De quoi s’agit-il ?
Pour communiquer, il y a les mots bien sûr mais aussi les mains, les mimiques, la posture, l’expression du visage. Le cinéma muet et les haka, ces danses rituelles maoris qu’exécutent les rugbymen néo-zélandais avant les matchs, entrent dans la catégorie des communications non verbales. L’habillement, le regard, la poignée de main tout comme les signes des opérateurs boursiers sont les messages sans paroles.
Attention cependant, si le non-verbal nous donne des clefs pour comprendre ce qui se cache derrière les mots, il ne faut pas oublier que l’habit ne fait pas le moine et qu’il faut se méfier des préjugés et des malentendus qui peuvent découler d’une trop grande importance accordée à l’apparence.
Des gestes à la place des mots
Tous les enfants, sourds ou non, prononcent ou forment leurs premiers mots pour désigner les mêmes objets, preuve qu’ils poursuivent les mêmes buts, nommer, réclamer, questionner. En effet, l’apprentissage d’un langage quel qu’il soit, verbal ou gestuel, met en œuvre un mécanisme unique.
Les sourds recourent aux gestes pour communiquer et utilisent un véritable langage régit par des règles. À chaque langue parlée correspond une langue des signes et on en recense aujourd’hui 121. Elles utilisent une série de configurations dans lesquelles plusieurs paramètres déterminent une unité de sens : la forme adoptée par la main, le mouvement que celle-ci effectue et la place qu’elle occupe par rapport au corps et des expressions faciales.
La langue des signes est une langue à part entière qui correspond à la définition que donnent les linguistes : système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus.
La Langue des signes française : dictionnaire 1 200 signes, Monica Companys
Une langue adaptée aux tout-petits ?
La langue des signes est une langue comme les autres. Entre gens qui entendent normalement, son usage est enrichissant au même titre que celui de n’importe quelle langue étrangère et même un bébé peut l’apprendre.
La langue des signes avant la parole ?
Certaines mamans, impatientes d’échanger avec leurs bébés, voient dans la langue des signes une sorte de pré langage utilisable avant l’âge de la parole. L’enfant comprendrait certains signes et saurait même les employer avant de pouvoir articuler un mot. La communication s’en trouverait facilitée et bien des colères seraient évitées si, en effet, un geste de l’enfant pouvait renseigner sa mère et lui faire comprendre qu’une gorgée de lait apaiserait son petit. Ce langage secret renforcerait la relation parent enfant. De toutes façons, cette démarche a l’intérêt de permettre à des non sourds de communiquer avec ceux qui n’entendent pas.
Apprendre la langue des signes tous ensemble
Vers 8-12 mois, les enfants communiquent naturellement par des mimiques, un petit geste de la main signifie au revoir. C’est un bon moment pour les familiariser avec la langue des signes et leur apprendre les gestes qui expriment leurs besoins manger, dormir, s’amuser, sortir. Faute de mot, un signe leur permettra de dire qu’ils ont mal.
Bien sûr, l’apprentissage est possible à tout âge comme celui de n’importe quelle langue vivante, c’est un exercice stimulant et amusant.
En Amérique du Nord, existent des ateliers Babysigns et un livre sur le sujet. En France se développent sur le même modèle les ateliers Signe avec moi.
Sources :
Nathanaëlle Bouhier-Charles, Signe avec moi, 2005, Editions Monica Companys
www.signeavecmoi.com
La communication non-verbale dans le thème Je sais faire
Un multimédia intitulé Images sans parole propose à l’enfant de reconnaître l’objet évoqué par les gestes d’un comédien.
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