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Si l’on ignore précisément depuis quand les humains utilisent le feu, on sait, grâce aux plus anciennes traces de foyer retrouvées, qu’il faisait déjà partie de la vie domestique de nos ancêtres, il y a plus de 400 000 ans. Il est probable qu’ils aient commencé à le recueillir et à s’en servir, avant même de savoir l’allumer.

Cette première partie de l’exposition s’intéresse donc à sa domestication, à sa maîtrise empirique.

Le feu sert à cuire et à conserver des aliments par séchage et fumage, à travailler le bois, l’os ou la pierre, à se défendre ou faire la guerre, et à transformer la matière. Outre la fabrication du pain et des poteries, il fait naître de nouveaux matériaux tels le plâtre, les métaux, les colles, le verre, la céramique… L’exposition raconte comment depuis la préhistoire, le feu est synonyme d’une fantastique inventivité technique.

Elle apporte aussi un éclairage sur la production et les procédés d’allumage du feu (percussion,  friction, ou d’autres procédés physico-chimiques plus récents), et montre la grande diversité de ses usages  à travers la présentation de fac-similés d’objets (éclats de silex, extrémité d’épieu, vase en argile cuite, parure de perles en cuivre, etc.).

Employé pour éclairer et chauffer, le feu joue un rôle primordial dans la socialisation et la cohésion du groupe, car il réunit et devient un lieu d’échanges et de transmission. La profusion de mythes que l’on retrouve dans toutes les civilisations atteste son importance et son caractère mystérieux. De nombreux récits racontent comment l’être humain obtient le feu : donné par un animal, une divinité, ou une femme, il peut aussi avoir été volé ou trouvé par hasard.

Symbole majeur de ce qui détruit et régénère, il véhicule des significations variées, servant parfois d’intermédiaire pour communiquer avec des dieux ou des esprits, pour éloigner la mort, favoriser la fertilité, ou purifier le corps en vue de renaître. Il est aussi la marque de l’enfer et du péché. 

Dans cette partie de l’exposition, ne manquez pas :

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© Erica Guilane-Nachez / Adobe Stock

 

  •  « Les apports du feu » : installation audiovisuelle multi-écrans
  • « Les arts du feu » : manipulation interactive illustrant l’équation matières premières + feu + savoir-faire = objet de grande technicité
  • « Le feu et ses usages dans la préhistoire » : objets facsimilés montrant les premières traces du feu dans la vie quotidienne des humains.

Écouter un des contes de l’exposition

Mythe amérindien : L’origine du feu (3 minutes 12 secondes)Ecrit et conté par Ali Merghache

Conte amérindien, Ali Merghache

En ce temps-là, chez les Indiens de Lenguas, le feu n’existait pas. On mangeait cru, on se réchauffait comme on pouvait et à la nuit tombée on n’y voyait plus rien. C’était comme ça et jamais personne ne se plaignait puisqu’on ne pouvait imaginer autre chose.
Or un jour, un chasseur de cette tribu a mis les pieds dans une forêt. Et en bon chasseur qu’il était, il a chassé. Le temps a filé et le gibier aussi, si bien qu’à la fin de la journée, il n’avait toujours pas attrapé le moindre animal. Il était fatigué et il avait faim. Alors il a posé son arc et il est allé ramasser des escargots.
Il a trouvé de ci de là des gastéropodes, des gros, des grands, des petits. Puis il s’est installé dans une clairière pour manger ses escargots... tout crus. Mais à peine a-t-il commencé à mordre dans la chair caoutchouteuse que sa mâchoire est restée grande ouverte. Là, de l’autre côté du sous-bois il a aperçu : de la fumée. Remarquez, lui ne savait pas que c’était de la fumée puisqu’il ne connaissait pas le feu.
Il pensait que c’était un drôle de nuage qui remontait vers le ciel ou bien un esprit qui sortait de la forêt.
D’un bond, il s’est levé, il a marché.
Et ses pas l’ont mené jusqu’à un arbre.
Sur cet arbre, il y avait un oiseau gigantesque.
Et croyez-moi ou pas, l’oiseau avait fait un petit feu sur lequel il faisait griller des escargots.

Lorsque le chasseur est arrivé, l’oiseau s’était envolé.
Alors l’homme a goûté. Et quand, il a porté à la bouche cet escargot que les flammes du feu avaient cuit, c’est comme si son palais venait de découvrir un trésor, un nouveau monde, quelque chose d’inimaginable.
Sans perdre une seconde, le chasseur a ramené le feu aux autres Indiens.
À partir de ce jour, plus rien ne fut comme avant. On s’est mis à cuisiner, à s’éclairer à se réchauffer. C’était une ère nouvelle qui commençait. Une révolution !
Seulement, il y en a un qui n’était pas content. C’était l’oiseau.
Tout là-haut dans le ciel, il a ouvert grand ses ailes et il a cherché. Et il a trouvé le village du chasseur. Et il a vu le feu qu’on lui avait volé.
Alors dans un battement d’ailes enragé, ses yeux ont lancé une étrange lueur.
Et on dit que c’est ainsi que sont nés la foudre et les éclairs.
Et depuis on raconte, que lorsque l’orage gronde dans le ciel, c’est que le grand oiseau est en colère après les hommes qui lui ont volé le feu.