Jeudi 26 octobre 2006, 12:36
Quand les ressources d’eau douce seront-elles épuisées ?
[ in Académiciens ]

Je trouve que la question « Quand les ressources d’eau douce seront-elles épuisées ? » qui a été posée par les élèves du 2e du Lycée de Sévres, est une très bonne question parce que l’on parle souvent dans les médias de la pénurie d’eau ou de la raréfaction des ressources en eau et l’on est fondé à penser que ce qui se raréfie pourrait à terme disparaître.
Or la réponse à cette question est plutôt en fait : Jamais, les ressources d’eau douce ne seront épuisées. Sauf catastrophe cosmique qui anéantirait l’humanité. Car, en effet, l’eau sur terre est ce que l’on appelle une ressource renouvelable.
C’est le soleil qui provoque l’évaporation de l’eau de mer (salée), réalisant ainsi une opération de distillation et qui produit l’eau douce atmosphérique (celle que nous voyons sous forme de nuages). Cette eau tombe en pluie sur la Terre et forme par écoulement et concentration les fleuves et l’eau souterraine.
Cette eau est utilisée par l’homme pour divers usages, ainsi que par les animaux et par les plantes. Une partie faible est consommée ou absorbée, l’essentiel est rejeté et repart à la mer et le cycle recommence (évaporation, pluie, etc.). Notre terre est une immense machine à épurer et recycler l’eau douce.
L’eau douce, donc, ne disparaîtra pas de la planète. Cela n’empêche pas que l’on puisse, ici ou là, en manquer. Parce que les besoins sont supérieurs aux ressources facilement mobilisables.
Donc l’eau ce n’est pas comme le pétrole, même si parfois on fait cette comparaison.
L’épuisement des ressources en pétrole sur la planète est possible. Pour l’eau douce, ce n’est pas possible. Il faudrait que le cycle de l’eau s’arrête de fonctionner, ce qui est difficilement concevable.
En revanche, il y aura toujours des régions du Globe qui auront, si l’on peut dire, trop d’eau, par rapport aux usages et d’autres régions qui n’en ont pas assez. Mais même dans les régions où il y en a beaucoup, il vaut mieux ne pas la gaspiller, ne serait-ce que parce qu’elle est rarement disponible sans dépense d’énergie ! Enfin, collecter l’eau, la distribuer, l’évacuer, traiter et purifier les eaux « usées » a aussi un coût.
PS : Ajoutons que ce sont des savants Français qui au 17e siècle ont commencé à comprendre le cycle de l’eau.
Thierry Chambolle, membre de l’Académie des technologies
Photo : Dani Simmonds



Commentaires
(Envoyer un nouveau commentaire)26 octobre 2006 à 21h14
Salut,
En effet l’eau douce sera toujours disponible et je crois que aucun scientifique n’a pretendu le contraire.
En revanche, ce qui a tendance a se rarefier est l’eau potable. C’est la difference notoire et ce dont tant de monde parle.
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27 octobre 2006 à 2h18
Je suis d’accord avec Smash. Est-ce que la disparition programmée des glaciers, réserves d’eau douce des continents, pourrait causer des pénuries d’eau pour les besoins humains et agricoles ?
Il me semble qu’ils jouent un rôle régulateur sur le niveau des fleuves, de certains cours d’eau, et de nappes phréatiques. QUe se passera-t-il avec des été super chaud ?
Et quels sont les risques de pollution de ces nappes en bordure de mer avec la montée des eaux salées ?
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28 octobre 2006 à 12h59
Pour répondre à michel, je pense que peu de personnes peuvent répondre ou plutôt prédire quelles seront les réelles conséquences de la fonte des glaciers. Les niveaux des nappes et des fleuves diminueront, c’est évident mais plus concraitement et plus précisement personne ne serait dire. Nous seront très certainement obligé de faire attention à nos consommations…pas comme maintenant.
Pour avoir étudié en cours la dernière question, le probléme est “simple”. Plus on pompe la nappe d’eau douce, plus elle diminue. Or au niveau du littoral, les nappes douces sont en relation avec la mer. Donc si l’on pompe trop, la “frontière” eau douce/eau saléee pénètre dans les terres. Si la “frontière” était au niveau de la plage, elle peut se retrouver à 1 ou 2 kilomètres dans les terres, risquant de “polluer” toutes les nappes douces.
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2 novembre 2006 à 15h14
voici quelques chiffres en complement sur la question de l’eau douce.
L’eau douce ne represente qu’environ 3% en volume de toute l’eau de l’hydrosphère. les 3/4 de cette eau douce n’est pas disponible car elle est gelée aux poles. Le quart restant se répartit en eaux souterraines et eaux superficielles, les eaux souterraines étant de très loin majoritaires (stock disponible à l’instant T : 8 millions de kilomètres cube versus 2 mille kilomètres cube).
L’eau cicule en permanence et se renouvelle MAIS le temps de renouvellement d’un réservoir souterrain (un aquifère, une nappe, …) est très variable : de quelques jours à plusieurs milliers d’années. La nappe des sables albien qui alimente Paris met plus de 10 000 ans pour se renouveler et certains aquifères sont même remplis d’eau fossile qui ne se renouvelle plus, comme les grès nubiens d’Egypte : la nappe a été créée et alimentée par l’infiltration des eaux superficielles il y a plus de 6000 ans alors que le climat était humide mais l’aridité actuelle ne permet pas de les alimenter.
Il ne suffit d’être en région humide ou alors de recevoir quelques grosses pluies diluviennes pour avoir un bilan positif pour le renouvellement de l’eau : il faut surtout que la chaleur ne soit pas trop élevée au moment des pluies pour éviter l’evaporation des eaux de l’atmosphère qui tombent sur la terre.
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13 novembre 2006 à 22h32
combien y a t-il de stock d’eau potable disponible et comment l’eau douce est elle répartie dans le monde?
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20 novembre 2006 à 16h46
Pour répondre à la question de boss 77, je vous suggère de vous rendre sur le site du cnrs qui a fait un dossier très complet sur l’eau douce : www.cnrs.fr/dossiers/doseau/
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