mars

IRM

Question

Peut-on faire passer une IRM à une femme de 90 ans qui présente des troubles cognitifs sous anesthésie générale ? Quels sont les risques liés à cette intervention? il s'agit de pouvoir traiter au mieux une épilepsie.

Réponse

Bonjour,

Une de vos proches, âgée de 90 ans et épileptique, présente des troubles du comportement et doit passer un examen d’IRM. Vous souhaitez savoir s’il est possible d’avoir recours à une anesthésie générale pour faciliter cette prise en charge.

Comme l’indique les informations fournies par le Pôle d'anesthésiologie des hôpitaux universitaires de Strasbourg au Congrès national d'anesthésie et de réanimation 2008. (Les Essentiels. - Elsevier Masson, 2008. -  p. 281-293), il est possible en effet d’avoir recours à l’anesthésie générale :

L'anesthésie pour IRM chez l'adulte est indiquée chez les patients pusillanimes, claustrophobes ou atteints de pathologies gênant l'immobilité complète requise par l'examen (maladie de Parkinson, Chorée, pathologies psychiatriques). […]
Une sédation par Midazolam peut être suffisante chez les patients anxieux. En cas d'anesthésie générale, le contrôle des voies aériennes (intubation ou masque laryngé) est indispensable en raison des difficultés extrêmes d'accès au patient en cours d'examen.

http://jpmiss2.free.fr/Divers/SFAR_2008/ca08/html/ca08_20/ca08_20.htm

Ce que confirme dans ses explications le Dr Annic André du Service de Neuroradiologie de l’Hôpital Roger Salengro du CHRU LILLE :

 ANESTHESIE POUR NEURO-IRM
Pourquoi faut-il quelquefois une anesthésie ?
L’immobilité stricte est indispensable pour la qualité des images.
L’environnement est hostile car bruyant, froid (17 degrés), le patient est tout seul dans le tunnel et la salle d’IRM pour éviter l’exposition du personnel au champ magnétique ; une injection de produit de contraste (gadolinium) est souvent nécessaire.
Il faut donc une anesthésie chez tout patient incapable de supporter cet environnement en restant immobile. Sont concernés tous les enfants de moins de 6 ans et les enfants plus âgés et adultes présentant une pathologie incompatible avec une immobilité stricte pendant 20 à 60 minutes.
Anesthésie de l’adulte en neuro-IRM
1. Indications : échec prémédication et pathologies gênant l'immobilité complète requise par l'examen (maladie de Parkinson, Chorée, pathologies psychiatriques)
2. Technique AG : IV propofol avec ou sans morphinique, ML, ventilation spontanée surveillance comme les enfants.
[…]
Contre-indications liées à l’état du patient
L'obésité morbide ne permet pas d'insérer le patient dans le tunnel étroit.
Impossibilité de rester allongé et impossibilité de rester immobile
La claustrophobie
La grossesse en dehors d'indication formelle
L’allergie au produit de contraste (gadolinium) 

https://jlar.com/Congres_anterieurs/JLAR2008/anesth%C3%A9sie_en_irm_2008.pdf

Par ailleurs, dans un entretien au magazine Figaro santé publié le 06/11/2011, le Pr Frédéric Aubrun, chef du service d'anesthésie-réanimation à l'hôpital de la Croix-Rousse, groupe hospitalier nord, hospices civils de Lyon, donne des éléments de réponse à la question « L'anesthésie générale est-elle dangereuse après un certain âge ? » :

[…] Des patients âgés de plus en plus nombreux - et de plus en plus vieux - bénéficient d'une anesthésie dans des conditions de sécurité et de confort renforcées. Des progrès qui ne tiennent pas seulement à l'adaptation des doses d'anesthésiques, mais aussi à une prise en charge péri-opératoire globale et pluridisciplinaire, au développement de l'anesthésie loco-régionale (ALR) et des interventions en ambulatoire. […] Sur environ 8 millions de personnes anesthésiées chaque année dans notre pays, le pourcentage des personnes âgées est de plus en plus important. Les anesthésistes ont donc dû s'adapter à cette situation en modifiant le choix des agents anesthésiques, des doses et des conditions d'administration de ces médicaments. Les stratégies actuelles prennent en compte l'âge du patient, ses antécédents et son parcours personnel. L'anesthésie tend à être de plus en plus individualisée, c'est une prise en charge à la carte, qui impose plus que jamais une consultation pré-anesthésique, dont le rôle est majeur.
Rapport bénéfice-risque
[…] L'ensemble des progrès accomplis dans la prise en charge des patients les plus âgés explique qu'il n'y a aujourd'hui plus de limite d'âge pour réaliser une anesthésie. […] On doit en effet distinguer l'âge chronologique et l'âge physiologique : certains patients de plus de 80 ans sont en bon état général alors que d'autres de 60 ans peuvent apparaître en grande misère physiologique. Nous devons ainsi examiner le patient en consultation d'anesthésie mais également connaître très précisément son parcours clinique, ses traitements mais aussi son degré d'autonomie, son environnement social, familial afin de lui proposer la meilleure stratégie thérapeutique dans une démarche collégiale avec tous les acteurs de soins.[…]

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/11/06/15572-lanesthesie-generale-est-elle-dangereuse-apres-certain-age

Nous espérons que ces éléments d’information vous permettront d’enrichir le dialogue avec le médecin traitant et/ou le spécialiste qui  suivent votre proche car ils sont les plus à même de proposer une prise en charge adaptée à sa situation.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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