Ecole Excellence Et Réussite: genèse du point focal du PPMR en Mauritanie

Cet article a été l’objet d’une communication au 4ième colloque international du RIFEFF intitulé:
LA FORMATION DES FORMATEURS OU DES ENSEIGNANTS ET LE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES, DU PRESENTIEL A LA DISTANCE.

Cheikh ould Ahmed, école Excellence Et Réussite, Nouakchott,Mauritanie.

Résumé :
Le Programme de Production Multilatérale des Ressources au Profit des Systèmes Educatif d’Afrique Francophone « PPMR » a pour objet de “mobiliser les experts du secteur de l’éducation pour la recherche et la mise en œuvre des solutions relatives aux problèmes que pose le développement des systèmes éducatifs de l’Afrique Francophone”.
Pour réaliser cet objectif, le PPMR s’engage à créer des plates formes de collaboration qui permettront – entre autre- de préparer et réaliser des formations des enseignants et cadres de gestion des systèmes éducatifs africains.
La contribution proposée se veut une description honnête de la situation actuelle du projet d’un établissement de formation des formateurs dans son état embryonnaire.
L’école “Excellence Et Réussite”, en quête de solutions aux différents défis que confronte le système éducatif mauritanien peu efficace, s’est orientée vers un couplage d’une intégration pédagogique réussie des TICE dans son enseignement /formation avec une gestion scolaire systémique.
Des étapes déterminantes sont déjà franchies:
1- Ma formation, en tant que directeur fondateur de l’école, au master2 pro UTICEF (Utilisation des TIC dans l’enseignement et la formation).
2- Mon adhésion à l’AFIDES, au PPMR, au ROCARE et au RIFEFF et,
3- Ma formation en ingénierie de la formation.
D’autres sont en cours:
1- La conception des dispositifs d’enseignement/formation
2- La formation des enseignants par et à l’utilisation des TIC dans leur enseignement/formation.
3- La formation des élèves à l’usage des dispositifs.
4- L’acquisition du matériel informatique en qualité et quantité suffisante;
Ceci malgré l’absence d’une politique nationale éducative stable et efficace, fondée sur des stratégies d’enseignement/formation qui puisse soutenir et accompagner une telle innovation.
Cette intervention donnera des éclaircissements sur les différents problèmes rencontrés et comment ils ont été abordés puis quelles sont les solutions prévisibles pour les difficultés qui persistent encore.

