à durée courte. La question importante est celle des déchets nucléaires à durée longue, qu’on enserre dans des enveloppes vitrifiées pour les enfouir en profondeur sous terre : qu’on veuille utiliser le sous-sol profond de mon jardin à cette fin me laisse parfaitement indifférent (je serai même intéressé par la redevance généreuse à laquelle j’aurai droit !). Reste que, à poser une pareille question, vous semblez avoir une idée pas très flatteuse du sens des responsabilités des acteurs de la politique nucléaire de la France. Je ne me serai jamais lancé dans l’épopée nucléaire si je n’avais pas été assuré qu’on avait au moins une solution de base pour les déchets à long terme. Qu’on veuille chercher à faire mieux dès lors qu’il n’y a pas urgence (il faut que ces déchets « refroidissent » un peu avant d’être enfouis) est tout naturel. En déduire que si on cherche, c’est qu’on ne sait pas, relève de la simple polémique.
5. Après Tihange, les militants de Greenpeace ont escaladé les réfrigérants de la centrale de Belleville ? Certes. Et tout a parfaitement fonctionné : alerte immédiatement enregistrée, fermeture de la centrale elle-même, dispositifs de sécurité en place… Ce n’est pas parce que des manifestants envahiraient les toilettes du Crédit lyonnais que la salle des coffres serait menacée ! L’enceinte globale du site d’une centrale est faite pour protéger une propriété privée. Celle de la centrale – qui n’inclut pas les réfrigérants – est beaucoup plus importante et sophistiquée. Chapeau aux « communicants » (excellents) de Greenpeace : c’est idiot, mais ça marche …
6. Le droit au nucléaire civil est admis pour tous les pays qui ont signé le traité de non-prolifération et en respectent les règles. L’Iran possédait d’ailleurs une partie du capital de l’usine française de séparation isotopique de Tricastin pour s’y procurer l’uranium enrichi nécessaire à la fabrication des combustibles destinés à sa centrale. Le fait nouveau, c’est que l’Iran a décidé de renoncer à ce mode d’approvisionnement pour produire lui-même de l’uranium enrichi à 95 % (et non à 3,5 %), lequel est l’explosif de la bombe.
J’ai déjà répondu le 8 janvier 2007 à Vidon.
Le nucléaire civil « n’a plus aucun lien significatif avec le nucléaire militaire » ?
Faisons un petit retour en arrière. Pour fabriquer des bombes, il faut avoir soit du plutonium, soit de l’uranium très enrichi (90 à 95 %). On peut enrichir l’uranium par voie gazeuse – c’est l’usine française de Tricastin : le procédé est intéressant pour les faibles enrichissements dont on a besoin pour faire de l’électricité (passer de 0,7 % à 3,5 %) mais son coût augmente de façon exponentielle avec le taux d’enrichissement souhaité, et il devient prohibitif au-delà de 10 %. Impossible par ce procédé de faire de l’enrichissement militaire. Mais, pour faire concurrence à Tricastin (et à la France), un consortium anglo-germano-hollandais s’est attaché – finalement avec succès – à développer un procédé concurrent : l’ultracentrifugation. Le coût d’enrichissement est (était) un peu supérieur à celui de la voie gazeuse pour les petits enrichissements civils, mais il ne croît que proportionnellement à l’enrichissement souhaité, et l’ultracentrifugation constitue donc, avec la production d’uranium très enrichi, un procédé idéal de prolifération relativement discrète, et bon marché. Cela étant, quand pour alimenter son futur nucléaire civil l’Iran dépendait de l’usine française de Tricastin (dont il possédait une part de capital), pas de problème. Mais, dès lors que ce même Iran construit à tour de bras des ultracentrifugeuses, l’arme nucléaire arrive à sa porte. Le nucléaire civil n’y est plus pour rien, c’est du recours massif à l’ultracentrifugation que naît maintenant le risque de prolifération nucléaire.
… Mieux eut valu s’intéresser en temps utile aux menaces de l’ultracentrifugation. (Que faisait Greenpeace ?). Maintenant il est trop tard.
Moralité : (réponse du 22 mars 2007 à « onyva » et Sims).
