avril

Tamiflu

Question

Suite à une dose de tamiflu...75m en prévention de grippe dont ma tante était négative à la prise de sang, elle est dyalisée, elle était autonome avant cette prise de médicaments...la semaine qui suivait..elle perdait l'équilibre...perte de mémoire...de langage...crise de démence...coma ... Sortie du coma avec un AVC...lésion...ne voit que des ombres...ne reconnait pas ses proches....ne sait même pas si elle a mangé ou pas... Que pourriez-vous me dire sur ce traitement...et ces faits survenus suite à sa prise...

Réponse

Bonjour,

Votre tante qui est dialysée a eu de graves problèmes neurologiques suivis d’un coma et d’un AVC. Vous vous demandez si cela peut être en lien avec sa prise de Tamiflu quelques jours auparavant.

A titre d’information générale, nous vous proposons de lire la notice du Tamiflu extraite de la Base de données publique des médicaments du Ministère de la santé et notamment le tableau suivant :

Tableau 1 Effets indésirables survenus lors des études évaluant Tamiflu dans le traitement et la prophylaxie de la grippe chez les adultes et les adolescents ou rapportés depuis la commercialisation […] (p.10)

 http://ec.europa.eu/health/documents/community-register/2019/20190111143345/anx_143345_fr.pdf

Vous évoquez ensuite un diagnostic de leucoaraïose. Voici la définition qu’en donne le Dictionnaire de l’Académie de médecine :

Anomalies diffuses de la substance blanche, dont les critères demeurent en fait imprécis. Néanmoins, il paraît établi que la leuco-araïose peut s'observer chez des sujets âgés non déments (16% en moyenne), chez des alzheimériens (30 à 55%) et dans la quasi-totalité des démences vasculaires. L'hypertension artérielle semble également en cause, avec cependant la réserve de la prise d'âge. […]

http://dictionnaire.academie-medecine.fr/index.php?q=leucoaraiose

En complément, nous vous invitons à parcourir cet article de la revue Le clinicien (janv.- fév. 2010) intitulé La leucoaraïose : plus qu’une découverte fortuite ! présenté dans le cadre d’une conférence sur le cerveau lors de l’événement « La gériatrie » à l’Université Laval (Canada). En voici quelques extraits :

La leucoaraïose a d’abord été introduite comme un terme purement descriptif d’une image radiologique d’anomalies confluentes de la substance blanche. On reconnaît aujourd’hui que la présentation clinique est variée et souvent non bénigne.
La leucoaraïose peut se manifester par des troubles cognitifs, des anomalies de la démarche, des troubles de l’humeur, des symptômes urinaires ou elle peut être asymptomatique [= sans symptômes]. […]
• Les facteurs de risque prédisposant à la leucoaraïose ou à sa progression sont semblables à ceux de la maladie vasculaire athérosclérotique; l’âge et l’hypertension artérielle étant particulièrement importants.
• Il y a peu de données probantes pour justifier des recommandations sur la prise en charge de la leucoaraïose. La prévention et le traitement des facteurs de risque vasculaire sont probablement bénéfiques, mais on manque de preuves. […]

www.stacommunications.com/journals/leclinicien/2010/01-JanFev-2010/Laleucoara%C3%AFose.pdf

Concernant l’échelle de Fazekas, il s’agit d’une classification d'interprétation de certains signes de l'IRM utilisée par les radiologues.
Dans un article de la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement (décembre 2011, vol.9 no 4) : Pathologie des petites artères cérébrales mise en évidence par l’IRM : un marqueur du vieillissement ? / Jean-Philippe Cottier, Myriam Edjlali, Marie-Agnès Gaillard, Florence Domengie, Ali Aljishi, Xavier Casals, Denis Herbreteau, Caroline Hommet., on peut lire :

La classification de Fazekas (figure 3) [14, 15] est l’une des plus utilisées en pratique clinique et en recherche. Elle distingue les atteintes périventriculaire, profonde et sous-corticale, et cote ces atteintes en fonction de leur étendue. » (p.467)
« Figure 3
Classification de la sévérité des lésions de LA en 3 grades selon l’échelle de Fazekas modifiée [14]. Lésions minimes (Grade 1) (A) : lésions solitaires de moins de 10 mm et/ou lésions groupées de moins de 20 mm de diamètre ; lésions modérées (grade 2) (B) : lésions solitaires de 10 à 20 mm, et aires hyperintenses reliées par des « ponts » ne dépassant pas 20 mm de diamètre ; lésions sévères (grade 3) (C) : lésions solitaires et aires confluentes hyperintenses de plus de 20 mm de diamètre. » (p.468)

https://www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/pathologie_des_petites_arteres_cerebrales_mise_en_evidence_par_lirm_un_marqueur_du_vieillissement__290664/article.phtml

Nous espérons que ces éléments d’information vous permettront de mieux comprendre la situation médicale de votre tante et éventuellement d’enrichir le dialogue avec son médecin qui reste l’interlocuteur à privilégier pour vous expliquer les causes de la dégradation de son état de santé.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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