Tous publics

Nous avons le sentiment d’entrer dans l’ère de la post-vérité. Assistons-nous à une mutation générale, où se perdent les valeurs universelles et la raison ? Vivons-nous une crise de légitimité des élites politiques, médiatiques et intellectuelles ? Quel est le rôle de l’internet et des réseaux sociaux ?
Ce colloque est l’occasion de rechercher les solutions possibles pour affaiblir les logiques du soupçon et du mensonge. L’évocation d’expériences concrètes alimentera la réflexion.

Colloque organisé sous la responsabilité scientifique de Michel Wieviorka, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), directeur d'études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Modération des tables rondes du colloque : Didier Pourquery, directeur de la rédaction, The Conversation France.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux : #colloquepostverite

 

Jeudi 7 février à 19h - Soirée d'ouverture

Accueil à partir de 18h30

19h - Mot de bienvenue
par Bruno Maquart, président d’Universcience,

Ouverture du colloque
par Michel Wieviorka, président de la FMSH et directeur d’études à l’EHESS,

Intervention pré-enregistrée d’Edgar Morin, sociologue, CNRS,

Intervention de Jean-Marie Cavada, journaliste et député européen : « Périclès ou Tocqueville ? Transformation ou péril en la démocratie ? »,

Table ronde avec :
Jean-Marie Cavada ; Myriam Revault d’Allonnes, philosophe,  École pratique des hautes études (EPHE), chercheuse associée au CEVIPOF, Sciences Po ; Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, chercheuse associée, université Paris VII-Diderot ; Michel Wieviorka.

 

 

Vendredi 8 février à 10h

9h30 - Accueil

10h - Introduction au colloque par Michel Wieviorka, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme, directeur d'études à l’EHESS.

Quels biais cognitifs à l’œuvre ?

10h20 - Vérité et modernité sorcière, entre Afrique et Occident
Jean-Pierre Dozon, directeur de recherche émérite de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), directeur d’études à l’EHESS, vice-président de la FMSH en charge des programmes scientifiques.

La sorcellerie est loin de constituer un phénomène archaïque ou propre à une Afrique traditionnelle. Elle fournit des explications aux discontinuités de la vie ordinaire à partir d’une arrière-scène, que donnent de plus en plus à voir quantité de fictions. Par ses procédés de dédoublement du réel, elle constitue un bon modèle de théorie de complot ou de mise en cause des vérités établies par la science ou délivrées par les autorités politiques ou les médias. Car elle est particulièrement adaptée à un monde qui génère, sans en rendre compte, des inégalités ou des écarts de mode de vie croissants entre les humains.

10h40 : Discussion avec le public

Éduquer ou légiférer ?

11h15 - L’éducation aux médias et à l’information numérique : le meilleur filtre ?
Divina Frau-Meigs, professeure, sociologue des médias, membre du groupe d’experts de haut niveau de l’Union Européenne sur la désinformation,  co-présidente du chapitre Europe de l’Alliance globale des partenaires en éducation aux médias et à l’information (GAPMIL), présidente de Savoir*Devenir.

L’éducation aux médias et à l’information (Emi) est l’une des solutions proposées aux acteurs qui se préoccupent des désordres de l’information en ligne. Elle transmettrait de nouvelles littératies indispensables aux citoyens du numérique, adossées aux sciences cognitives, aux sciences de l’information et aux humanités numériques. Toutefois, elle manque encore de contenus spécifiques, de financement dédié, de formation diplômante des professionnels, ... En bref, d’une réelle volonté politique.

11h40 - Une révolution pédagogique contre la démocratie des crédules
Gérald Bronner, professeur de sociologie, membre de l'Académie des technologies, membre de l'Académie nationale de médecine.

Les plus jeunes s’informent essentiellement sur Internet qui véhicule toutes sortes d’idées fausses et joue un rôle dans les processus de radicalisation. Face à cette situation, il faut répondre par une révolution pédagogique qui s’inspirerait de ce que nous savons de la cognition humaine afin de rendre les jeunes esprits en formation autonomes face à cet océan de données.

12h : Discussion avec le public

 

Vendredi 8 février à 14h

Les sciences à l’épreuve

14h – Difficile vérité à l’heure de la post-vérité : quelle posture pour les scientifiques ?
Jean-Gabriel Ganascia, professeur à la faculté des sciences de Sorbonne-Université, directeur de l’équipe « Agents cognitifs et apprentissage symbolique automatique » du Laboratoire d’informatique de Paris VI (LIP6), président du Comité d’éthique du CNRS.