Regard sur la situation actuelle du système éducatif mauritanien
La Mauritanie, pays indépendant depuis 1960, au carrefour du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, compte environs 3 162 306 habitants (ONS 2008), dont plus de 42% vit en dessous du seuil de pauvreté , fortement dispersés sur un vaste territoire désertique (1.030.000 km2) où les ressources sont rares. “Les besoins sont colossaux, qu’il s’agisse de routes, d’écoles, de postes de santé, de logements, d’équipements hydrauliques ou électriques …” pour une population relativement jeune (plus de 54% ont moins de 18 ans) et à 52% féminine d’où une forte demande de scolarisation et d’emploi .
Cependant, au moment où l’état ne cesse de déployer, avec l’aide de ses partenaires financiers et techniques, d’énormes efforts en vue d’honorer ses engagements internationaux et régionaux notamment pour atteindre les Objectifs de développement du Millénaire et de l’Éducation pour Tous, les résultats catastrophiques de l’école mauritanienne, à tous les niveaux, font fuir les populations vers d’autres solutions : l’enseignement originel (les écoles non formelles), les écoles des pays limitrophes, pire vers l’abandon et le travail précoce.
En effet, et après plusieurs reformes mal conduites , les données du RESEN (Rapport d’Etat sur le Secteur Educatif National, 2010) confirment que sur 100 enfants qui entrent au fondamental, seuls 26 accèdent en 1ère année d’enseignement du secondaire et seuls 18 achèvent le cycle du secondaire.
Les taux de réussite aux examens nationaux pour l’année scolaire 2010-2011 ont été déclarés officiellement comme suit :
 Le concours d’entrée en première année du collège : 48.37% (La note minimale pour la réussite étant de 90 /200).
 Le BEPC : 5.01% avant délibération et 23.94 % après (La moyenne minimale pour être accepté après délibération étant de 8/20)
 Le BAC : 10,05% en première session…
Ces résultats, selon les termes de références pour l’élaboration d’une politique nationale de formation continue des enseignants du fondamental et du secondaire , sont la conséquence de l’effet cumulé de deux facteurs :
« D’un côté la forte expansion de la scolarisation au fondamental et dans une moindre mesure au secondaire s’est basée sur une politique d’offre par le recrutement massif d’enseignants qui ont été injectés dans le système avec une formation initiale de faible qualité et sans aucun accompagnement pour combler ses lacunes.
D’un autre côté, la réforme de 1999 a instauré le bilinguisme et consacré le français comme langue d’enseignement des disciplines scientifiques, alors que la grande majorité des enseignants sont arabisants (61% au fondamental et 64% au secondaire) et ont par conséquent de sérieuses difficultés à enseigner dans cette langue étrangère qu’ils maitrisent mal. Les professeurs des matières scientifiques sont à 80% formés en langue arabe. »
Pour le système éducatif mauritanien, comme pour le RIFEFF, le défi de la formation des maîtres ne doit pas être important : il doit être colossal .
Une enquête réalisée par le Ministère de l’éducation national en juillet 2007 avait montré que sur les 12 784 enquêtés seulement 43.1% d’enseignants ont un niveau acceptable en arabe pour dispenser correctement des cours, 28,5% sont facilement recyclables et 28.4% sont difficilement recyclables. Pour le français, sur 11 805 enquêtés seulement 17.1% sont capables de dispenser le programme de français pour le niveau fondamental, 20.6% sont facilement recyclables, 35.4% sont difficilement recyclables et les 27% restants « n’ont pratiquement aucune notion de base et sont de ce fait très difficilement recyclables ».
Aux insuffisances de la formation initiale des enseignants aux ENIs et à l’ENS s’ajoutent d’autres phénomènes qui paralysent le développement de leurs compétences et l’amélioration de leur rendement on peut citer: l’instabilité des politiques éducatives, l’absence d’un dispositif permanant de formation continue, l’insuffisance en quantité et qualité du matériel pédagogique, le surpeuplement des classes, la dévalorisation de la profession et la méconnaissance des droits, devoirs et conditions favorables à l’efficacité de l’enseignant.
Les enseignants mal formés, mal outillés et peu motivés, doivent travailler sous la supervision de l’un de leurs collègues qui, en général plus expérimenté, a dû apprendre le métier sur le tas . Et donc, n’ayant jamais reçu une formation initiale en gestion, éprouve de grandes difficultés dans l’exercice quotidien de sa fonction. On peut citer à titre d’exemple :
- Un tâtonnement dans l’exécution des tâches ;
- Une faible maîtrise des techniques de gestion ;
- Un manque de leadership ;
- Un manque de coordination et de communication .
Certes, le secteur privé n’échappe pas à cette situation problématique du système éducatif national. Car en dehors de ces insuffisances structurelles du système, l’école privée mauritanienne est souvent délaissée à elle-même (absence d’un programme permanant d’assistance technique et financière). L’on peut se demander si elle n’est pas vue aux yeux de la société et des autorités comme facteur principal de l’échec de l’école publique. Pourtant des initiatives dans le secteur ont donné des résultats probants (notre taux de réussite au concours d’entrée en première année secondaire l’an passé était de 100% contre 48.37% au niveau national et au BEPC 82% contre 23.94% ).
Un projet d’intégration pédagogique des TIC
Pour faire face à ces différents défis, très tôt, nous avons senti un besoin criant de formation, non seulement pour les enseignants, mais aussi pour notre personnel d’encadrement à commencer par son Chef d’équipe (Le Directeur de l’école, moi-même). J’ai réalisé, à travers l’internet, que les ressources spécialisées de haute qualité ne manquent pas. Cette grande école à portes ouvertes à tous les citoyens de la planète, m’a fait croire que l’utilisation des TIC pourra contribuer grandement au développement des compétences de tous les acteurs de notre communauté éducative (gestionnaires, enseignants, élèves et leurs parents), pour une amélioration significative du rendement de l’école.
Certes un véritable changement dans nos pratiques de gestion, nos méthodes d’enseignement et nos approches pédagogiques s’est imposé produisant des problèmes de rejets d’origines variables. Un changement, suivant une approche systémique de gestion, qui donne davantage de place à l’apprenant dans la construction de son savoir, et qui tient compte du développement exponentiel des savoirs de l’humanité et des nouveaux rôles devenus indispensables aux différents membres et partenaires de l’école.
Des réticences légitimes, les années 2005:
Dans notre contexte, la quasi-totalité de notre clientèle pensait qu’investir dans un projet d’intégration des TIC dans une petite école aux moyens très limités et dans un pays parmi les moins avancés du monde n’est rien qu’un gaspillage d’efforts, de ressources et de temps pour mettre en danger l’avenir de leurs enfants.
En 2005 (première année de notre projet) ces réticences se nourrissaient des réalités suivants :
