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Titre de la question Dernier traitement de la schizophrénie
Question Quels sont les dernières pistes de traitements et espoirs de guérison des maladies de type schizophrénie ? Notre fils est âgé de 37 ans, souffre depuis 18 ans d'une maladie psychiatrique diagnostiquée schizophrénie-affective, actuellement sous traitment Clopicsol dosé à 40mg/15jours et Dépakote.
Réponse

Bonjour,

Votre fils souffre de schizophrénie (trouble schizo-affectif) et vous souhaitez connaître l’état de la recherche pour la prise en charge thérapeutique de cette maladie.

Nous vous invitons en premier lieu à parcourir le site du Psycom, organisme public de communication externe regroupant cinq établissements de santé mentale de la région parisienne.

Le Psycom75 aide à mieux comprendre les troubles psychiques, leurs traitements et l'organisation des soins psychiatriques. Ses outils (brochures, guides et site internet) et ses actions de sensibilisation s’adressent à toute personne concernée par les questions de santé mentale (patients et proches, professionnels de la santé, du social, du médico-social, de l’éducatif, de la justice, élus, journalistes, grand public).
Voici les informations en lien avec votre demande :
- une page web dédiée à la schizophrénie
http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Schizophrenie-s
- une brochure où vous trouverez des informations sur la prise en charge du patient schizophrène, les traitements médicamenteux, les autres traitements comme la stimulation magnétique transcrânienne, les psychothérapies ainsi que les mesures sociales thérapeutiques. Il y est également question des associations et des groupes d’entraide mutuelle.
La schizophrénie dysthymique (trouble schizo-affectif) est évoquée en page 5 du document :
http://www.psycom.org/file/download/32225/607499/file/schrizophrenies_11-16-Web.pdf

Le site Allodocteurs (directeurs éditoriaux : Dr. Marina Carrère d'Encausse, Dr. Michel Cymes) propose un dossier rédigé par le Dr. Charlotte Tourmente avec l’interview du Pr Marie-Odile Krebs, chercheuse à l'Institut national pour la santé et la recherche médicale (Inserm) :
« Schizophrénie : où en est la recherche ?
La schizophrénie touche 0,7% de la population mondiale. Maladie encore taboue, elle se révèle parfois extrêmement invalidante. Comme dans de nombreuses affections chroniques, la recherche évalue différentes pistes, allant de la compréhension de la maladie à la prise en charge thérapeutique. Tour d'horizon des pistes étudiées. »
http://www.allodocteurs.fr/maladies/psychiatrie/schizophrenie/schizophrenie-ou-en-est-la-recherche_19898.html

Enfin, sur le site même de l’Inserm, nous vous proposons un dossier réalisé en collaboration avec Marie-Odile Krebs, directeur de recherche à l’Inserm (unité 894), professeur de psychiatrie à l’université Paris Descartes et chef de service à l’hôpital Sainte-Anne à Paris - Mai 2014
« La prise en charge de la maladie est difficile en raison de la multiplicité et de la diversité des symptômes. Elle dépend du profil de chaque patient. Du fait du manque de connaissances relatives aux bases biologiques et environnementales de la maladie, les traitements et thérapies sont essentiellement symptomatiques. Ils améliorent néanmoins la vie des patients et peuvent conduire à une rémission durable.
Après l’arrivée en 1952 du premier neuroleptique, la chlorpromazine, les antipsychotiques (clozapine, rispéridone, olanzapine, aripiprazole) ont révolutionné la vie des patients principalement atteints de symptômes positifs. Ces médicaments ne "guérissent" pas la maladie, mais ils atténuent ses symptômes et réduisent les taux de rechute. Ils permettent aussi aux patients d’accéder à la prise en charge psychosociale (réinsertion) ou à la remédiation cognitive (voir plus loin). La difficulté reste néanmoins de faire adhérer les patients à leur traitement sur le long terme (au moins deux ans après un premier épisode, et plus de cinq ans après un second épisode). Beaucoup des patients sont dans le déni, ou interrompent leur traitement après quelques mois, dès qu’ils se sentent mieux ou en raison d’effets indésirables (en particulier la prise de poids). Ils rechutent alors. Le contrôle de la maladie passe par l’observance du traitement.
Malheureusement, les antipsychotiques sont peu (ou pas) efficaces pour atténuer les symptômes négatifs et la désorganisation.
La stimulation magnétique transcranienne semble parfois efficace chez des patients résistants aux traitements, ou en adjonction aux antipsychotiques. Mais les modalités de son utilisation doivent encore être optimisées. Cette thérapie consiste à appliquer un champ magnétique sur une zone du cerveau pendant quelques secondes. Quelques séances menées sur une courte période peuvent permettre de réduire drastiquement la survenue d’hallucinations et atténuer les symptômes négatifs pendant plusieurs mois.
Dans les formes de la maladie sévères ou résistantes, l’électroconvulsivothérapie (électrochocs) peut être indiquée. C’est notamment le cas chez certains patients souffrant de formes catatoniques (perturbations psychomotrices particulières), désorganisées ou associées à des troubles de l’humeur.
Pour traiter les symptômes de désorganisation, la réhabilitation (ou remédiation) cognitive est privilégiée. Il s’agit d’une technique non médicamenteuse qui consiste à identifier les différentes composantes cognitives altérées par la maladie (troubles attentionnels, mémorisation, exécution…) et à trouver des solutions pour guérir ou contourner ces troubles, à travers des jeux de rôles, des exercices ou encore une éducation à sa propre maladie. L’objectif est de permettre au patient de retrouver une vie la plus normale possible. Cette approche d’origine anglo-saxonne se développe beaucoup en France. Elle se pratique le plus souvent sous forme d’entretiens individuels entre le patient et un professionnel de santé formé à cette thérapie (psychologue, infirmier…), au rythme de deux à trois séances par semaine pendant environ 3 à 6 mois.
Des thérapies cognitivo-comportementales aident également le patient à éviter l’enfermement sur lui-même et la désocialisation progressive. Ces thérapies peuvent aborder des dimensions émotionnelles (angoisse, estime de soi, gestion du stress), sociales (hygiène de vie, motivation à entreprendre et aller vers les autres), ou encore médicales (réduire la consommation de substances psychogènes, éducation sur sa maladie).
https://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/schizophrenie

Nous espérons que ces éléments d’information vous seront utiles. Nous restons à votre disposition pour tout complément d’information.

Bien cordialement,

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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