Cité de la santé

Information conseil et documentation

Questions-santé 2012 - juillet

Titre de la question Troubles olfactifs
Question Je rencontre une grande sensibilité aux odeurs chimiques (arômes artificiels arôme fraise, bougies parfumées, peintures, déodorant, gel douche, les solvants) je ne suis en aucun cas indisposée par les odeurs naturelles, aussi cette sensibilité s'est manifestée après une exposition importante au sein de mon travail en raison de travaux de peintures durant plusieurs mois... quel traitement ou examen peuvent permettre un diagnostic , est-ce en lien avec le neuro épithélium olfactif ?
Réponse

Bonjour,

Suite à une exposition prolongée sur votre lieu de travail à des produits chimiques lors de travaux, vous souffrez d’une grande sensibilité aux odeurs chimiques. Vous souhaitez que nous vous indiquions le traitement ou les examens à faire dans votre cas. Vous vous demandez également s’il y a un lien avec le neuro épithélium olfactif.

A titre d’information générale, et pour vous aider à comprendre les mécanismes de l’olfaction nous vous invitons à lire le dossier sur l’odorat de la revue scientifique « La recherche » rédigé par Anne Lefèvre-Balleydier,Patrick MacLeod, André Holley :
« Comment perçoit-on une odeur ?
Au terme de la propagation de signaux nerveux de la muqueuse olfactive jusqu'au cerveau, en passant par une structure nerveuse intermédiaire appelée bulbe olfactif.
Imaginez-vous devant un café bien chaud. Son arôme tient à quelque 800 composés chimiques volatils capables de parvenir jusqu'à la muqueuse olfactive. Les millions de neurones olfactifs qui s'y trouvent ont une disposition particulière : l'extrémité de leur unique dendrite est pourvue de cils qui s'étalent dans le mucus [fig. 1]. La membrane de ces cils contient des protéines appelées récepteurs olfactifs, auxquels se lient les molécules odorantes. Cette liaison entraîne une réaction en chaîne dans le neurone, avec pour résultat final l'émission d'un signal nerveux. Après avoir découvert en 1991 les premiers récepteurs olfactifs, les Américains Linda Buck et Richard Axel, Prix Nobel de physiologie et médecine en 2004, ont montré que chaque neurone olfactif possède un seul type de récepteurs, que chaque récepteur répond à plusieurs molécules, et que chaque molécule est reconnue par plusieurs récepteurs.
Les axones des neurones qui expriment un même récepteur convergent vers une même zone - nommée glomérule - dans le bulbe olfactif
, à raison de 25 000 neurones pour un glomérule chez la souris (et 2 000 glomérules par bulbe). Le signal de ces 25 000 neurones y est transmis à 25 cellules mitrales, des neurones qui le propagent vers le cortex olfactif. Ce dernier recouvre en fait plusieurs structures cérébrales interconnectées, en particulier le cortex piriforme et le cortex entorhinal. La complexité de l'information initiale est restituée à ce niveau, car le cortex olfactif reçoit des signaux en provenance de plusieurs glomérules. Les multiples niveaux de codage de l'ensemble du système expliquent qu'avec seulement quelques centaines de récepteurs différents on distingue des milliers d'odeurs.
Au sortir du cortex olfactif, l'information est envoyée vers l'hypothalamus, le thalamus, l'amygdale, l'hippocampe et le cortex orbito-frontal [fig. 2]. Or certaines de ces structures, en particulier l'hippocampe et l'amygdale, sont également impliquées dans la mémorisation. Ainsi l'hippocampe enregistre-t-il les faits s'étant déroulés lors de la perception de l'odeur. C'est probablement ce qui explique la capacité d'une odeur à faire resurgir des souvenirs, selon le célèbre « syndrome proustien ». Mais les liens entre mémoire et olfaction sont infiniment complexes. Pour citer Vladimir Nabokov : « La mémoire peut tout faire revivre sauf les odeurs, bien que rien ne fasse plus complètement revivre le passé qu'une odeur qui lui fut à un moment associée» […] »
www.larecherche.fr/content/recherche/article

Afin de mieux comprendre le rôle du « neuro épithélium olfactif », nous vous proposons cet extrait d’un cours de médecine destiné aux étudiants de la faculté de médecine des Hôpitaux Universitaires de Genève et expliquant les mécanismes complexes qui nous permettent de percevoir et mémoriser une odeur :
www.hcuge.ch/~infotec/rhino/2004_Cour_etudiants_en_medecine_%28Les_senses_chimiques_chez_lhomme%29.pdf

Nous vous proposons par ailleurs de vous rapprocher de l’« Association Santé Environnement France (ASEF), qui rassemble aujourd'hui près de 2 500 médecins. Dans sa démarche d'information, l'ASEF réalise des études, des enquêtes, organise des conférences, publie des petits guides bio-thématiques et répertorie toute l'actualité santé-environnement sur son site Internet » :
www.asef-asso.fr/nous-contacter
Elle publie notamment une brochure sur l’hypersensibilité chimique multiple.
www.asef-asso.fr/attachments/408_FicheASEF_MCS.pdf

Vous souhaitez également que nous vous donnions un traitement et/ou des examens complémentaires afin d’améliorer votre état de santé.  Nous vous remercions de la confiance que vous portez à notre service mais nous vous rappelons que Questions-santé est un service de documentation en ligne et ne peut émettre d’avis médical. Nous vous recommandons de prendre rendez-vous avec votre médecin généraliste afin de lui exposer votre problème. Lui seul, en vous ayant examinée et connaissant votre dossier médical pourra poser un diagnostic ou vous orienter vers le spécialiste le plus à même de traiter vos troubles olfactifs.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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