 Au niveau du continent : un manque significatif d’études sur l’intégration des TIC en éducation.
 Au niveau national :
- Manque significatif de données sur les indicateurs nationaux de l’intégration des TIC
- Faible taux de couverture nationale d’accès à Internet (13,8% en 2004)
- Absence d’un programme opérationnel en faveur de l’intégration des TIC dans l’enseignement .
- Absence de services gouvernementaux en ligne notamment, au profit du secteur éducatif .
- Absence d’infrastructures performantes : faible débit de l’internet , pannes fréquentes de l’électricité de couverture nationale plus ou moins faible.
- Faible offre du marché en matière d’outils informatiques et les coûts sont élevés.
- Absence d’une main d’œuvre qualifiée pour la maintenance.
- Absence de centres de formation spécialisés.
 Au niveau de l’école :
- Absence d’un plan d’intégration des TICE.
- Absence d’un porteur du projet capable de faire le plaidoyer au-près des partenaires de l’école et des promoteurs locaux et étrangers de l’intégration des TICE.
- Manque significatif en matière de ressources humaines compétentes, d’équipements informatiques adéquats, et de ressources financières durables.
Aujourd’hui :
 Au niveau mondial :
« Un large consensus se dessine dans le monde sur les bénéfices qu’un usage approprié des technologies en évolution constante que sont les Technologies de l’information et de la communication peut apporter à l’enseignement scolaire. Ces bénéfices sont attendus dans la quasi-totalité des domaines d’activité où le savoir et la communication jouent un rôle clé : amélioration des processus d’enseignement et d’apprentissage et progression des résultats scolaires, renforcement de la motivation des élèves et continuité de communication avec les parents, mise en réseau et jumelage d’écoles, meilleure qualité de gestion et de suivi au sein de l’école» .
« Comme l’utilisation des TIC dans et pour l’éducation peut être considérée à la fois comme une nécessité et une opportunité à l’échelle mondiale, cette dimension transversale a été déclarée prioritaire dans tous les domaines de compétence de l’UNESCO. »
 Au niveau du continent :
« Si l’Afrique se donne pour mission de mieux préparer ses citoyens aux défis du troisième millénaire, elle se doit de favoriser une intégration en profondeur des technologies de l’information et de la communication. Cette intégration des TIC, si on souhaite qu’elle ait un impact sur la qualité de l’éducation, doit surtout être pédagogique, quotidienne et régulière afin de mettre à profit les possibilités nouvelles et diversifiées de ces technologies » .
« Les TIC sont de plus en plus présentes dans les sociétés africaines et à un certain degré dans tous les niveaux d’éducation, du préscolaire à l’université, dans les secteurs formels et non formels » .
 Au niveau national :
Une nouvelle Stratégie Nationale de Modernisation de l’Administration et des TICs 2011-2015, a été validée le 6 juin 2011. Portée par les TIC comme moyen de modernisation de l’Administration et comme vecteur du développement économique, elle exhorte pour « Réussir notre société du savoir et de la communication… » . Elle prévoit une cinquantaine de projets dont :
Raccorder la Mauritanie au câble sous-marin (prévisible en fin 2012)
Déployer un réseau national en fibres optiques (déjà lancé depuis le 17 mai 2011 pour une durée d’exécution de 9 mois)
Mettre en place des Centres Communautaires d’Accès à l’Internet
Promotion des structures institutionnelles pour la culture numérique
Mise en place d’un cadre d’orientation globale de développement des TICs
Développer les services en ligne
Mettre en place un environnement favorable à la formation dans le domaine des TIC dans l’Administration
Vulgariser les TIC au profit des PME (Petites et moyennes entreprises)
Mise en place d’un système intégrée de télé enseignement (e-Learning)
 Au niveau de l’école : des initiatives ont été mises en œuvre et ont donné des résultats :
1- En 2005, l’achat d’un matériel informatique: 2 ordinateurs (un portable pour le DG déjà familiarisé aux logiciels de traitement de texte, de présentation et de tableurs, et un PC mis à la disposition au reste du personnel administratif et pédagogique), une imprimante, un photocopieur, un scanner, des logiciels éducatifs et un projecteur d’écran (data show) pour des séances en classe supervisées par le DG (moi-même) en présence des enseignants disponibles.
Cette initiative a permis l’informatisation de quelques aspects de la gestion administrative, pédagogique, relationnelle et financière. Elle a créé un climat de dialogue entre les différents acteurs de l’école sur les avantages et les limites de l’usage de l’ordinateur pour des fins pédagogiques. Une attention particulière à ce stade est capitale, car le matériel ne doit pas décevoir le public et le contenu pédagogique doit répondre à un besoin certain des élèves.
2-En 2006, la formation des enseignants au traitement de texte (Word) et à l’internet notamment la messagerie et la recherche d’information.
3-En 2007, l’équipement d’une salle informatique de 6 PC connectés en intranet et internet (ADSL) pour l’initiation des enseignants /élèves à l’utilisation de l’internet dans leur enseignement/apprentissage et l’exploitation de quelques logiciels didactiques et sites éducatifs (générateurs de QCM, Pragmatice, réseau mathenpoche, 123cours.com, françaisfacile.fr, pepit.be, …). La maintenance a été assurée durant toute l’année scolaire.
A travers ces deux dernières initiatives, chaque enseignant s’est vu octroyé d’un créneau horaire pour sa classe de deux heures par semaine dans la salle informatique. L’effort principal de l’enseignant était de chercher et choisir les ressources pédagogiques qui correspondent le mieux aux besoins de ses élèves.
4-En 2008, la formation du directeur de l’école (moi-même) au master2 pro UTICEF (utilisation des TIC dans l’enseignement et la formation).
Cette formation avait pour objectif de me doter « de compétences nécessaires à l’introduction des T.I.C » dans mon établissement . J’ai eu à concevoir, à titre de mémoire, sous la supervision de mon tuteur référent M. Bruno De Lièvre, mon premier projet de formation intégrant les TIC: « Mise en ligne d’un enseignement interactif du programme officiel mauritanien de la première année du secondaire en mathématique ». Ce projet n’est pas encore mis en œuvre par manque de financement. Le coût de cette formation (3000 Euros) a été pris en charge par mon école car l’AUF et le gouvernement mauritanien n’étaient pas disposés à financer cette formation pour le secteur privé. Cette formation m’a offert l’occasion de prendre contact avec des grandes figures du domaine, de répertorier des ressources et outils technopédagogiques de grandes valeurs et d’intégrer des réseaux de spécialistes de renommée. Aussi, mon obtention de ce diplôme reconnu à l’échelle international a donné une certaine légitimité à notre action au niveau local. Quelques dispositions sont nécessaires, dans notre contexte africain, pour suivre convenablement une formation à distance : avoir une solution autonome pour l’électricité et l’internet (exemple : un ordinateur portable et un accès mobile à l’internet), se libérer le maximum possible de ses responsabilités socio-professionnelles et passer à la pratique aussitôt que possible sous peine de tout oublier.
