juin

Grossesse à risque

Question

Bonjour, voilà j'ai une copine qui est enceinte de son père biologique et je me renseigne pour elle car elle a pas internet, quelles sont ses chances pour que le bébé soit normal. Y-a-t-il un risque que le bébé soit handicapé ou malade.

Réponse

Bonjour,

Votre amie est enceinte de son père biologique. Elle se demande quels sont les risques pour la santé de l’enfant à naître.

Voici ce qu’explique un article du magazine Futura sciences au sujet de la consanguinité [Parenté par le sang de personnes ayant un ancêtre commun / Dictionnaire Larousse] :

Il n'empêche : l'union consanguine n'est pas un cadeau à faire aux enfants qui en naîtront, car elle augmente le risque de développer des maladies génétiques familiales. Explication : nos cellules abritent chacun de nos gènes en deux exemplaires, les allèles. L'un est d'origine maternelle, l'autre paternelle. Or, il arrive que l'un des allèles soit défectueux, après une mutation. En général, ces erreurs passent inaperçues, car l'autre allèle prend le relais. On parle alors de mutation récessive. Mais avec deux copies non fonctionnelles d'un gène, ce n'est pas la même histoire. La maladie génétique n'est plus très loin.
Et voilà bien le hic : être issu de parents génétiquement proches augmente le risque qu'ils transmettent les mêmes versions mutées d'un gène, héritées d'un ancêtre commun. Hausse d'autant plus importante que les géniteurs sont très apparentés, voire eux-mêmes issus d'unions consanguines. Les conséquences sur la progéniture sont multiples : mortalité infantile accrue, augmentation des malformations congénitales ou des maladies génétiques rares.
Elles peuvent se révéler à l'âge adulte, lorsque se déclarent cancers ou pathologies cardiaques d'origine génétique, mais aussi l'infertilité. Dans la population générale, on estime que le risque de naître avec une anomalie liée à une maladie génétique est de 2 à 3 %. Lors d'une union entre cousins germains, ce risque passe à 3, voire 4,5 %, et celui de mortalité infantile, à 3,5 %.

https://www.science-et-vie.com/questions-reponses/quel-est-le-probleme-de-la-consanguinite-10572

Un article du Figaro santé intitulé « Les mariages consanguins sont risqués pour les descendants » souligne le risque de maladies génétiques :

Des maladies qui s'expriment si le gène est en double exemplaire
Or de nombreuses maladies génétiques (comme la
mucoviscidose, par exemple), liée à un gène défectueux, n'apparaissent que si le gène défectueux est présent en double exemplaire, dans la copie venant du père et dans celle de la mère. Ainsi, si le gène défectueux de la mucoviscidose est peu répandu dans la population générale, au sein d'une famille concernée, il est sans doute présent chez plusieurs de ses membres. Mais il ne s'exprimera pas tant qu'un individu n'aura pas les deux copies du gène. Dans le cadre d'un mariage entre deux cousins dans une famille concernée par ce gène défectueux, leurs enfants ont un risque nettement accru de recevoir ce gène muté en deux copies et donc d'être frappé par cette maladie. En clair, quand un gène responsable d'une maladie génétique existe dans une famille, le mariage entre cousins facilite l'éclosion de cette maladie.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/09/06/21204-mariages-consanguins-sont-risques-pour-descendants

Un article du Huffingtonpost apporte des précisions sur le pourcentage de risques de maladies consanguines père-fille :

Si l'on prend des apparentés du 1er degré, père-fille par exemple, la proportion de gènes en commun est de 50%, elle est de 25% pour des oncle-nièce, de 12.5% pour des cousins du 1er degré. De là des calculs de risques génétiques pour une éventuelle descendance. Le risque principal vient des maladies dites récessives. Ces estimations de risques, pour la descendance de cousins du 1er degré, par exemple, chiffrent ce risque de 1.7% à 2.8% supérieur à celui de la population générale qu'un enfant présente des anomalies congénitales. Dans la pratique des consultations génétiques, on donne le chiffre global de 5% de risques d'anomalies congénitales à ces couples (le risque de base de tout couple est de 2 à 3% d'avoir un enfant avec des anomalies congénitales). Pour des couples apparentés au 1er degré, (père-fille ou frère-sœur par exemple) ce risque est estimé entre 7 et 31% au-dessus de celui de la population générale. En effet un risque élevé.[…]

https://www.huffingtonpost.fr/ariane-giacobino/depenaliser-linceste_b_4190178.html

Nous suggérons à votre amie, par votre intermédiaire si elle le souhaite, de soumettre sa ou ses questions sur le site Fil santé jeunes (de Santé publique France) qui s’adresse aux 12-25 et qui propose plusieurs services d'aide, par mail, chat, via un forum.
http://www.filsantejeunes.com/boites-a-questions
Elle peut aussi poser directement sa question par téléphone : 0800 235 236. Le service est anonyme et gratuit.

Nous espérons que les explications que nous vous adressons seront utiles à votre amie et qu’elle sera en mesure de peser les risques pour la santé de son bébé.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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