La situation est difficile pour les scientifiques. D’un côté, le savoir qu’ils ont accumulé apparaît crucial pour la conduite des affaires du monde, et il est de leur devoir de porter les résultats qu’ils ont obtenus à la connaissance du plus grand nombre. De l’autre, des acteurs les somment de douter, au nom de la nécessaire défiance du scientifique vis-à-vis de toute évidence, et les contredisent en invoquant des théories ne reposant sur aucun fondement. Comment alors assumer ce devoir d’information qui incombe au scientifique ? Comment réfuter les arguments contraires, sans adopter une posture d’autorité que la société n’accepte plus et en continuant d’accueillir la controverse, indispensable à la communauté scientifique ? Nous ferons état des réflexions poursuivies au sein du Comets (Comité d’éthique du CNRS) et proposerons une analyse en ayant recours au concept de “sousveillance” et à sa généralisation à l’ensemble de la sphère sociale.

14h20 – Complots et fake news sur les réseaux sociaux : le cas d’Ebola
Laëtitia Atlani-Duault, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD, directrice du Collège d'études mondiales de la FMSH, et Arnaud Mercier, professeur en Information-Communication à l'université Paris II-Assas, directeur des études de l’Institut français de presse, et président de l’association The Conversation France.

Depuis une dizaine d’années, le public préfère s’informer par les réseaux socionumériques plutôt que par la production journalistique et médiatique de l’information. Ces nouveaux usages, couplés aux modalités sociales d’appropriation de ces réseaux et au travail des algorithmes, favorisent la circulation de propos dénonciateurs reposant souvent sur des fake news et des complots. Notre recherche sur l’épidémie d’Ebola lors de la crise de 2014-2015 en révèle certains mécanismes.

14h45 : Discussion avec le public

 

Vendredi 8 février à 16h

L’information au temps de la désinformation

15h30 - L’impact de l'architecture du web sur la circulation des fake news
Francesca Musiani, chargée de recherche au CNRS, directrice adjointe du Centre Internet et Société du CNRS (UPR2000) et chercheuse associée au CSI (i3-MINES ParisTech).

Une réflexion sur le modèle économique des grandes plateformes centralisées, ainsi que sur les infrastructures et les architectures techniques qui les sous-tendent, est nécessaire pour lutter contre la propagation en ligne des fausses informations. Cette intervention propose un aperçu de ce monde discret mais omniprésent, et propose quelques pistes de solutions possibles aux causes « systémiques » de la propagation d’infox.

 

15h50 – Aux sources de l’infox : de  nouveaux métiers précaires
Antonio Casilli, sociologue spécialiste des réseaux sociaux, maître de conférences à Télécom ParisTech et chercheur associé à l’EHESS.

La précarisation des métiers de l’écriture pousse les aspirants journalistes à proposer leur force de travail rédactionnelle sur des plateformes numériques d’offre de services (les “moulins à contenu”) contre paiements minimes. Parallèlement, les réseaux socionumériques utilisent des petites mains pour produire trafic, clics et contenus, ces micro-tâches n’étant rémunérées que par des micro-paiements dans les “fermes à clics”. Lorsqu’un client (entreprise, personnalité politique) a besoin de faire passer un message, il fait appel à ces deux types de services, et la propagation virale se met en branle.

16h15 –  Journalisme de données et vérification automatique : ce que l'informatique (ne) peut (pas) faire
Ioana Manolescu, directrice de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), centre de Saclay–Île-de-France, responsable de l’équipe CEDAR (Analyse et traitement de données complexes à grande échelle).

Si elle n’est pas nouvelle, la prolifération des fausses nouvelles présente une menace pour le bon fonctionnement démocratique. Dans ce contexte, des médias tentent d’apporter un éclairage, notamment par des techniques de vérification des affirmations avancées dans l’espace public, réel ou virtuel. Dans le projet ANR ContentCheck, des informaticiens experts en bases de données, traitement automatique de texte et représentation de connaissances, collaborent depuis quelques années avec des journalistes spécialisés dans le fact-checking. Leur objectif est d’élaborer des outils et méthodes permettant d’automatiser une partie des vérifications.

16h35 – Pour un Pacte sur l'information et la démocratie
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Comment, dans la jungle informationnelle, peut-on construire un espace de la communication et de l’information où la liberté d’opinion est garantie ? Reporters sans frontières (RSF) est à l’initiative d’un projet d’un Pacte international sur l’information et la démocratie.

17h - Discussion avec le public

17h30 - Clôture : Intervention de Monsieur Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique.

18h - Fin du colloque

Tous publics

 

Le colloque est co-organisé avec :

Fondation Maison des sciences de l'homme (nouvelle fenêtre)
Tous publics

 

Avec le soutien de :

POUR LA SCIENCE (nouvelle fenêtre)
THE CONVERSATION (nouvelle fenêtre)
Tous publics

 

Et aussi, visionnez la série "Data Science vs Fake"

Déforestation, sida, espérance de vie, cerveau, croyance sur le genre,...
En 20 épisodes, la série « Data Science vs Fake » déconstruit les rumeurs et contre-vérités  en donnant à voir les chiffres, au pixel près.

Voir la série