5-En 2009, la formation des enseignants par et à l’utilisation des TIC dans leur enseignement/formation et particulièrement à l’usage de la plateforme Claroline et à la recherche sur l’internet de ressources pédagogiques pour la préparation de leur cours.
Cette initiative a permis la conception et la mise en ligne de dispositifs d’apprentissage interactif supportant le suivi individualisé et disposant d’outils de partage, d’édition et de collaboration. L’installation de la plateforme localement a facilité l’initiation des élèves à son usage qui n’a pas demandé des efforts remarquables. Le nettoyage fréquent des données de Claroline (option gratuite) nous coûte chaque fois l’importation de nos travaux à partir de la plateforme locale vers celle en ligne. Aussi la communication entre les différents membres de notre communauté à travers la messagerie a été établie.
6- En 2010, la formation à distance du directeur (moi-même) en ingénierie de la formation à travers la plateforme http://gestion-education.net dans le cadre des activités internes du Programme de Production des Ressources Multilatérales au Service du développement des Systèmes Educatifs de l’Afrique Francophone (PPMR). Cette formation avait pour but de nous « transmettre les connaissances, les procédures et les compétences nécessaires à la réalisation d’activités de formation dans le domaine de la gestion de l’éducation ».
Le PPMR, porté par six points focaux, mobilisant une trentaine de développeurs, diplômés en Gestion des Systèmes Educatifs (GSE) de l’Université Senghor, Chefs d’établissements scolaires membres du réseau AFIDES ou cadres de l’éducation représentant six nationalités africaines (Cameroun, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, République centrafricaine et le Niger), vise le développement des systèmes éducatifs de l’Afrique Francophone au moyen de la formation des cadres de gestion, des échanges d’expériences et de l’intégration des ressources des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage. Etant membre fondateur du réseau, représentant de son point focal en Mauritanie et Secrétaire général de son bureau international, fortement impliqué dans ses différentes activités (la définition des objectifs du projet, la désignation des points focaux nationaux et du point focal international, la formation des bureaux nationaux et du bureau international, la configuration souhaitée des points focaux, l’inventaire de l’existant et des besoins de chaque point focal, l’élaboration des différents documents notamment le projet détaillé), je souhaite faire profiter mon pays de son action (y compris mon école) en matière de formation des formateurs.
7- En 2009 et 2010, la labellisation de l’école suite à sa participation au concours du « Label écoles-internet » organisé par l’association française villes-internet en collaboration avec le ministère de l’éducation français. Cette initiative a permis notre intégration à un vaste réseau participatif des usages de l’Internet. Un espace en ligne http://ecoles-internet.net/space/ecole-excellence-et-reussite-nouakchott est désormais mis à la disposition de notre communauté éducative pour se faire connaître et échanger avec les différentes communautés du réseau.
Résultats, défis et perspectives :
Ces initiatives ont produit un sursaut de motivation auprès des différents acteurs de l’école (personnel enseignant et administratif, les élèves et leurs parents). Il n’est plus question du pourquoi, mais quand et comment cette informatisation pourra-t-elle être effective, totale et durable? En matière de résultats scolaires, notre jeune école créée en août 2005 a, jusqu’à présent, présenté quatre promotions au concours d’entrée en première année du secondaire dont trois ont réussies à 100%, et deux promotions au BEPC dont une a aussi réussi à 100%. Certes nous ne pouvons pas affirmer que ces résultats dérivent du seul usage pédagogique dont on fait de l’ordinateur dans notre école. Car cet usage, loin d’être quotidien et régulier, reste encore une pratique supplémentaire et facultative pour nos enseignants et leurs élèves. Néanmoins, force est de constater que la classe avec laquelle j’ai expérimenté mon projet de mémoire UTICEF en mai 2009 s’est, depuis lors, particulièrement distinguée comme étant la classe modèle de l’école et ce par le consentement de tous les professeurs (toutes disciplines confondues) qui s’y sont succédés.
A ce jour, en dépit de ces réalisations, nous avons encore plusieurs défis à relever pour que cette intégration soit pédagogique, quotidienne et régulière dans notre école qui se doit «d’aider ses élèves à entrer dans une démarche d’apprentissage collaboratif, de créativité et de résolution de problèmes grâce à l’usage des TIC afin qu’ils deviennent des acteurs efficaces de la société et de l’économie » :
1. des défis de nature organisationnelle : absence d’un plan d’intégration pédagogique des TIC adaptée à nos besoins et aux réalités de notre milieu.
2. des défis de nature infrastructurelle : pannes fréquentes d’électricité, cherté et mauvaise prestation du monopole fournisseur d’ADSL.
3. des défis de nature technologique : faible offre et coûts élevés des équipements informatiques.
4. des défis de nature humaine : nous n’avons pas (mes équipes et moi) les compétences technopédagogiques requises pour mener à pas sûrs l’intégration souhaitée, absence d’un programme permanent de formation aux compétences technopédagogiques au niveau national et à l’école.
5. des défis de nature financière : absence d’un programme permanent de financement des projets d’intégration pédagogique des TIC au niveau national et à l’école.
En attendant qu’une politique et une stratégie planifiée de l’intégration des TIC soient arrêtées dans le pays, ou que des partenaires techniques et financiers aient parrainé notre projet, notre école s’engage à poursuivre au rythme de ses propres ressources (humaines et financières) sa démarche participative pour son informatisation. Nous continuerons, entre autre :
1. nos échanges internes et à travers le monde sur les pratiques technopédagogiques innovantes, les expériences réussies de l’intégration des TIC dans les écoles notamment au Québec et en France afin d’élaborer un plan qui nous paraîtra le plus adapté à notre situation.
2. l’informatisation des différents aspects de la gestion
3. la mise à disposition des ressources de qualité, de plateformes d’enseignement/apprentissage au profit des enseignants et leurs élèves.
4. la formation des enseignants et leurs élèves à l’utilisation des TIC dans leur enseignement/formation en particulier l’internet et les dispositifs mis à leur disposition.
5. l’acquisition en quantité suffisante d’un matériel informatique adéquat.

