Et à l’école ?...
Que se passe-t-il dans la classe et dans la cours de récréation ? Des professionnels vous en disent plus.

Histoires de craies Vidéo, 1 min 17 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"Histoires de craies" Enfant 1.
-Jaune !
Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-C'est intéressant de voir qu'au départ il y a l'initiative d'une maîtresse, qui a distribué les craies, apparemment, et qui propose quelque chose aux enfants, puis très vite, on voit comment les enfants s'approprient l'activité.
Ils vont non seulement développer quelque chose de physique, sauter dans ces ronds qu'ils ont faits, mais aussi à cela va s'ajouter une histoire qu'ils vont raconter.
Enfant 2.
-Voilà, j'ai rentré là-dedans la clé.
Maintenant, c'est le coffre, et puis ça, c'est : je prends la clé pour l'ouvrir.
Et puis après je peux aller quelque part d'autre.
Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-Malgré tout, ce n'est pas à partir de rien, il me semble qu'on peut dire qu'il y a une sorte de culture enfantine, de culture ludique qui constitue comme un patrimoine pour les enfants, et les enfants piochent dedans pour inventer leurs histoires.
Et finalement, l'enfant n'invente pas tout à fait à partir de rien.
Il prend dans ce patrimoine et il propose aux autres quelque chose.
Et si ce qu'il propose est intéressant, alors il deviendra meneur de ce jeu.

La récré Vidéo, 1 min 17 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"La récré" Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-Jouer, ce n'est pas seulement se dépenser physiquement sur un petit vélo ou une structure, c'est aussi ajouter à cette dimension physique le fait de faire ensemble, et souvent le fait d'inventer une histoire, qui va structurer le jeu.
Certains enfants peuvent rester tout seuls et être attirés par les autres enfants qui sont déjà ensemble, et qui ont un plaisir, parce qu'ils ont trouvé ce plaisir de faire ensemble, de suivre une histoire qu'ils ont inventée.
Ils cherchent alors à se faire accepter dans un groupe.
Et se faire accepter dans un groupe, c'est développer des compétences de sociabilité, on pourrait dire.
L'adulte propose des structures ludiques, mais ensuite tout reste à faire, parce qu'il faut arriver à jouer ensemble, puis à trouver des histoires, à créer des scénarios qui vont apporter le plaisir ludique.

Le jeu de la maîtresse Vidéo, 1 min 35 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"Le jeu de la maîtresse" Première fillette.
-Amandine !
Deuxième fillette.
-Amandine !
Où elle est ?
Première fillette.
-Surveillez les autres.
Troisième fillette.
-Je vais le dire à la maîtresse.
Je vais le dire à la maîtresse !
Première fillette.
-Hé !
Asseyez-vous !
Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-Celle qui joue la maîtresse en a vraiment emprunté les codes gestuels.
Elle est debout, frappe dans les mains, hausse la voix, elle est bien droite, elle est autoritaire.
Première fillette.
-C'est pas la peine de se bagarrer !
Maintenant, cher groupe, je vous donne des instructions.
Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-Ce n'est pas la plus grande qui joue la maîtresse.
Donc, être chef, c'est plutôt avoir l'autorité, savoir inventer le jeu, distribuer les rôles, pas être la plus grande.
Finalement, on voit qu'elle avait prévu un scénario, mais le scénario se trouve transformé par un imprévu.
Elle ne s'y oppose pas, comme si elle était prête à accueillir une autre histoire.
Malgré tout, il y a un renversement des rôles.
Elle n'est plus leader.
En tout cas, les enjeux de pouvoir sont compliqués et être chef est quelque chose qui se travaille, non seulement qui se gagne, mais qu'on doit pouvoir conserver.

Le jeu des pompiers Vidéo, 1 min 33 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"Le jeu des pompiers" Premier enfant.
-Il faut aller jusque là-bas.
Mireille Michels, directrice d'école maternelle.
-Je disais tout à l'heure que le vivre-ensemble était un des principaux objectifs de l'école maternelle.
Chaque activité apporte une compétence du vivre-ensemble différente selon l'activité, selon qu'elle soit dans le grand groupe, comme avec la chaîne des pompiers, lorsqu'ils doivent faire attention à la passation de la petite assiette remplie d'eau de l'un à l'autre.
Deuxième enfant.
-Recommence encore.
Mireille Michels, directrice d'école maternelle.
-On apprend à communiquer et à négocier plutôt qu'à imposer de manière agressive et impulsive sa volonté aux autres.
Systématiquement, en maternelle, c'est très révélateur, le vivre-ensemble sous-tend toujours la relation dans l'échange et l'activité proposée, quel que soit le domaine de compétences.

