Cité de la santé

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Questions-santé 2012 - août

Titre de la question Neuropathie diabétique
Question Traitements efficaces
Réponse

Bonjour,

Vous recherchez des traitements efficaces contre la neuropathie diabétique. 

Voici sur le site d’information médicale Santépratique les explications du Dr. Gérald Kierzek, anesthésiste-réanimateur à l’Hôtel-Dieu sur la neuropathie diabétique :
« La neuropathie diabétique est une complication du diabète qui se définit comme l’atteinte du système neurologique. Le système nerveux regroupe le système nerveux périphérique (nerfs qui conduisent les informations sensitives ou les commandes motrices) et le système nerveux autonome (nerfs des organes comme le cœur, l’estomac…). La neuropathie diabétique affecte le fonctionnement du système nerveux périphérique et du système nerveux autonome ; elle est responsable de douleurs, de troubles sensitifs ou de mal perforant plantaire mais aussi d’atteinte digestive ou cardio-vasculaire. »
www.santepratique.fr/neuropathie-diabetique-preparer-consultation.php

En ce qui concerne les traitements, l’Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques (Alfediam) y consacre une grande partie de son article sur la neuropathie diabétique :
« Le traitement de la neuropathie diabétique périphérique compte 3 volets: l'amélioration du contrôle glycémique; le traitement symptomatique; le traitement bloquant les mécanismes impliqués dans la physiopathologie de la neuropathie.
Amélioration du contrôle glycémique
- C'est à l'heure actuelle le seul traitement spécifique de la neuropathie. […]
Le traitement symptomatique
- Il est fondamental de faire comprendre au diabétique qui présente une neuropathie douloureuse que l'évolution est en général favorable mais qu'il faut être patient... Le traitement symptomatique repose sur l'utilisation de plusieurs médications :
- les antidépresseurs [16]: L'amitriptyline (Laroxil®, Elavil®) et la desipramine (Pertofran®) donnent de meilleurs résultats que la fluoxetine (Prozac®). Certains utilisent volontiers un autre antidépresseur, la fluvoxamine (Floxyfral®) en une prise au coucher. La carbamazépine (Tegretol®, 100 mg 2 fois par jour, puis 200 mg 2 fois par jour) est une alternative intéressante. Lorsqu'il existe des crampes musculaires, il est utile d'utiliser des benzodiazépines ou des antiinflammatoires non stéroïdiens. Enfin, la capsaicin sous forme de crème, largement utilisée dans d'autres pays, peut être utilisée contre les dysesthésies en applications locales plusieurs fois par jour;
   - lorsqu'il existe une amyotrophie diabétique proximale, une corticothérapie par voie générale peut être envisagée après avis du neurologue.
Traitement à visée physiopathologique -
   - Les inhibiteurs de l'aldose reductase ont été largement utilisés chez l'animal et ont contribué à la compréhension des mécanismes physiopathologiques. Ils préviennent l'accumulation de sorbitol, la déplétion en myoinositol et le ralentissement des vitesses de conduction des nerts périphériques chez le diabétique. Chez l'homme ils améliorent les vitesses de conduction nerveuse, augmentent le nombre de fibres régénérées ainsi que le débit sanguin du nerf [12]. Cependant il n'a pas été démontré d'effet positif sur la neuropathie clinique.
    - L'aminoguanidine [19] agit au niveau de l'étape tardive de la formation des produits terminaux de la glycation. Elle prévient l'altération des vitesses de conduction chez le rat diabétique et préserverait la vasodilatation induite par l'oxyde nitrique. Elle aurait également un effet favorable sur la voie des polyols. Son efficacité est en cours d'évaluation chez l'homme.
    - Au cours du diabète, la delta6-desaturase qui permet la désaturation de l'acide linoléique en acide gamma-linolénique est altérée, ce qui induit des modifications du métabolisme des prostaglandines avec pour conséquence des troubles de l'agrégation plaquettaire qui participeraient à l'ischémie du nerf. La supplémentation en acide gamma-linolénique [20] améliore les vitesses de conduction nerveuse, le seuil de perception thermique, mais n'est pas convaincante quant à l'amélioration des signes cliniques.
    - La L-acetyl carnitine et les anti-oxydants sont également efficaces chez l'animal et leur évaluation est en cours chez l'homme. En particulier dans une étude récente, un anti-oxydant (l'acide alpha-lipoïque) [21] administré par voie intraveineuse à la posologie de 600 mg/j pendant 3 semaines améliore les symptômes de la neuropathie diabétique sans manifestation secondaire significative. L'utilisation de cet anti-oxydant repose sur le fait que certaines neuropathies diabétiques expérimentales s'accompagnent d'une augmentation de radicaux libres responsables de modifications hémostatiques et de lésions endothéliales. »
www.alfediam.org/membres/recommandations/alfediam-neuropathie.asp

Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter sur le site de la Société française d'endocrinologie (SFE)un article de la revue Médecine Clinique endocrinologie & diabète (n° 56, jan-fév. 2012, pp.25-28) qui recense les différents traitements de lutte contre la douleur neuropathique : les anti-dépresseurs, les anti-épileptiques, le clonazépam, les opioïdes.
www.sfendocrino.org/_images/mediatheque/articles/pdf/CEEDMM/JNDES2012/jndes%20hartemann%20f.pdf

En complément, sur le site de la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris) vous pouvez lire le chapitre « Traitement de la douleur des neuropathies diabétiques douloureuses » de l’article sur les Conséquences du diabète et plus spécifiquement la neuropathie diabétique :
« 1. Equilibration aussi bonne que possible du diabète, au besoin par insulinothérapie dans le mesure où l’hyperglycémie majore la perception douloureuse.
   2. Utilisation d’antalgiques simples (Paracétamol, acide salicylique, anti-inflammatoires non stéroïdiens).
   3. Utilisation d’antidépresseurs tricycliques en commençant par une posologie de 10 à 25 mg par jour en une prise vespérale avec augmentation progressive des doses de 10 à 25 mg une à deux fois par semaine. La dose d’entretien efficace est habituellement de 50 à 100 mg par jour et la dose utile est à poursuivre pendant au moins 3 semaines avant de conclure à une inefficacité du traitement. L’utilisation d’antidépresseurs tricycliques doit respecter les contre-indications suivantes : bloc auriculo-ventriculaire du 2ème degré, hypotension orthostatique symptomatique, adénome prostatique avec risque de rétention aiguë d’urines, glaucome à angle fermé.
4. Les antidépresseurs non tricycliques semblent efficaces dans le traitement de la douleur de la neuropathie, en particulier la Fluoxétine (PROZAC).
5. Les anti-convulsisants type TEGRETOL, DIHYDAN et surtout RIVOTRIL ou NEURONTIN, dont la posologie peut être très progressivement adaptée. Le RIVOTRIL a pour avantage de potentialiser les effets des antidépresseurs. »
www.chups.jussieu.fr/polys/diabeto/POLY.Chp.6.html

Nous vous rappelons que Questions-santé est un service de documentation en ligne sur la santé et n’est pas en mesure de porter d’avis thérapeutique. C’est pourquoi seuls votre médecin traitant et/ou votre diabétologue sont à même de vous prescrire le traitement le mieux adapté à votre maladie en tenant compte de votre état de santé général.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour tout complément d’information.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

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