Notre adhésion au RIFEFF et notre participation à ce colloque s’inscrivent dans la ligne droite de notre engagement de faire de notre école un modèle d’école informatisée dans le pays et la sous-région. C’est l’expression de notre attachement à tirer le meilleurs profit de son action grandissante dans le domaine de la formation des formateurs et des enseignants tant en présentiel qu’à distance.

Bibliographie
1. RESEN-(2010). Mauritanie. Rapport d’état sur le système éducatif national.
2. Groupe AFD-Mauritanie. (2008-2010). Cadrages des interventions pays : AFD/Mauritanie.
3. MEN-Mauritanie. (2010). Stratégie Nationale de formation des gestionnaires du système éducatif : OIF/CONFEMEN/MEN
4. Karsenti, T.; Garry, R.-P., N’Goy Fiama, B.; et Baudot, F. (2011). Former à distance des formateurs : stratégies et mutualisation dans la francophonie. Montréal : AUF/RIFEFF.
5. l’UNESCO (1966). La recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant : UNESCO.
6. Karsenti, T. (dir.). (2009). Intégration pédagogique des TIC : Stratégies d’action et pistes de réflexion. Ottawa : CRDI.
7. Mauritanie (2011). Stratégie Nationale de Modernisation de l’Administration et des TICs 2011-2015 : Mauritanie.
8. Mauritanie-MDMATIC ( 2010). Séminaire e-gouvernement : MDMATIC.
9. UNESCO (2011). TIC UNESCO: Un référentiel de compétences pour les enseignants.
10. UNESCO - ISU 2010, Guide de mesure pour l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation.
11. PanAf 2009, un recueil des bulletins d’information du projet : ROCARE /UdM/CRDI.
12. Karsenti, T., Collin, S. et Harper-Merrett, T. (2011). Intégration pédagogique des TIC : Succès et défis de 100+ écoles africaines. Ottawa, ON : IDRC.

