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Extraits d’articles et de commentaires sur Gaëtan de Rosnay


Extraits d’articles et de commentaires sur Gaëtan de Rosnay

Pour un récapitulatif, voir le livre de Roger Bouillot (« Gaëtan de Rosnay, la marche à la lumière », Editions de la revue moderne, 1985)
Autre récapitulatif dans l'entretien qu'il a accordé Guy Vignoht le 9 septembre 1983.
cf « La jeune peinture (1941-1961)», Editions Collection Terre des Peintres 1985

Article de Sylvie France (1949)
« G de Rosnay ce peintre de la lointaine Ile Maurice si chère aux âmes françaises expose à la Galerie Roux Hentschel quelques compositions et natures mortes. Peintre de la joie, ardent dans dans la splendeur de ses blancs ou verts animés de rouges violents, de Rosnay a un talent solide. Ses toiles vivent et vibrent. Si son art est violent, sa technique est basée sur une expression de solide conscience. Ses peintures respirent le soleil, la vie, le métier. Un véritable métier d'homme, même s'il n'est pas encore affirmé. Sa palette est source de joie. J'ai surtout admiré ses remarquables natures mortes dans lesquelles de Rosnay met plus que son âme, il y met du lyrisme. »

Le Figaro, 17 avril 1958, signé Raymond Cogniat
 « Il y a eu chez Lorenceau (rue La Boëtie) l'exposition de Rosnay qui essaye d'échapper à ses formules, de ne pas se limiter à son dessin rugueux et appuyé, d'éclaircir sa palette, d'enrichir sa couleur. L'austérité se voudrait moins sévère. On le sent engagé dans une nouvelle expérience sans qu'on puisse savoir ce qu'il en tirera, mais ce devoir d'échapper est un fort bon signe.»

Journal du Dimanche, 16 mars 1958, signé J.P Crespelle »
"Gaëtan de Rosnay comme Gallard est un linéaire, mais il joue sur un tout autre registre, plus proche de Carzou que de Lorjou. Il a ramené de la Côte Basque et de l' Ile Maurice où il est né des paysans descriptifs qui plaisent par leur caractère poétique. Il ne s'agit d'ailleurs pas de poésie facile, car Rosnay recherche souvent des effets acides : verts Véronèse, jaunes de chrome clairs, rehaussés toutefois par les lignes noires du graphisme. S'il n'y a pas le rêve et le mystère d'un Carzou dans sa peinture, on y trouve une poésie faite de jeunesse et de fraîcheur. »

« Le Peintre », Y. Blignéin, 15 octobre 1952
Article sur le Salon des Tuileries » Ce salon serait incomplet si les jeunes n'avaient pas leur part. Dans une réalité prenante, l'oeuvre de Rosnay respire la nostalgie. Son modèle, une pauvre négresse est disséqué par un pinceau en forme de scalpel.»

« Le Peintre », J. Chabanon, 15 décembre 1955
Sur la première expo personnelle de G de Rosnay Galerie Suillerot à Paris.
Galerie Suillerot, 8 rue d'Argenson, Paris 8ème, 7-20 décembre 1955

« G de Rosnay occupe dans l'art contemporain une place à part. Non qu'il se distingue de ses confrères par d'étranges inventions, il est un peintre classique qui ne renie aucunement la leçon des anciens et compose ses tableaux selon des règles éprouvées par les siècles. Mais il se singularise par un faire et un esprit qui n'appartiennent qu'à lui. Il possède un vocabulaire très étendu constitué de mots brefs et précis. Ces mots-là prennent corps par des touches incisives, chargées d'un juste poids de matériau, d'un juste poids de couleurs Ils décrivent un feuillage que le vent agite ou que la chaleur immobilise. Ils notent la valeur d'une récolte qui est faite de blé et de travail. Les phrases et les chapitres des toiles, l'univers qui se contemplent et se livrent sont ponctués par des affirmations graphiques le plus souvent à base de noir. Ce noir par contraste souligne les créations coloristes d'une palette sobre faite de terre et d'ocre, de gris et d'orangé où le bleu est distribué comme une récompense. De Rosnay crée un univers où l'homme est à la terre par des racines plus proprement nommées ancêtres. Ces êtres ne sont pas par accident habitants de la campagne ou d'une lointaine région. Ils sont issus du sol sur lequel ils vivent. Ils sont imprégnés d'un sentiment de noblesse propre aux paysans qui savent ce que ciel et labeur veulent dire, ce que marée et vent signifient lorsque de Rosnay a choisi des sujets dans le monde de la mer. Très belle exposition où chaque touche porte comme une signature.

20 décembre 1955 signé Raymond Cogniat
« Une force indéniable ressort de cette peinture tranquille. Elle veut traduire un des aspects les moins spectaculaires du monde moderne : son aspect ingrat. Aspect ingrat qui le rattache à la vie éternelle de l'homme et de la nature. »

« Libération », Guy Dornand, 27 mars 1958 
« G de Rosnay avant hier acquis à un réalisme vigoureux, mais un peu sec est maintenant dans l'expression d'une écriture solide, mais qu'il enrobe dans les souples richesses nuancées d'une pâte généreuse (sans excès abusif). Il en résulte de séduisantes natures mortes et des paysages imprégnés de tendresse

