Mardi 26 septembre 2006, 16:03
La question du mix énergétique
[ in Membres CES ]


Choisir le développement durable implique de réduire nos émissions. Plusieurs questions de blogueurs ont porté sur le choix à effectuer entre les différentes sources d’énergie (ce qu’on appelle le « mix » énergétique). Et donc quelle place faire au nucléaire et aux énergies renouvelables pour assurer la préservation des ressources naturelles nécessaires aux besoins des générations futures ? D’autre part, qu’en est-il des recherches sur la séquestration de CO2 ?
Philippe Rouvillois, Président du groupe de réflexion CES – Académies, vous répond.
“À l’échéance d’une vingtaine d’années, la production de pétrole aura sans doute dépassé son maximum (« peak oil ») et le gaz naturel se rapprochera du sien. Le problème sera moins alors de choisir un mix énergétique « idéal » que de mettre en œuvre toutes les énergies disponibles à un coût économiquement acceptable : les énergies fossiles (notamment le charbon qui demeurera la ressource disponible la plus abondante), les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire.
Les simulations montrent d’ailleurs qu’à l’horizon 2050, compte tenu de la croissance de la demande mondiale, notamment en Asie (Chine, Inde), il risque d’exister un écart important entre ressources disponibles et demande d’énergie, même en faisant des prévisions très volontaristes sur les économies d’énergie et sur le développement des renouvelables et du nucléaire.
Se posera donc pour tous les types d’énergie appelés à se développer la question de leur acceptation environnementale et sociale, c’est-à-dire finalement de leur compatibilité avec un développement durable de la planète. Parmi les enjeux les plus importants, on peut citer :
- pour le charbon, la question de la séquestration du CO2 (faisabilité à grande échelle, coût, absence de nuisances graves…) [1]
- pour le nucléaire : la sûreté des centrales, avec davantage de sécurité « passive », c’est-à-dire indépendante des opérateurs ; une solution satisfaisante pour les déchets à vie longue ; la protection contre les risques de prolifération nucléaire liés à l’enrichissement de l’uranium et au retraitement du combustible…
- pour certaines énergies renouvelables : la recherche de moyens de stockage de l’énergie pour les installations intermittentes, les limites acceptables de la « pollution » des paysages…
La recherche sur ces axes (liste non exhaustive…) devrait être considérée par la communauté internationale comme prioritaire.”
[1] Voir note “Le captage et le stockage géologique du dioxyde de carbone (CO2)” sur le site du Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie.



Commentaires
(Envoyer un nouveau commentaire)27 septembre 2006 à 0h45
Nous nous permettons de poster un complément d’information sur le sujet de l’énergie, qui répond à une question d’Isa.
“Pour une vision d’ensemble des différentes options en matière d’énergie, je recommande la lecture de la communication à l’Académie des technologies intitulée “Prospective sur l’énergie au XXIe siècle”. Accessible sur le site de l’Académie à la rubrique communications où ce rapport est téléchargeable.
- En ce qui concerne une demande d’ISA, voici la réponse :
Contribution des différentes sources aux émissions de gaz à effet de serre (GES)
En 2004, les émissions totales ont été de 42 milliards de tonnes d’équivalent CO2
(accroissement de plus de 50% depuis 1970 sur l’ensemble des GES, plus de 60% sur le CO2 seul)
Répartition par secteurs d’activité
Cordialement,”
Gilbert Ruelle
membre de l’Académie des technologie
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27 septembre 2006 à 23h36
Evidemment les questions sont pertinentes et la recherche doit avancer.
Mais les stratégies énergétiques d’aujourd’hui doivent se fonder sur ce que l’on a et sur ce que l’on sait faire et pas sur d’hypothétiques solutions d’avenir.
Le mix énergétique, parlons-en dans un pays où règne le presque tout nucléaire.
Pour moi la question n’est pas tant la technologie nucléaire que les conditions de sa transparence surtout économique.