Autrefois, les effectifs de l’espèce humaine étaient régulés par la famine et la maladie. En s’extrayant de ces équilibres naturels grâce aux progrès de la Science, l’Homme a échappé à la cruauté de ces régulations ancestrales. Mais il n’a pas su y substituer à temps de nouvelles régulations volontaires, et l’espèce humaine a envahi le monde. 1 milliard d’individus au début du XIXe siècle ; 1,5 milliard au début du XXe ; 6 milliards au début du XXIe… Les démographes annoncent un plafonnement, vers le milieu du siècle, aux alentours de 9 milliards. C’est beaucoup :
- 9 milliards d’hommes prospères « à l’occidentale », la Terre le supportera très mal, à supposer qu’elle y parvienne : vu de maintenant, cela paraît impossible. Il faudra en tout cas recourir massivement à toutes les formes de ressources nouvelles, nucléaires notamment.
- 9 milliards de miséreux, suite à des guerres intestines et à l’effondrement de nos vieilles civilisations minées par l’intolérance, la violence et la bêtise ? La Terre saura faire. Mais ce n’est pas vraiment un idéal.
- Entre les deux, il y a quand même la possibilité d’imaginer un avenir vivable, et d’y faire face, avec du bon sens, une sobriété acceptée … et du nucléaire aussi.
Quelques compléments ponctuels :
À service rendu égal, il faut deux fois plus de béton et trois fois plus de métal pour construire des éoliennes que des centrales nucléaires ; d’où, avec la construction des éoliennes, des effets de serre et des budgets encore plus « colossaux ». Question d’ordre de grandeur, encore, les transports d’uranium et de déchets sont négligeables par rapport aux transports de combustibles et de cendres qu’exigent les centrales classiques équivalentes. Dans un monde rationnel où l’on se préoccuperait réellement de l’avenir de l’humanité, on remplacerait, dans les pays de l’OCDE, la quasi-totalité des centrales thermiques classiques par des centrales nucléaires … Cela représenterait une économie considérable d’espace, de matériaux, de transports, de gaz carbonique et de vies humaines
Mais le monde n’est pas rationnel, il a ses folies et ses phobies, et je ne suggère pas du tout qu’on aille jusque-là !”
Marcel Boiteux.
Photo : Rancho Seco Nuclear Power Plant 1 (Californie), cc Daniel West



Commentaires
(Envoyer un nouveau commentaire)12 avril 2007 à 0h39
Je voudrais juste savoir : si l’on supprime l’énergie nucléaire, on la remplace par quoi ? Arrêter la recherche dans ce domaine, n’est-il pas suicidaire ? J’ai lu qu’il y avait eu 4 700 morts l’an passé en Chine, dans les mines de charbon, 13 par jour. Sur 10 ans, cela fait 47 000 morts. Il y a déjà eu autant de morts à cause du nucléaire ? Que se passera-t-il lorsqu’il n’y aura plus de pétrole et la production de charbon explosera ?
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16 avril 2007 à 0h22
Monsieur Boiteux,
Vos réponses sont empreintes d’un parti pris en faveur du nucléaire que je pourrais accepter s’il était assumé. Malheureusement, quand un internaute, sous le pseudonyme de Naturel, vous fait remarquer l’orientation de vos articles, vous répondez de façon telle qu’on en déduit que vous vous prévalez de la neutralité, tout en mettant hors jeu votre interlocuteur au motif qu’il n’argumente pas son propos. Pour éviter la même accusation je vais donc vous renvoyer quelques chiffres sur l’accident de Tchernobyl, tout en précisant que je pourrais démontrer votre parti pris sur de nombreux autres points mais que je ne m’engagerai pas dans un tel échange avec quelqu’un qui veut se donner l’apparence de la neutralité pour faire passer une argumentation clairement pro-nucléaire.
Sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, donc. Vous dites que “l’ONU n’a aucun intérêt particulier à défendre”. Sauf que le rapport provient de l’AIEA, agence dépendant du Conseil de Sécurité des Nations Unies dont le but est de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire. Son objectivité peut donc bien être mise en doute. De plus, elle a été obligée de se baser sur des informations très parcellaires, les autorités ukrainiennes et biélorusses faisant tout pour cacher au maximum l’ampleur du désastre (comme l’a d’ailleurs fait la France en prétendant que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière suisse). Un véritable black-out empêche les études des chercheurs indépendants de parvenir aux Nations Unies. Ce black-out est allé jusqu’à l’emprisonnement de chercheurs, tel Youri Bandajevski, recteur de l’Institut médical de Gomel (Biélorussie).
