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Titre de la question Leucoaraïose et atrophie corticale
Question On vient de diagnostiquer à ma mère âgée de 79 ans, 1 leucoaraïose grade 2 et 1 atrophie corticale prédominant au niveau temporal et fronto-insulaire avec 1 indice de Scheltens à 3 ; apparemment les 2 sont liés, est-ce 1 Alzheimer ?
Réponse

Bonjour,

On vient de diagnostiquer une leucoaraïose à votre mère et ainsi qu’une atrophie corticale. Vous souhaitez savoir si votre mère souffre d’une maladie d’Alzheimer.

Voici tout d’abord une définition de la leucoaraiose proposée par Futura-sciences, magazine scientifique en ligne :
« La leucoaraiose (ou démence vasculaire sous-corticale) est une forme de démence vasculaire, c'est-à-dire une démence associée à des lésions vasculaires cérébrales.
Symptômes de la leucoaraiose.
La leucoaraiose se manifeste à un âge avancé, et serait favorisée par l'hypertension. Elle se caractérise tout d'abord par des troubles cognitifs (perte de mémoire, difficulté à suivre un raisonnement), puis par des troubles de l'humeur. »
http://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-leucoaraiose-6944/

Pour en savoir plus sur la leucoaraïose, nous vous invitons à parcourir cet article de la revue Le Clinicien (janv.- fév. 2010 ) intitulé La leucoaraïose : plus qu’une découverte fortuite ! présenté dans le cadre d’une conférence sur le cerveau lors de l’événement « La gériatrie » à l’Université Laval (Canada).
http://www.stacommunications.com/journals/leclinicien/2010/01-JanFev-2010/Laleucoara%C3%AFose.pdf

Concernant l’atrophie cérébrale, il s’agit d’un symptôme pouvant indiquer plusieurs pathologies comme l’indique l’Encyclopédie médicale Larousse :
« Atrophie cérébrale
La diminution de volume du tissu cérébral est due à des affections dégénératives des neurones du cortex cérébral.
Ses causes sont multiples : traumatismes craniocérébraux, maladies dégénératives, artériosclérose du cerveau. Les capacités intellectuelles de l'individu diminuent, ce qui peut entraîner une démence. La maladie d'Alzheimer en est un exemple. Le scanner cérébral ou l’I.R.M. en confirment le diagnostic. Les thérapeutiques actuelles sont limitées. […]»
http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/atrophie/11419

Concernant la maladie d’Alzheimer, on peut lire sur le site de  l’Association France Alzheimer :
« Découverte en 1906 par Aloïs Alzheimer, la maladie d’Alzheimer est une affection du cerveau dite « neuro-dégénérative », c’est-à-dire qu’elle  entraîne une disparition progressive des neurones.
[…]
« D’un point de vue scientifique
La maladie d’Alzheimer résulte d’un processus pathologique spécifique  qui entraîne le développement de deux types de lésions au niveau du système nerveux central :
- les dégénérescences neurofibrillaires, il s’agit de l’apparition, au sein des neurones, d’anomalies de la protéine Tau ;
- les plaques amyloïdes ou « plaques séniles », il s’agit du dépôt, en dehors des neurones, de la protéine Béta amyloïde.
Ces lésions envahissent progressivement les différentes zones du cortex cérébral. Elles sont longtemps silencieuses puis entrainent des manifestations visibles au fur et à mesure qu’elles se multiplient et touchent des zones importantes pour le fonctionnement cérébral. »
http://www.francealzheimer.org/la-maladie-d-alzheimer/d%C3%A9finition-de-la-maladie-d-alzheimer/104

On peut lire également sur ce même site, le lien entre certaines atrophies des zones du cerveau et la maladie d’Alzheimer :
« L’imagerie cérébrale
Les techniques d’imagerie cérébrale - IRM (imagerie par résonance magnétique) et le scanner et - permettent d’observer l’aspect et le volume des structures cérébrales, mais pas encore les lésions cérébrales, microscopiques que l’on ne pourra observer qu’en faisant une biopsie l’autopsie post mortem.
Ces techniques permettaient jusqu’ici de mettre en évidence des atrophies de certaines zones du cerveau (frontale en particulier), mais aussi pour s’assurer qu’il n’existait pas d’autres pathologies (accident vasculaire cérébral, tumeurs).»
http://www.francealzheimer.org/sympt%C3%B4mes-et-diagnostic/le-diagnostic/189

On peut donc retenir que la leucoaraïose est une démence d’origine vasculaire alors que la maladie d’Alzheimer relève d’un processus neurodégénératif (altération des cellules nerveuses) mais comme il est précisé dans cet article de l’Académie de médecine, ces pathologies peuvent être liées :
« Les concepts de démence dégénérative type Alzheimer et de démence vasculaire pourraient paraître simples, la perte neuronale qui sous-tend la démence étant primitive dans le premier cas et secondaire à une atteinte vasculaire dans le deuxième. Ce serait toutefois oublier que d’une part affections dégénératives et affections vasculaires cérébrales sont toutes deux à la fois fréquentes et liées à l’âge, donc souvent associées, et que, d’autre part, les neurones, les cellules gliales et les vaisseaux cérébraux — collectivement réunis au niveau de l’unité neuro-vasculaire — sont indissociables. En effet, cette unité neuro-vasculaire, qui est impliquée dans le maintien de l’homéostasie au niveau microenvironnement au sein du tissu cérébral apparaît profondément altérée dans sa structure et sa fonction, non seulement dans les DV mais aussi dans la MA [4-6]. Il résulte de ces deux facteurs une intrication entre altérations neuronales primitives et secondaires à l’atteinte vasculaire aboutissant à une démence qualifiée de « mixte », beaucoup plus fréquente, notamment chez les sujets âgés, que les formes dites « pures » de MA [maladie d’Alzheimer] et de DV [démence vasculaire]. »
http://www.academie-medecine.fr/publication100036451/

Concernant l’indice de Scheltens, voici les informations que l’on peut lire dans des recommandations de la SFNR (Société française de neuroradiologie) : Bonnes pratiques dans l'exploration des suspicions de démence du sujet âgé (Mis à jour le 13/08/2010) :
« […] L'échelle de Scheltens permet de classer les hippocampes du grade zéro (pas d'atrophie) au grade quatre (atrophie très importante). Cette appréciation qualitative est cependant difficile et a une reproductibilité assez faible.[…] »
http://www.sfrnet.org/formation/mediatheque/Textes/07%20-%20Neuroradiologie/article.phtml?id=rc%2Forg%2Fsfrnet%2Fhtm%2FArticle%2F2009%2Fhtm-20090408-163441-194

En tant que service de documentation nous ne sommes pas en mesure d’aller plus loin dans notre réponse et vous invitons à interroger le médecin qui suit votre mère afin qu’il puisse vous donner des informations adaptées à sa situation.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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