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Titre de la question Mensonge problème psy
Question Lorsqu'une personne ment sur une chose très importante comme le viol, agression sexuelle... a-t-elle/t-il un problème psychologique, psychique.
Réponse

Bonjour, 

Vous vous demandez si se taire après une agression sexuelle ou un viol peut entraîner des troubles psychiques.

Tout d’abord, au sujet de l’impact d’agressions sexuelles ou de viol sur le psychisme, nous vous proposons les informations que donne le site SOS femmes du Dr Muriel Salmona, membre de l’Institut 92 de Victimologie :
« Quel que soit l'âge de la victime, les conséquences du viol et des agressions sexuelles sont graves et durables.
En règle très générale, la personne agressée ne peut se reconstruire sans aide extérieure. De tels traumatismes affectent profondément l'estime de soi, la résilience (capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité) ne suffit pas à permettre à la victime de "rebondir". Le viol et les agressions sexuelles sont des atteintes majeures à la personne ...
Sauf amnésie traumatique (voir plus loin), l'oubli n'est pas possible et ne vient pas : le plus généralement, le temps qui passe n'arrange rien quant aux conséquences ; au contraire, il rend plus douloureux encore et plus aléatoire tout travail psychothérapeutique par la suite. […] »
http://www.sosfemmes.com/violences/viol_consequences.htm

Vous vous demandez si « mentir » sur un viol peut avoir des conséquences. Voici la réponse d’Isabelle Levert psychologue clinicienne, psychothérapeute sur son site Petit Guide de la Psychologie clinique dans une partie intitulée « Victime de viol, La nécessité des soins psychothérapeutiques » :
« 2. Le poids du secret
[…]
Malgré cela, un grand nombre de victimes, trop honteuses, restent silencieuses, gardent le secret et assurent de la sorte l'impunité de leur violeur. D'une certaine façon, le secret rend complice.
Par ailleurs, le secret prive la victime de toute réponse extérieure, de toute aide pour faire face à ce qui lui a été infligé. Le secret alimente la honte et conduit la personne à se demander si elle n'a pas cherché à protéger son agresseur pour pouvoir nier ce qui lui est arrivé et ainsi croire qu'elle pourra oublier, tourner la page. Le secret entretient le déni et avec lui un clivage au sein de la personne, coupée en deux ; une partie d'elle-même demeurant meurtrie et en proie à des affects d'angoisse-douleur qui, à tout instant, risquent de la submerger, une autre part qui dénie le trauma et se forge une carapace caractérielle dont le but est de maintenir dans l'ombre l'autre partie en souffrance et de se défendre contre l'extérieur. »
http://www.la-psychologie.com/viol.htm

Le site Fil santé jeunes du Ministère de la santé et des solidarités explique dans un article : « Le viol et les agressions sexuelles » la démarche à suivre en soulignant combien parler est primordial :
« Comment et quoi faire ?
Dénoncer une agression sexuelle peut être est une démarche extrêmement difficile. Il est important de pouvoir en parler, même longtemps après les faits. En effet, mettre des mots sur ce qu’on a vécu et sur ce que l’on ressent permet de se rendre compte qu’on est victime. Cela peut aussi aider à se dégager de sentiments douloureux comme la culpabilité, la honte, l’impuissance. On peut aussi avoir l’impression d’avoir été sali-e et l’exprimer rend possible de dépasser petit à petit cette souffrance.
Dans ce sens porter plainte, même si c’est difficile, peut permettre de se rendre compte que la loi reconnait la gravité des faits dénoncés. Ces démarches font partie d’un processus de reconstruction.
Si on a été victime, ou si on connait quelqu’un qui a été victime de violences sexuelles, on peut se confier à un adulte de sa famille ou à un professionnel comme un professeur, un médecin… Il existe également des lieux d’écoute et d’accueil où on peut rencontrer des psychologues (Maison des Adolescents, Associations d’aides aux victimes…).
Face au traumatisme du viol, on a tendance à se replier sur soi et à éviter de se confronter à certaines réalités liées par exemple à la santé (risques de grossesse, d’IST, blessures diverses…). Différents structures peuvent alors vous recevoir et vous accompagner (services de Police, service médical spécialisé, médecin traitant, centre de planification…). L’important est de se trouver vers des professionnels en qui on a confiance.
Notre corps nous appartient et personne n’a le droit d’y toucher sans notre consentement. Si tu t’interroges sur la normalité d’un rapport sexuel ou de contacts physiques, peut-être cela vaut la peine d’en parler. Ne reste pas seul-e à te questionner, et n’hésite pas à en parler à quelqu’un de confiance autour de toi. Parfois, même avec des informations, ce n’est pas évident de savoir ce qui est autorisé ou pas, tu peux alors nous contacter au 0800 235 236 ou dans l’espace Pose tes Questions. »
http://www.filsantejeunes.com/le-viol-et-les-agressions-sexuelles-5783

« Mais même si c’est difficile d’en parler, il est important de sortir rapidement de son silence pour trouver l’aide d’un adulte de confiance (les parents, un proche…) qui pourra nous écouter, nous accompagner dans les démarches médicales, judiciaires et nous soutenir. L’appel à une ligne d’écoute comme Jeunes Violences Écoute (0808 807 700) ou Fil Santé Jeunes (0800 235 236) peut être une bonne étape intermédiaire. On peut aussi trouver de l’aide auprès des associations spécialisées dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles (INAVEM http://www.inavem.org/ ). »
http://www.filsantejeunes.com/le-viol-en-parler-pour-etre-accompagne-6320

Enfin, le Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance Maltraitée, communément appelé « Allô Enfance Maltraitée » est également apte à répondre à toute question de cet ordre :
« Dans quels cas appeler le 119 ?
Les problématiques de dangers gérées quotidiennement par les écoutants du 119 sont multiples : une majorité des appels concerne des violences subies par les enfants (violences psychologiques, physiques et sexuelles), notamment au sein de la famille ou en institution. Le 119 est également contacté pour d’autres problématiques de dangers... »
Sachez que ce numéro est gratuit, joignable 24h sur 24 et n’apparaît sur aucun relevé de facture, la conversation quant à elle est confidentielle.
http://www.allo119.gouv.fr/

On voit donc à la lecture de tous ces documents comment la place de la parole est importante et que ce n’est pas la victime qui souffre de problèmes psy mais bien son agresseur. En revanche se libérer par la parole permet à la victime de limiter les conséquences psychologiques qu’entraine une agression de quelque ordre qu’elle soit.

Nous espérons que ces éléments vous seront utiles et nous nous tenons à votre disposition pour toute nouvelle recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé    
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

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