Webographie
1. www.rocare.org
2. www.unesco.org
3. www.ernwaca.org
4. www.poledakar.org
5. www.afd.fr
6. http://www.rifeff.org/
7. www.modernisation.gov.mr
8. http://karsenti.ca/
9. http://www.observatoiretic.org

Résultats du concours de fours solaires

Malgré un été pluvieux, des projets de fours solaires très intéressants ont été proposés par les participants du concours. Sur la base d’un modèle rudimentaire, les enfants ont fait preuve d’inventivité et d’ingéniosité. En nous inspirant de leurs expériences, un nouveau mode d’emploi pourra être prochainement publié sur la plate-forme do-it-yourSciences.Les 5 projets gagnants:

Concours réalisé en collaboration avec TSR-découvertes

Lien direct / Direkter Link: Tous les projets / Alle Projekte

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Résultat du concours de fours solaires

Résultats du concours de fours solaires

Malgré un été pluvieux, des projets de fours solaires très intéressants ont été proposés par les participants du concours. Sur la base d’un modèle rudimentaire, les enfants ont fait preuve d’inventivité et d’ingéniosité. En nous inspirant de leurs expériences, un nouveau mode d’emploi pourra être prochainement publié sur la plate-forme do-it-yourSciences.

Les 5 projets gagnants / Die 5 Gewinnerprojekte:

Concours réalisé en collaboration avec TSR-découvertes

Lien direct / Direkter Link: Tous les projets / Alle Projekte

Journées de l’Enseignement de la Physique et de ses Interfaces | 3-4 novembre 2011 | Marseille

Ce colloque bisannuel est une initiative de la commission d’enseignement de la Société Française de Physique.  Il réunit les acteurs de la formation, le monde scientifique et les enseignants du collège à l’université. Son objectif est de permettre la confrontation et le partage des expériences et réflexions sur l’enseignement de la physique et sur la diffusion de culture scientifique.

Les inscriptions pour les 4emes Journées de l’Enseignement de la Physique et de ses Interfaces (JEPI) sont maintenant ouvertes sur le site web www.jepi.fr.

Rendez-vous les 3 et 4 novembre 2011 sur le site St Charles de l’Université de Provence à Marseille.