janvier

Anticorps nucléaire positif

Question

Bonjour, mon mari a un Helicobacter pylori. Son médecin lui a dit de faire une prise de sang pour savoir si il n'avait pas Goujerot. Il en est ressorti anticorps nucléaires positifs à 100 avec fluorescence mouchetée à grain fin, tous les autres sont négatifs, pouvez-vous me dire quelle peut être la cause avec une formule sanguine normale.

Réponse

Bonjour,

Votre mari est porteur de la bactérie Helicobacter pylori. Son médecin soupçonne un syndrome de Gougerot-Sjögren (syndrome sec) et lui a prescrit un examen sanguin  qui a révélé la présence d’un anticorps antinucléaire. Vous souhaitez que nous interprétions ses résultats d’analyse.

Tout d’abord, nous vous invitons à lire la définition donnée à Helicobacter pylori dans le Larousse médical :
« Helicobacter pylori
Bactérie responsable de gastrites et d'ulcères.

Helicobacter pylori est un microbe qui vit à la surface de la muqueuse gastrique, au-dessous de la couche de mucus. Beaucoup d’espèces animales possèdent un Helicobacter spécifique de leur organisme. Chez l'homme, sa distribution dans le monde se superpose à la carte de la pauvreté. Dans les pays riches, le germe atteint 20 à 30 % de la population tandis que, dans les pays défavorisés, la fréquence atteint 80 %.
L’infestation se fait en général durant l’enfance. La transmission est interhumaine. L’infection initiale provoque une discrète gastroentérite qui passe généralement inaperçue. Le germe est ensuite porté toute la vie. En cas d’éradication thérapeutique, les réinfestations sont très rares dans les pays riches, très fréquentes dans les pays défavorisés. »
https://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/helicobacter_pylori/13469

Concernant le syndrome de Gougerot-Sjögren, voici ce que nous apprend le site de la société nationale française de médecine interne :
« Qu’est-ce que le syndrome de Gougerot-Sjögren ?
Le syndrome de Gougerot-Sjögren est une maladie auto-immune systémique qui se caractérise par l’association de manifestations touchant certaines glandes notamment lacrymales et salivaires avec une diminution des sécrétions de larmes et de salive réalisant un syndrome sec, et de manifestations systémiques pouvant toucher différents organes. Le syndrome sec entraine souvent une gêne fonctionnelle importante, mais ce sont les atteintes viscérales qui font la gravité de cette maladie.
[…]
Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic du syndrome de Gougerot-Sjögren repose sur la réunion d’un certain nombre de critères cliniques avec notamment signes subjectifs et objectifs du syndrome sec, et 2 examens complémentaires : la mise en évidence dans le sang d’anticorps très spécifiques de la maladie que sont les anticorps anti-SSA et SSB, et enfin la biopsie de glandes salivaires accessoires, geste anodin consistant à prélever de petites glandes salivaires accessoires au niveau de la face interne de la lèvre inférieure sous anesthésie locale. Cette biopsie met en évidence l’infiltration des glandes salivaires par de très nombreux lymphocytes »
http://www.snfmi.org/content/gougerot-sjogren-syndrome-de

Vous précisez la présence d’anticorps antinucléaires, en voici une définition :
Anticorps antinucléaire :
« Autoanticorps dirigé contre un ou plusieurs éléments du noyau de n'importe quelle cellule de l'organisme qui produit cet anticorps, mais aussi de n'importe quelle cellule n'appartenant pas à cet organisme.
Les premiers anticorps antinucléaires ont été découverts en 1948 par le médecin américain Malcolm Hargraves, qui a décrit la cellule portant depuis son nom. La « cellule de Hargraves » est un polynucléaire neutrophile qui, après s'être introduit à l'intérieur d'une autre cellule, quelle qu'elle soit (il peut s'agir d'un autre polynucléaire neutrophile), en a ingéré le noyau après que ce dernier a été altéré par des anticorps antinucléaires. Les anticorps antinucléaires apparaissent au cours de nombreuses maladies auto-immunes, notamment le lupus érythémateux disséminé, plus rarement la polyarthrite rhumatoïde et le syndrome de Gougerot-Sjögren. Ils sont, plus généralement, susceptibles d'être détectés dans toute maladie où le système immunitaire est activé, même de façon provisoire, au cours des maladies infectieuses. »
http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/anticorps_antinucl%C3%A9aire/11236

Enfin concernant les différents types de fluorescence, la Revue médicale suisse précise :
« […] Les différents types de fluorescence correspondent généralement à différentes spécificités (cibles) des anticorps du patient pour des composants cellulaires, qui sont eux-mêmes associés à différentes connectivites (tableau 1). Par exemple, l’aspect homogène est typiquement associé à la présence d’anticorps anti-dsDNA (double-stranded DNA), très évocateurs d’un lupus érythémateux systémique (LES), alors que l’aspect moucheté correspond à la présence d’autoanticorps connus sous le terme d’ENA (extractable nuclear antigens) rencontrés dans de nombreuses maladies auto-immunes (tableau 1). On décrit parfois aussi une fluorescence de type nucléolaire rencontrée notamment dans un contexte de sclérodermie. […] »
https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-199/Utilite-de-la-recherche-des-autoanticorps-dans-la-pratique-quotidienne

En tant que service de documentation, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Seul le médecin de votre mari, l’ayant examiné et connaissant son dossier médical sera à même de poser un diagnostic éclairé.

Nous espérons néanmoins que ces éléments d’information permettront à votre proche d’enrichir le dialogue avec le médecin et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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