février

Hernie cervicale et hérédité

Question

Bonjour, voilà, en 2011 à 28 ans j'ai eu une arthrodèse cervicale en c5-c6 avec diminution canal rachidien. L'année dernière c'est ma grande sœur (36ans) qui en a eu une en c6-c7 sans diminution. Aujourd'hui c'est au tour de ma petite sœur de 32 ans de faire comme moi, grosse hernie en c5-c6 avec diminution du canal rachidien. Aucune d'entre nous n'a eu de gros chocs, ni traumatisme. Pour ma part c'était juste une vérification du dos qui a montré la hernie. Mes sœur ont elles eu plus de symptômes. Je mesure 1m86, ma grande sœur 1m79 et ma petite sœur 1m69. Donc vraisemblablement rien en commun. Je ne croise pas tous les jours des personnes ayant ce genre de hernie, alors pourquoi sur 3 enfants retrouve-t-on la même fragilité? Pouvait-on y échapper? Y-a-t-il quelque chose de génétique ou héréditaire là-dedans ? Merci si vous arrivez à m'éclairer.

Réponse

Bonjour,

Vos deux sœurs et vous-mêmes souffrez ou avez souffert d’une hernie discale cervicale et vous vous interrogez sur une éventuelle origine génétique, vos profils physiques étant totalement différents.

Nous vous proposons 3 articles qui semblent indiquer une piste génétique.

- La discopathie lombaire est-elle d'origine génétique ? / François  Rannou ,  Michel  Revel ,  Serge  Poiraudeau. – Revue du rhumatisme (Volume 70, numéro 1, pages 4-6, janvier 2003)
« […] En revanche, deux études analysant l'imagerie lombaire en résonance magnétique de jumeaux, suggèrent que des facteurs génétiques jouent un rôle dans la pathogénie de la dégradation discale et que l'hérédité expliquerait 26 % à 73 % des lésions discales observées en IRM [15], [16]. […] »
https://www.em-consulte.com/article/21389/article/la-discopathie-lombaire-est-elle-d-origine-genetiq

- Déterminants génétiques de la discopathie dégénérative. Prédisposition familiale et estimation de l’héritabilité / Leonid Kalichman, David J. Hunter. - Revue du rhumatisme (Volume 75, numéro 7, pages 567-571, juillet 2008)
« […]
 Dans une étude par IRM des disques lombaires, la prévalence de la discopathie augmentait de façon linéaire avec l’âge et, à l’âge de 70 ans, 80 % des disques lombaires étaient altérés [9]. Néanmoins, le mécanisme physiopathologique exact reste mal compris. L’âge avancé, les contraintes physiques importantes, les traumatismes, les vibrations et le tabagisme seraient des facteurs de risque [10, 11, 12]. Toutefois, des facteurs génétiques joueraient un rôle prédominant dans l’apparition d’une DD [discopathie dégénérative] et de hernies discales [13]. Battié et Videman ont conclu leur mise au point en affirmant que l’aggravation spontanée de la dégénérescence discale, d’origine génétique, est influencée de façon variable par divers comportements et facteurs exogènes [14]. Selon Adams et Roughley, la cause première de la dégénérescence discale est un affaiblissement tissulaire dû principalement au terrain génétique, au vieillissement, à une mauvaise alimentation et aux contraintes mécaniques [8]. Ainsi, la DD, autrefois attribuée principalement à l’avancée en âge et aux facteurs mécaniques, est maintenant décrite comme largement déterminée par des facteurs génétiques. Il était donc important de passer en revue les connaissances actuelles sur les facteurs génétiques qui interviennent dans la pathogénie de la DD. Pour cela, les études qui démontrent le caractère familial de la maladie et qui permettent d’estimer son héritabilité sont présentées dans cette première partie de notre mise au point. Les résultats d’études portant sur certains gènes particuliers seront commentés dans la seconde partie. Une bonne connaissance des données actuelles sur les déterminants génétiques de la DD pourrait aider à mettre au point des stratégies de diagnostic précoce et de prévention de la discopathie cervicale et lombaire, tout en contribuant à choisir les objectifs des projets de recherche à venir.[…] »
https://www.em-consulte.com/article/178047/article/determinants-genetiques-de-la-discopathie-degenera

- Arthrose lombaire et lombalgie /Jean-Pierre Valat, Sylvie Rozenberg. - Revue du Rhumatisme monographies (Volume 78, numéro 1, pages 17-21, février 2011)
Résumé
« L’arthrose lombaire se définit par trois lésions élémentaires : le pincement discal, les ostéophytes et l’ostéocondensation des plateaux vertébraux. Il existe des méthodes valides de mesure de l’arthrose lombaire. La prévalence de l’arthrose lombaire est très élevée et augmente avec l’âge. Le principal facteur favorisant la discarthrose est génétique. Un rôle beaucoup plus faible est attribué aux efforts physiques, à la surcharge pondérale et au tabagisme. Il existe une association entre l’existence d’une lombalgie actuelle ou dans le passé et la présence d’ostéophytes. Une association du même ordre existe entre lombalgie et discarthrose. Aucune association n’a été démontrée entre lombalgie et arthrose apophysaire postérieure. […] »
https://www.em-consulte.com/article/280861/article/arthrose-lombaire-et-lombalgie

Nous espérons que ces éléments vous seront utiles et vous permettront d’enrichir le dialogue avec votre médecin qui pourra peut-être vous apporter un complément d’informations.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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