Un vrai sous-marin de chasse des années 50 qui se visite !

En plein Paris, venez découvrir en famille les conditions de vie à bord d'un sous-marin.

L'Argonaute est un bâtiment musée qui a accosté dans le Parc de la Villette en 1989. Sa visite audio-guidée vous permet d'appréhender la vie quotidienne d'un équipage de 40 hommes. À l’intérieur, des installations décoratives et des photos de l’époque permettent à chacun de s’imaginer en sous-marinier.

Grâce à cette visite, le monde des sous-mariniers n’aura presque plus de secret pour vous. En particulier, vous apprendrez ce qu’est le régime de la « bannette chaude », découvrirez la complexité technique d’un tel  bâtiment et comprendrez pourquoi l’Argonaute a pu être un remarquable agent de renseignements et d’opérations spéciales.

La nouvelle exposition « Sous l’océan » complète la visite du sous-marin.

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© Nicolas Breton / EPPDCSI

L’Argonaute en chiffres

  • Mise en service de 1958 à 1982
  • Profondeur de plongée : 200 mètres
  • Propulsion : diesel-électrique
  • Puissance du moteur : 1 800 chevaux
  • Longueur : 50 mètres
  • Déplacement : 400 tonnes
  • Vitesse de pointe : 16 nœuds en plongée, soit 30 km/h
  • Equipage : 40 personnes
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© Ph. Levy / EPPDCSI

Fiche technique de l’Argonaute

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© Ph. Levy / EPPDCSI

L’autonomie d’un sous-marin diesel en plongée dépend de la capacité de ses batteries. Tout marche à l’électricité mais c’est la propulsion qui consomme le plus. L’Argonaute filait à la vitesse de 14 nœuds (environ 27km/h) pendant une heure et parcourait 150 milles (270 km) en 33 heures. Il pouvait plonger pendant plusieurs heures à très faible vitesse et en économisant le maximum d’électricité.

La coque et les panneaux utiles au passage des hommes et des matériels doivent résister à la pression de l’eau que le sous-marin subit en immersion. Afin d’éviter des déformations, la coque, de section circulaire, est réalisée dans des aciers spéciaux à haute limite élastique de plusieurs centimètres d’épaisseur.

L’eau exerce une pression de 1 kg par cm2 à 10 m d’immersion. Le panneau de l’Argonaute subit ainsi une poussée de 56,5 tonnes à 22 m d’immersion.

Le périscope est un mât télescopique qui permet de voir au-dessus de la surface lorsque le sous-marin navigue à faible immersion. Avec les antennes et les détecteurs de radar, il est essentiel dans le dispositif de sécurité du sous-marin. Le tube optique disparaît aujourd’hui au profit des mâts optroniques, qui contiennent des caméras numériques haute définition et infrarouges.

Son arrivée à La Villette : une sacrée aventure !

En 1984, Charles Hernu, alors ministre de la défense, confie l’Argonaute à l'association des « Amis du musée de la mer pour l'Atlantique » dans un but de sauvegarde. Lorsque décision est prise de l’installer à la Cité des sciences et de l’industrie, il faut organiser sa venue, qui n’est pas une mince affaire !

Situé à Toulon, le sous-marin est transporté sur une barge longue de 94 m, elle-même tirée par un remorqueur, qui arrive au Havre trois semaines plus tard, puis remonte la Seine jusqu’à Gennevilliers où l’on adjoint une douzaine de ballons flotteurs pour lui procurer un tirant d’eau de 3 mètres. Le plus délicat reste à faire lorsqu’arrivé au canal Saint-Denis, il faut franchir les sept écluses puis surtout, le hisser à terre à La Villette. Pour ce faire, il a fallu creuser une fosse, installer deux énormes bigues sur le quai, le sortir de l’eau, le faire rouler sur 400 m sur un charriot de 96 roues, et enfin le déposer sur deux blocs de béton.

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© Amerami