février

Lichen plan

Question

Atteinte de lichen plan dans la bouche et orifice vaginal, depuis 2 ans, quel traitement et quelles chances de guérison ? Merci

Réponse

 Bonjour,

Vous êtes atteinte de lichen plan depuis 2 ans. Vous souhaitez connaitre les traitements et les chances de guérison.

A titre d’information générale, nous vous proposons la lecture d’un article du Dr Ludovic Rousseau, dermatologue sur le site d’information médicale Passeport santé :
« Le lichen plan est une dermatose chronique qui survient préférentiellement chez l’adulte d’âge moyen : il survient dans 2/3 des cas entre 30 et 60 ans et il est rare aux âges extrêmes de la vie. Il touche autant les femmes que les hommes. Il concerne environ 1% de la population.
Il se présente, dans sa forme typique, comme des élevures de peau squameuses violacées qui démangent, situées sur les poignets et les chevilles notamment. Il peut toucher aussi les muqueuses buccale et génitale. Une forme particulière concerne le cuir chevelu (lichen plan pilaire).
Le lichen plan a-t-il une cause ?
La cause du lichen plan n’est pas connue ; on considère qu'il pourrait s'agir d'un processus auto immun mais on manque de preuves.
D’autres maladies sont associées au lichen plan : thymome, maladie de Castelman, de Biermer, d’Addison, pelade, diabète, colite ulcéreuse...
L’association à une maladie du foie chronique (cirrhose biliaire primitive, hépatite C...) semble plus fréquente dans les atteintes muqueuses érosives de lichen plan.
[…]
Le lichen plan dans sa forme courante cutanée est souvent angoissante pour le patient d'autant qu'elle est accompagnée de démangeaisons. Cependant, le lichen plan tend à guérir spontanément en un an dans la moitié des cas et en un an ½ dans 85% des cas. Le lichen plan cutané courant est donc le plus souvent de bon pronostic.
Dans ces formes cutanées isolées, les médecins se contentent donc souvent de lutter uniquement contre les démangeaisons accélèrent la guérison par l'application de crèmes cortisonées, voire la recommandation d'une exposition modérée au soleil. »
https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=lichen-plan-l-opinion-de-notre-medecin-a-propos-du-lichen-plan
Concernant les traitements possibles :
https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=lichen-plan-traitements-medicaux-du-lichen-plan

En complément un article du Traité de Dermatologie de l’Encyclopédie médico-chirurgicale, Lichen plan et dermatoses lichénoïdes / A.-S. Dupond (2014; 9(2):1-11 [Article 98-525-A-10]) liste les différents traitements envisageables :
« Traitement
Le but du traitement est de raccourcir la durée d'évolution et de calmer les manifestations fonctionnelles : prurit dans la forme cutanée, douleurs liées aux érosions dans les formes muqueuses érosives. La littérature est riche mais hétérogène, et est le reflet de la diversité de cette dermatose ; les formes classiques font l'objet de consensus de traitement, les formes résistantes aux traitements classiques doivent faire appel à des traitements moins codifiés dont la littérature s'est enrichie de publications ces dernières années (Tableau 3 ).
Traitements classiques [1, 2, 3]

Forme cutanée

Malgré le faible niveau de preuve, la corticothérapie générale à 0,5 mg/kg en cure courte sur 3 à 6 semaines est recommandée sur la base d'un consensus professionnel. En seconde intention est proposée l'acitrétine (Soriatane ® ) à 30 mg/j dont l'utilisation est limitée chez la femme en âge de procréer, du fait de la tératogénicité, et dont les effets secondaires peuvent être un frein à l'utilisation. Les ultraviolets (UV) (puvathérapie et UVB TL01) sont également efficaces, voire la REPuvathérapie (rétinoïdes associés à puvathérapie) dans les formes sévères. Le méthotrexate peut également être utilisé dans les formes prolongées, dans un but d'épargne cortisonique, à la posologie de 15 à 25 mg hebdomadaires.
Les formes localisées sont traitées par corticoïdes topiques 43.

Forme muqueuse
Le lichen muqueux asymptomatique ne nécessite aucun traitement. Les formes buccales érosives s'accompagnent de douleurs nécessitant une prise en charge parfois agressive. Les traitements locaux reposent sur le principe de l'effet anti-inflammatoire, voire immunosuppressif des médicaments utilisés : en première intention, les corticoïdes locaux (Buccobet ® , bains de bouche avec comprimés effervescents de prednisolone dilués dans un verre d'eau) sont bien tolérés et efficaces ; le tacrolimus topique à 0,1 % a montré sa supériorité par rapport au propionate de clobétasol ; il est une alternative efficace et considéré par certains auteurs comme traitement de première intention [74, 75] ; les autres inhibiteurs de calcineurine topiques (ciclosporine, pimécrolimus) ont une efficacité rapportée [76, 77], ainsi que le thalidomide [78, 79]. Des études sérieuses ont également démontré l'efficacité de bains de bouche à l'aloe vera 80. Tous ces traitements ont été comparés soit au placebo, soit au traitement de référence par corticoïdes topiques. Les rétinoïdes topiques ont également montré leur efficacité dans de courtes séries.

Dans la forme buccale, le traitement systémique doit s'associer à une bonne hygiène buccodentaire, à l'éviction des aliments irritants, voire à la prescription d'antalgiques et d'anesthésiants locaux (Xylocaïne ® visqueuse) pour ne pas entraîner d'anorexie, voire de dénutrition ou d'amaigrissement. Les formes sévères bénéficient d'une corticothérapie générale 0,5 à 1mg/kg ; certaines équipes réalisent des bolus de corticoïdes (250 à 500 mg/j, 3 j par mois) dans un but d'épargne cortisonique.    

Traitements physiques
L'efficacité de traitements par laser YAG 81, UVB 82, voire par photothérapie dynamique [83, 84] dans les formes buccales érosives repose sur des cas isolés ou de courtes séries ; ils ne peuvent être proposés en première intention.

Traitements lourds
Des observations d'efficacité de rituximab, immunoglobulines polyvalentes intraveineuses, mycophénolate mofétil, photothérapie extracorporelle, adalimumab, alitrétinoïne, apremilast ont été décrites sur de courtes séries et ne peuvent pas servir de preuve d'efficacité [85, 86, 87, 88, 89, 90], mais peuvent servir de base de réflexion dans les lichens sévères et récalcitrants.[… ] »
https://www.em-premium.com/article/883456/resultatrecherche/1

Nous vous proposons ensuite la fiche du portail des maladies rares et de médicaments orphelins, Orphanet sur le « lichen plan rare ». Vous y trouverez notamment la liste des centres de références que vous pouvez contacter pour avis :
https://www.orpha.net/consor/cgi-bin/Clinics_Search_Simple.php?lng=FR&LnkId=19743&Typ=Pat&CnsGen=n&fdp=y&from=rightMenu

En tant que service documentaire, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse et espérons que vous trouverez une prise en charge adaptée. Nous vous rappelons que seul le spécialiste qui vous suit est en mesure de vous apporter des réponses adaptées en toute connaissance de votre dossier médical.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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