juin

Cellules souches

Question

Bonjour, Je souffre d’arthrose du genou depuis plusieurs année, j’ai eu une prothèse demi compartimentale du genou gauche en janvier 2018. Mon genou me fait encore atrocement mal à ce jour, j’ai eu plus de 80 séances de kiné, le médecin m’a proposé si la douleur persistait de passer à la prothèse totale. Je voudrais savoir si l’infiltration de cellules souches serait envisageable dans mon cas ? Merci de me tenir au courant svp

Réponse

Bonjour,

Vous souffrez d’arthrose au genou et vous souffrez beaucoup en dépit de la pose d’une prothèse « demi-compartimentale. ». Vous souhaitez savoir si l’injection de cellules souches pourrait être bénéfique dans votre cas.

En tant que documentalistes, nous allons vous donner des informations générales sur l’utilisation de cellules souches dans les cas d’arthrose du genou (gonarthrose).

Voici tout d’abord, deux dossiers de l’Institut national pour la santé et la recherche médicale (Inserm) :

- Arthrose : Dossier réalisé en collaboration avec Marie-Christophe Boissier, chef du service de Rhumatologie à l’hôpital Avicenne (AP-HP, Bobigny), directrice de l’unité Physiopathologie, Cibles, et Thérapies de la Polyarthrite Rhumatoïde (unité Inserm 1125, Bobigny). Avril 2017
  En voici un extrait :

 - Remplacer le cartilage altéré
L’autre objectif des chercheurs est de réparer les lésions cartilagineuses, voire de remplacer le cartilage grâce à des greffes de cellules injectées directement dans l’articulation. On parle de thérapie cellulaire.
Des équipes travaillent sur les cellules souches adipocytaires. Ces cellules indifférenciées prélevées dans les tissus graisseux peuvent devenir des chondrocytes sous l’influence de l’environnement articulaire et grâce à différents facteurs de croissance. Elles secrètent en outre des facteurs de croissance et de stimulation des cellules souches endogènes du cartilage. Le projet européen ADIPOA, coordonné par le centre hospitalier universitaire de Montpellier, teste cette voie de recherche pour traiter les patients atteints d’arthrose débutante. Les cellules sont injectées dans l'articulation des patients comme une simple « bio-infiltration ». Des essais cliniques de phase 1 et 2 sont en cours dans dix centres européens, avec des premiers résultats encourageants concernant la douleur. […]

https://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/arthrose

- Réparer le cartilage : un dossier « réalisé en collaboration avec Jérôme Guicheux, directeur du laboratoire d'ingénierie ostéo-articulaire et dentaire (unité Inserm 791), responsable de l’équipe STEP (Skeletal physiopathology and joint regenerative medicine), Nantes » daté de novembre 2016 qui fait le point sur l’ingénierie cellulaire (cellules souches) :

Contrairement à l’os, le cartilage se régénère peu et cicatrise difficilement. De nombreuses approches faisant appel à la bio-ingénierie sont aujourd’hui expérimentées pour remédier à ce problème, en particulier dans le cadre du traitement de l’arthrose. Elles font appel à l’ingénierie cellulaire (notamment avec les cellules souches), aux biomatériaux qui servent de support, ou encore à l’impression 3D.
[…]
Protéger et reconstruire le cartilage
Pour répondre aux besoins des patients présentant des lésions du cartilage plusieurs techniques chirurgicales se sont développées. Parmi celles-ci, la greffe de chondrocytes articulaires autologues (prélevés au patient lui-même), seule ou en association avec des supports ou biomatériaux, a montré des résultats extrêmement prometteurs. Elle se heurte toutefois à de nombreuses limites : difficulté de prélèvement des cellules à greffer et de mise en œuvre, réparation parfois médiocre du tissu lésé, variabilité de la réponse des patients... Aussi, les chercheurs sont en quête de solutions plus satisfaisantes. Récemment, la possibilité d’utiliser des chondrocytes nasaux associés à une membrane de collagène, comme une alternative aux chondrocytes articulaires, a fait l’objet d’un essai clinique de phase 1 et montré des résultats très prometteurs.
[…]
Parallèlement à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement de l’arthrose, plusieurs essais cliniques sont en cours dans le cadre de la bioingénierie cellulaire. L’idée est d’injecter des cellules souches mésenchymateuses (CSM) [Forme jeune du tissu conjonctif] dans les régions abimées, pour induire leur régénération. Ces cellules ont des propriétés d’autorenouvellement et la capacité à se différencier en plusieurs types cellulaires, dont les chondrocytes. En outre, elles secrètent des facteurs favorables à la régénération du cartilage. Les CSM se trouvent dans divers tissus dont certains facilement accessibles : moelle osseuse, tissu adipeux ou encore sang de cordon. Des essais de phase 1 ou 2 sont en cours dans l’arthrose chez l’homme, comme dans le cadre de l’étude ADIPOA. Des effets prometteurs ont été obtenus, notamment sur la douleur.
Une autre stratégie vise à reconstruire le cartilage lésé grâce à la bio-ingénierie tissulaire, à l’aide de biomatériaux. Cette approche nécessite la compréhension préalable des mécanismes de dégradation et de synthèse du cartilage, afin de concevoir des biomatériaux qui miment avec efficacité le tissu vivant. Deux voies sont possibles : générer un tissu fonctionnel entièrement in vitro, ou utiliser un greffon immature qui poursuivra sa croissance au sein de l’environnement dans lequel il a été implanté.