Les facteurs politiques ne sont pas à négliger non plus. L’ONU se basant sur les données sur Hiroshima et Nagasaki, lesquelles laissaient présager un nombre de cas très inférieur, il lui est difficile, si pas impossible, de reconnaître qu’il y a sous-estimation du danger nucléaire, notamment parce que dans ce cas, les Etats-Unis risqueraient de se trouver face à de nombreux procès liés aux essais nucléaires dans le Nevada ou à l’accident de Three Mile Island.
600.000 à 800.000 militaires ont été amenés sur les lieux de la catastrophe juste après l’explosion pour neutraliser le réacteur et enterrer les déchets contaminés. 50.000 d’entre eux ont travaillé sur le toit du réacteur. Après les opérations, aucun n’a été suivi. Ceux qui ne sont pas tombés malades sur place sont tout simplement rentrés chez eux sans aucun dossier médical. Comment peut-on prétendre que tous ces hommes ont retrouvé une vie normale?
Au-delà des quelques milliers de morts que vous acceptez de reconnaître, ne doit-on pas inscrire également les déplacements massifs de populations au passif de l’accident, avec toutes les conséquences économiques et sociales qui en découlent? Pour rappel, après une première vague de 116.000 personnes déplacées dans un périmètre de 30 kilomètres autour de la centrale, on découvrit trois ans plus tard qu’une région beaucoup plus vaste avait contaminée de façon telle qu’il fallut finalement évacuer 400.000 personnes. Aujourd’hui, cinq millions de personnes vivent toujours dans des régions reconnues contaminées. Des indemnisations sont allouées à environ 7 millions de personnes considérées comme ayant été touchées d’une quelconque façon par l’accident de Tchernobyl. Peut-on vraiment parler d’une catastrophe dont « les effets sont de l’ordre de grandeur de quelques longs week-ends européens d’accidents automobiles »?!
L’ironie de l’histoire, c’est que la plupart des chiffres et des faits que je relate ici se retrouvent sur le site de l’UNESCO, une autre agence des Nations Unies. Quant aux autres, ils sont mentionnés sur un site qui, comme vous, prend pour argent comptant les chiffres du rapport de l’AIEA. Mais eux ne vont pas jusqu’à comparer cette catastrophe industrielle majeure à un exode touristique.
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27 juin 2007 à 20h17
La communauté internationale devra dès aujourd’hui bâtir quatre centrales nucléaires par mois si elle souhaite que cette technologie joue un rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique, affirme dans un rapport un cercle de réflexion britannique.
Non seulement c’est impossible d’un point de vue logistique, mais une telle entreprise aurait des conséquences graves pour la sécurité mondiale en raison du risque de prolifération des armes nucléaires, estime l’Oxford Research Group.
Ce rapport constitue une attaque cinglante contre l’idée, de plus en plus répandue, selon laquelle le nucléaire est une des principales réponses aux défis du réchauffement de la planète.
“Une renaissance mondiale du nucléaire n’est pas dans les moyens de l’industrie nucléaire et dépasserait totalement les capacités de l’Agence internationale de l’énergie atomique à surveiller les puissances nucléaires”, peut-on lire dans le rapport.
Il y a une semaine, le Conseil mondial de l’énergie, une organisation privée basée à Londres, a estimé que le nucléaire devait occuper une place importante au sein du cocktail énergétique mondial, pour à la fois permettre de lutter contre l’effet de serre et garantir la sécurité des approvisionnements.
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9 septembre 2007 à 1h55
Pour information, une pénurie mondiale d’uranium se produira à partir de 2015 et la production d’uranium atteindra son maximum en 2025 avant de diminuer, entraînant la diminution de la production d’électricité nucléaire. Aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040.
Le prix de l’uranium a été multiplié par dix en quatre ans, ce qui est révélateur, et le coût du combustible nucléaire prend une importance croissante dans le coût de l’électricité nucléaire.
Lire : http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm
D’autre part, si le prix de l’électricité nucléaire augmente, celui de l’énergie photovoltaïque diminue et diminuera encore plus vite dans les prochaines années.
L’électricité solaire photovoltaïque sera moins chère à produire que l’électricité nucléaire vers 2030-2040 selon les pays (plus ou moins ensoleillés).
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