La planche à roulettes Vidéo, 1 min 20 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"La planche à roulettes" Marie-Luce Gibello, psychologue, psychothérapeute.
-On les voit sur leurs planches, qui rient ou qui jouent.
Il y a un accord infra-verbal extrêmement rapide entre les enfants.
C'est le propre des enfants de cet âge-là.
Ils sont encore très peu individués, donc vous avez des phénomènes de communication quasiment d'inconscient à inconscient.
L'un a une idée, et l'autre la reprend immédiatement, ils s'ajustent très vite.
C'est ça le plaisir du jeu, mais c'est aussi ça qui, secondairement, à plus long terme, va permettre la coopération que l'institutrice recherchait, à un niveau très pragmatique.
Ce sont des mini-apprentissages, des micro-apprentissages tous azimuts.
Là aussi, dans cet apprentissage de comment manier l'attelage, il y a à la fois la découverte qu'en mettant une ficelle on peut mieux tirer, mais qu'en mettant une ficelle trop longue, c'est beaucoup plus dangereux, parce que la vitesse est beaucoup plus grande.
Vous avez une expérimentation de l'espace, du temps et du contrôle de la force qu'on applique aux objets.

Bande à part Vidéo, 41 sec Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"Bande à part" Enfant 1.
-Je peux jouer avec vous ?
Enfant 2, puis enfant 1.
-Non !
-S'il vous plait ?
Enfant 2.
-Demande à Emma.
Enfant 1.
-Je peux jouer, Emma ?
Emma, puis enfant 1.
-Oui.
-D'accord.
Enfant 2.
-Non !
Non !
Non !
Julie Delalande, ethnologue de l'enfance, Université de Caen.
-Dans cette séquence, on voit bien l'occupation de l'espace.
C'est très intéressant : on voit bien les filles, qui sont sur le côté, à faire leurs petites choses dans leur coin, puis les garçons, qui occupent le centre et jouent au ballon.
Elles ont ramassé quelque chose, et jouent avec leur trésor.
Ça semble être des confettis, ça aurait pu être des brindilles ou autre chose.

Les petites habitudes Vidéo, 2 min 37 Production Cité des sciences et de l’industrie 2007

"Les petites habitudes" Mireille Michels, directrice d'école maternelle.
-Vivre ensemble est un des principaux objectifs de l'école maternelle.
Quand un enfant rentre tous les matins dans la classe, le premier rituel auquel il est confronté, c'est de repérer, sur une étiquette, son prénom et de l'accrocher au tableau des présents.
Cela permet, dans la continuité, une fois que tous les enfants sont arrivés, de faire un regroupement et de voir que le groupe classe n'est pas un groupe anonyme, mais fait d'un certain nombre d'individualités.
On repère qui n'est pas là.
Les enfants.
-Vingt, vingt-et-un, vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre.
La fillette.
-Vingt-quatre.
Mireille Michels, directrice d'école maternelle.
-Juste après, suit dans ce moment collectif, un repère temporel important, qui est la reconstitution de la date.
Toujours en regroupement collectif, les enfants, par jeu d'étiquettes, reconstituent la date de la veille, la date du jour, la date du lendemain.
Toute la journée de l'écolier va se dérouler sur tous ces repères, en sachant que les repères du temps vont se superposer à ceux de l'espace.
Dans les rituels, les petits moments de partage sont extrêmement importants.
L'appropriation de toutes ces règles de vie passe par la réitération de tous ces rituels.
Se retrouver le matin autour d'un fruit à croquer, d'un verre d'eau, on voit les enfants avoir des rôles bien précis, et chacun à tour de rôle pour distribuer, mais aussi, après, aller ranger, nettoyer.
Tous ces rituels-là construisent la vie en société avec les uns et les autres.
L'institutrice.
-Par les oreilles, coco.
Par les oreilles.

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Le tournage des vidéos ci-dessous a été réalisé dans une école maternelle. Ces séquences sont commentées par des experts de la petite enfance et ont pour thème principal la socialisation de l'enfant.