https://www.inserm.fr/thematiques/technologies-pour-la-sante/dossiers-d-information/biomateriaux/reparer-le-cartilage

Cependant certains scientifiques sont moins enthousiastes et expriment des réserves quant au bien-fondé de ce traitement.

Avancées et nouveautés thérapeutiques dans l’arthrose / Xavier CHEVALIER, Florent EYMAR

En France, un essai nommé ADIPOA a utilisé des cellules souches d’origine adipeuse et montré un effet antalgique sur quelques patients.  La tolérance de ces injections de cellules souches semble bonne [35]. Néanmoins, il est impossible de tirer une quelconque conclusion à partir d’essais réalisés en ouvert. Les injections intra-articulaires de cellules souches ont un effet bénéfique principalement par le relargage de facteurs contra-inflammatoires et de facteurs de croissance. Leur rôle comme cellules pouvant potentiellement se dédifférencier, in situ, en chondrocytes semble plus qu’aléatoire. Ces thérapeutiques font naître beaucoup d’espoir mais tout reste à valider par des essais contrôlés au long cours, montrant non seulement un effet antalgique, mais aussi un effet chondroprotecteur [protecteur du cartilage]. L’avenir appartiendra peut-être aux cellules iPs autologues voire à des exosomes de ces cellules souches. […] 

(p.190 du document)
http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2018/03/P.183-%C3%A0-194.pdf
In Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine., 2018, 202, nos 1-2, 183-194, séance du 27 février 2018

- Faux espoirs des traitements par cellules souches dans l'arthrose / Par Sylvie Riou-Milliot In Sciences et avenir, le 18.03.2018
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/os-et-muscles/le-petit-commerce-americain-des-cellules-souches-face-a-l-arthrose-du-genou_121993

En Belgique, nous avons repéré un centre utilisant des cellules souches pour traiter différents problèmes de santé. L’emploi pour reconstituer le cartilage, n’est pas explicitement indiqué mais vous pouvez peut-être les contacter pour obtenir des informations plus précises.

Les greffes de cellules souches
Les Cliniques universitaires Saint-Luc sont à la pointe dans les thérapies cellulaires, notamment la greffe de cellules souches. Ces traitements innovants permettent de soigner un nombre croissant de patients.
Les cellules souches ont la particularité de pouvoir se transformer en n’importe quelle cellule du corps humain. En se multipliant, elles peuvent se différencier en cellules de la peau, de l’os, du foie, du pancréas, etc. Il s'agit d'une nouvelle classe de "médicaments vivants", dénommés "Advanced Therapy Medicinal Products".

http://www.international-saintluc.be/fr/les-greffes-de-cellules-souches-0

En tant que documentalistes, nous ne sommes pas en mesure de juger de l’intérêt thérapeutique des cellules souches, ni de façon globale ni dans votre situation particulière. Nous vous invitons à interroger votre médecin et espérons que ces éléments d’information vous permettront d’enrichir le dialogue que vous aurez avec lui.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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