«Le Peintre», J. Chabanon.
« Les peintures récentes de Rosnay sont les beaux terrains d'un renouveau chez cet artiste qui tout en restant fidèle à lui-même affine sa manière en acérant un graphisme qui lui est propre;  en donnant aussi plus de légèreté à son matériau, cela sans nuire à cet expressionnisme que j'ose appeler « distingué», donc sans outrance linéaire ou coloristique. Ses peintures issues de la Côte Basque et de l'Ile Maurice sont descriptives. Elles disent le caractère et la constitution des sites. Elles ne se bornent pas à de vagues invocations. La rigueur de leur campement, la fermeté de la touche, le noir du graphisme qui « chauffe» par contraste la tonalité générale sont les éléments les plus marquants d'un style porteur de beaucoup d'originalité et toujours naturel. » 

L' Echo de la finance, 8 juillet 1966, signé par Edith Richaud et Françoise Allégrier
« G. de Rosnay est né à l'Ile Maurice. Après avoir fait ses études en France, il retourne dans son pays natal et consacre ses heures de liberté et de détente à son violon d' Ingres : la peinture. Malheureusement, livré à lui-même et dépourvu de tout conseil qui lui aurait épargné bien des recherches purement techniques, en 1939 il décide de se consacrer entièrement à son art et regagne la France. C'est avec le Salon des Moins de Trente Ans en 1943 que l'oeuvre de Rosnay continue à se développer ainsi qu'au Salon des Tuileries, des Indépendants, d'Automne et de la Jeune Peinture dont il est le fondateur. Vers 1946 il fait partie du groupe nommé par la critique " le Misérabilisme " composé de Bernard Buffet, André Minaux, Jansem, Aïzpiri et Verdier. Ensemble ils exposent dans diverses galeries parisiennes. Il fut sélectionné à plusieurs reprises pour concourir aux différents prix s'adressant à la jeune peinture, et ainsi il obtint une récompense au prix Drouant-David et au prix Antral en 1952, ainsi que celui de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1957. 

G de Rosnay a bien souvent exposé en province et à l'étranger principalement à Lisbonne et à Tokyo. Certaines de ses oeuvres ont été acquises par l'Etat. On les trouve au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Rosnay n'a pour ainsi dire pas changé de style et de technique depuis dix ans. Il trouve son inspiration dans la nature: paysages de l' Ile Maurice, fermiers basques, poissons tropicaux, femmes lavant dans la rivière. Toutes ces scènes développèrent son inspiration et touchèrent sa sensibilité. C'est grâce à son talent pour marier les couleurs qu'i fit ressortir la beauté, la tranquillité et la sérénité. Dans ses oeuvres G. de Rosnay ne cherche pas à démontrer ou à prouver quelque chose, mais il cherche seulement à agrandir notre intelligence et nos sentiments. 

Parmi ses oeuvres principales on peut citer: "les Laveuses mauriciennes", "le Paysage du Midi", "les Vendangeuses", "Poissons et Coraux", " Attelage basque". Les plus récentes sont " Amour", "la Grève", " la Musique"...De Rosnay a été influencé par les teintes vives, les jaunes, les oranges depuis qu'il a fait des voyages aux tropiques, alors qu'autrefois ses peintures étaient plutôt sombres et dominées par le gris. Maintenant il recherche les taches de lumière, l'éclat des couleurs par des bleus vert, des verts soutenus. Ses personnages sont généralement flous, estompés, s'effaçant afin de mieux faire ressortir les teintes qui donnent toute l'expression à ses tableaux. Il faut signaler en outre ses lithographies, ses sérigraphies et ses aquarelles qui représentent le plus souvent des paysages de montagne formant une parfaite harmonie due à l'emploi surtout des blancs. Nous ne terminons pas sans ajouter que de Rosnay a dessiné récemment les décors et les costumes pour la pièce d'Albert Camus " les Justes" au théâtre Hébertot à Paris. »
 

Exemples de témoignages :

Edgar Morin, sociologue, écrivain :
« Ce que j’aime chez Gaëtan de Rosnay, c’est son monde lumineux et nocturne à la fois, le mystère infini des visages dont le dessin précis surgit sur des couleurs sans frontières.
Il m’illumine, me trouble et m’émeut »

Jean Carzou, Membre de l’Institut
« Gaëtan de Rosnay fut au temps du « Misérabilisme », l’un des principaux animateurs de la « Jeune Peinture ».
Depuis une quinzaine d’années, sa palette s’est lumineusement épanouie, et sa peinture est un solide jaillissement de couleurs qui chante la vie… »

Malcolm de Chazal, peintre et poète de l’Ile Maurice :
« Il cherche le geste génésique et, curieuse chose, telle ses toiles est plus lumineuse dans l’ombre qu’en plaine lumière.
C’est l’inverse de tous les procédés connus. Aussi mon ami est-il un précurseur. Il croit qu’il est expressionniste, mais il est mieux que cela. Son art est celui-là même qui du fantôme passe à la forme, s’étirant hors de la nuit cosmique ».

Loys Masson, (Préface à l’exposition de 1946)
« Je viens par un seul mot de caractériser cette peinture : elle est vivante. Ces tableaux respirent, non pas comme des hommes, des femmes, des fleurs, des paysages ordinaires ; mais comme des hommes, des femmes, des fleurs et des paysages touchés par la magie de l’art véritable, c’est-à-dire rendus à leurs visages primitifs, repris par la création, de nouveau en fusion, riches de tous les appel…
Un écrivain, depuis passé à la trahison, disait un jour qu’il avait mis son talent dans ses livres et son génie dans sa vie (…), de Rosnay, lui, a placé sa fierté d’homme dans sa peinture, et toute sa vie avec.
On parlera de lui, on n’en reparlera. - Et on aura raison. »
 
 
 

 

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© Joël de Rosnay 1994 -