Pour voir autrement les Afriques

Comment aborder l’Afrique en 5ème ? Quelle perspective adopter ?

La diversité du continent, le rôle des milieux naturels, le poids de l’histoire,… pour aboutir à une classification des grands ensembles régionaux. Comment passer de la géographie physique à l’humaine sans… faire de déterminisme ?

Qu’est-il arrivé à ce continent pour qu’il en soit là ? Pourquoi ? Voilà la question que nombre de mes élèves m’ont retourné.

A mon tour de me poser des questions : puis-je, en tant que professeur, énumérer tous les « maux » de l’Afrique sans parler des voies de sorties qui se dessinent ? L’Afrique n’a-t-elle qu’un seul visage, celui qui fait régulièrement la une des journaux télévisés ?

Je ne reprendrai pas ici tous les problèmes, bien trop connus. Sans me voiler la face, je voudrais trouver une autre manière d’appréhender ce continent si différent.

Des fausses solutions miracles aux avancées de terrain, modestes mais réelles, l’exposition sur Science Actualités « Quand l’Afrique s’éveillera… » me donne des pistes : elle fait un panorama complet des questions concernant l’alimentation, la santé et les fameuses ressources naturelles, et trace des voies pour l’avenir : un travail sur la mémoire, la dimension socio-culturelle, l’éducation, les nouvelles technologies.

J’en reviens au « pourquoi » : pourquoi l’Afrique en est-elle toujours là après des décennies d’”aide” ?

Les conflits, si complexes et variés, que je dois évoquer brièvement en classe, forment une partie des réponses possibles. Le « dogme » du développement en est une autre. La lecture à ce sujet de Le développement, histoire d’une croyance occidentale de G. Rist (Presses universitaires de Science-Po), nous donne un éclairage, sans doute partisan, sans conteste inhabituel. Tout en gardant en éveil mon esprit critique lors de cette lecture, je comprends un peu mieux l’échec continu de tant d’efforts et de bonnes volontés.

Pour poursuivre ce travail de démolition des préjugés, j’ai particulièrement aimé le petit livre d’Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde diplomatique, au titre provocant : l’Afrique au secours de l’Occident. C’est un complet renversement de paradigme qu’elle nous propose : un Occident en crise, dont les solutions seraient à chercher en Afrique. Cela fait rêver, et pourtant ce n’est pas de la politique-fiction, juste une autre manière de considérer le monde.

Mais il s’agit là encore de la parole d’une occidentale, certes amoureuse du continent.

Dans l’expo (et sur le site correspondant), je peux écouter directement des intellectuels africains tels que Alioune B. Camara, Bonaventure Mvé-Ondo ou John Kilama expliquer ce qu’ils envisagent pour leur continent.

 
 Interview de John Kilama [4:53m]: Lire | Lire en Popup | Télécharger (221)

Vous pouvez retrouver les autres interviews sur le site de Science actualités.

Je vous invite aussi à lire un petit livre d’Aminata Traoré, femme politique et écrivain malienne, Le viol de l’imaginaire. Evidemment engagée, Aminata Traoré y décrit la contagion de la pensée occidentale dans la culture africaine, les conséquences néfastes, et appelle à un réveil des consciences africaines.
J’en choisirai quelques extraits pour accompagner ma prochaine séquence sur l’Afrique, en complément d’une visite de l’expo ou d’un travail sur le dossier internet. Vous pouvez télécharger ci-dessous le plan envisagé pour cette séquence.

Projet de séquence sur les Afriques

7 reponses à “Pour voir autrement les Afriques”

  1. Au sujet de l’instituteur de berlemont et du fils du gendarme : si le fils du gendarme avait été “mieux élevé” il n’aurait pas fait cette réflexion de “connard” à son professeur ! et le père a profité de sa position de gendarme. Si un père d’élève lambda était venu à la gendarmerie porter plainte, le gendarme l’aurait éconduit.

    Voila je soutiens le professeur.

  2. l’Afrique, belle Afrique.
    Les pays riches la gardent bien au chaud.
    “On ne sait jamais cela peut servir” pensent ils…
    Quant aux dirigents Africains, aucune pudeur tout comme les occidentaux.
    La devise de l’être humain “Moi ça va… Les autres se débrouillent”. Grave erreur.
    Tout comme les employés de banque, petit sourire ironique sur les petits porteurs, VOILA OU NOUS EN SOMMES.
    Qui sème le vent récolte la tempête.
    Soyons prudents, repasser votre propre vie, vous verrez, il y a toujours le revers de la médaille.

  3. tiens! voilà un blog qui me plaît bien !
    Pour les gens que cela interesserait je suis PP d’une 5ème et nous sommes actifs dans un jumelage avec un collège béninois. nous avons aussi un blog et je donne le lien. Si d’autres collégiens nous lisent et nous répondent cela peut être intéressant.
    Le propos était de communiquer avec nos correspondants au Bénin mais Internet n’arrive pas chez notre collège jumeau, malheureusement.
    http://clubpobecreteil-clubpobecreteil.blogspot.com/search?updated-min=2009-01-01T00%3A00%3A00%2B01%3A00&updated-max=2010-01-01T00%3A00%3A00%2B01%3A00&max-results=17

  4. […] Les élèves des classes de 5° du Collège Simone de Beauvoir , sous la direction de leur professeur de SVT, Miriam Panigel , avaient eux, mis en scène, ma dixième lettre d’Afrique, intitulée “La-flûte-à-parler “. Le thème de l’eau y est en effet important. L’histoire commence à un feu rouge de Ouagadougou. Il fait très chaud. On attend la pluie qui ne vient pas. Tout est sec. Il faut qu’il pleuve pour le mil à venir. L’attente est insupportable. L’eau. On implore le ciel pour que l’eau inonde les rues…Et voilà qu’un joueur de flûte, invoque la pluie bienfaisante par la grâce de ses notes…Et miracle, il pleut. Et c’est le début de la saison des pluies au S

  5. Cerutca is fine… Thanks this post/13.01.2011 18:28:28

  6. Super article,Merci

  7. Would you be interested in exchanging links?

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