La question du prix de revient de l’électricité nucléaire est-elle vraiment abordée ouvertement dans ce pays, quand notre ministre de l’industrie annonce des programmes de financement sur 300 ans pour le démantèlement des réacteurs obsolètes, quand la cours des comptes relève un manque d’argent qui aurait dû être provisonné pour financer ce démantèlement, et quand ce coût du démantèlement est évalué à 100 miliards d’euros en Angleterre , pays ou l’électricité nucléaire ne représente pourtant que 30%, alors que dans notre pays, on ne parle que de quelques dizaines de milliards d’euros…
Au motif que l’électricité nucléaire est moins cher, on a retardé la construction par exemple de centrales biogaz agricole : 3 en France et plus de 1900 en Allemagne ! Toujours dans ce pays leader en technique de l’électricité éolienne, 65 000 emplois auraient été créés. En France , je crains comme l’Uniden le souligne que notre facture sociale de nos mauvais choix énergétiques soit lourde. Combien d’entreprises électrodépendantes menacent de délocaliser au motif que notre électricité sera trop cher par rapport à d’autres pays.
EDF a voulu faire signer des contrat dont le prix à venir de l’électricité serait indexé sur le coût de production de l’électricité nucléaire. Bien évidemment, les industriels de l’Uniden n’ont pas voulu signer un chèque en blanc.
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17 octobre 2006 à 11h21
Vous vous penchez sur la question du “Prix de revient de l’électricité nucléaire” mais vous parlez uniquement du prix légal, sachez donc que ce prix ne tient pas compte de l’empreinte écologique désastreuse de ce type de production électrique (cf. la radio-activité)
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28 septembre 2006 à 0h24
Citation du rapport sur le coût du kW nucléaire :
4.1 Les coûts de kWh
Le coût du kWh produit par des réacteurs à eau de grande puissance a fait l’objet de nombreuses études
(Annexe 4), dont les plus complètes sont probablement celle de du Ministère de l’Industrie français, qui se fonde sur un programme très important et bien connu, et celle faite par le Pr. Tarjanne pour le gouvernement finlandaiset qui a étayé sa décision récente de construire un nouveau réacteur.
L’étude de la DGEMP [19] note que tous les coûts du nucléaire sont bien pris en compte, contrairement à ce
qui se passe pour les autres énergies : notamment les assurances et les provisions pour la gestion des déchets etpour le démantèlement. Ce coût total est évalué à environ 3c€/kW.
Mon commentaire : Quand on connaît le rapport de la cours des comptes
sur l’argent qu’aurait dû provisionner EDF en vue du financement du démantèlement des réacteurs obsolètes, cette étude de la DGEMP est-elle vraiment sérieuse ?
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28 septembre 2006 à 23h16
Ci dessous le lien concernant le rapport de la cour des comptes
Aller directement en page 14 et 15
http://www.ccomptes.fr/Cour-des-Comptes/publications/rapports/nucleaire/introduction.htm
Notez la remarque pertinente dudit rapport :
2) Le kWh produit doit supporter des charges futures qui lui sont imputables
Monsieur Rouvillois, permettez moi d’apprécier le débat tel que présenté comme étant hors sujet.
Le mix énergétique dépend de la transparence financière. Et comme l’indique le rapport de la cours des comptes, ce n’est pas le cas.
En clair, si le kW nucléaire avait été évalué à son vri prix, il y aurait plus de centrales à biogaz, plus d’éoliennes et autres énergies que le nucléaire.
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15 octobre 2006 à 0h57
Il parait que des chercheurs ont trouvé le moyen de réduire la longévité des déchets radioactifs ! Des articles parus dans “News” de l’institut de physique de Londres et “Physics World” d’août 2006 soulignent que des chercheurs de l’université de la Ruhr à Bochum ont trouvé une procédure permettant de réduire la longévité des déchets radioactifs des réacteurs nucléaires. La période radioactive des émetteurs alpha émis lors de la désintégration des noyaux d’hélium pourrait être raccourcie à quelques dizaines d’années en les confinant dans du métal et en les refroidissant de quelques kelvins. Le professeur Dr. Claus Rolfs, directeur du groupe de l’université de la Ruhr à Bochum, ajoute que cette méthode permettra de supprimer les déchets nucléaires pour les prochaines générations. Il ne sera plus nécessaire de les enterrer.
Y-t-il des recherche de ce genre en france ?
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/38692.htm
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17 octobre 2006 à 11h18
Et la réduction du temps de radio-activité est réduite de combien ?
De 100.000 ans, elle passerait à combien ?
-50.000 ans ?
Même si celà pourrait être qualifié de “progrès” par certains, à mon avis, celà serait toujours 50.000 ans de trop
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