Cité de la santé

Information conseil et documentation

Questions-santé 2012 - septembre

Titre de la question Questionnement sur IRM
Question Je me demande si 4 sessions de IRM pour le cerveau peuvent être néfastes ? J'ai 60 ans, ce sont des recherches (université) qui m'ont appelé si je voulais participer ? Ils disent par R MAGN il n'y a pas de craintes à avoir pour le futur ? Devrais-je y participer ? 4 fois à 30 min par fois de R MAGNETIQUE (CERVEAU). MERCI.
Réponse

Bonjour,

Un service faisant de la recherche vous a contactée pour vous demander de participer à un protocole incluant 4 IRM du cerveau. Vous vous demandez s’il n’y pas de danger à subir 4 IRM de façon rapprochée.

A titre d’information générale, nous vous proposons de revoir le fonctionnement de l’IRM :
Le Laboratoire d’informatique médicale de l’Université de Rennes1- Faculté de médecine (France) propose une fiche d’information pour les patients devant passer une IRM :
« I.R.M. (IMAGERIE PAR RESONANCE MAGNETIQUE).
L'appareil permettant cet examen est un aimant très puissant dans lequel passent des ondes radio. La combinaison des énergies délivrées par cet appareil permet de détecter les atomes d'hydrogène contenus dans vos organes. Un ordinateur permet de reconstituer des images à partir de la répartition de l'hydrogène dans les tranches de votre corps.
Vous ne recevrez donc pas de rayons X et cet examen peut être considéré comme inoffensif. […] »
www.med.univ-rennes1.fr/cerf/infopatient/BD10_a.html

Un Centre de Radiologie imagerie médicale du Pas de Calais (France) complète l’information en détaillant la technique utilisée ainsi qu’en listant les risques potentiels :
- Technique
[…]
En Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), l'atome excité est le proton (H+), principal constituant de la molécule d'eau (H 2 O), l'eau étant un élément présent en plus ou moins grande quantité dans l'ensemble des tissus du corps humain (environ 80% du poids du corps). Les signaux recueillis par l'appareil en provenance des protons de l'eau du corps humain vont être analysés par informatique afin de reconstruire une image en coupes qui peut être orientée d'emblée dans n'importe quel plan de l'espace choisi à l'avance (alors qu'en scanner les coupes à l'acquisition sont axiales transverses avant éventuelles reconstructions secondaires dans d'autres plans), les images pouvant être acquises soit directement par des techniques de coupes en 2 dimensions 2D, soit par acquisition d'emblée d'un volume 3D avec reconstructions secondaires de coupes 2D.
Plus le signal en provenance d'un point donné du corps est intense, plus le point correspondant de l'image est blanc et inversement. L'intensité du signal dépend des paramètres physiques magnétiques propres à chaque tissu. Ces paramètres appelés temps de relaxation correspondent à la période de retour à l'équilibre (relaxation) des atomes d'hydrogène après leur excitation (résonance) par l'onde de radiofréquence. Pour chaque tissu, il existe deux types de temps de relaxation, le T1 et le T2 qui vont influencer sur l'intensité du signal obtenu. Le nombre des atomes d'hydrogène (densité de protons encore appelée rhô) dans le tissu va également influencer l'intensité du signal recueilli. L'excitation des protons se fait selon des séries successives d'impulsions RF appelées « séquences » d'excitation. Selon l'intensité, la durée et la succession des ondes RF émises dans les séquences d'excitation, le contraste de l'image va plus favoriser un paramètre, et c'est pourquoi ces séquences sont dites « pondérées » en rhô, en T1 ou en T2, certaines séquences hybrides mélangeant variablement ces paramètres.
La conjonction de séquences d'excitation différentes (pondération T1, T2, ou densité de protons), va permette d'identifier le type de tissu composant la structure étudiée. Globalement, il est ainsi possible de différencier facilement des structures liquides, solides, la graisse, ainsi que les tissus tumoraux ou inflammatoires. Par contre les éléments contenant du calcium (l'os et les calcifications) étant dépourvus d'eau et donc d'hydrogène H+, n'émettent pas de signal et restent noires, ce qui explique la difficulté voire l'impossibilité de détecter des petites structures calcifiées en IRM.
Des séquences utilisant des techniques particulières permettent de supprimer le signal de la graisse, d'autres sont très sensibles aux mouvements et notamment aux flux des liquides et sont utilisées en particulier pour l'étude des vaisseaux.
L'utilisation d'un produit de contraste à base de Gadolinium permet d'apprécier le degré de vascularisation des tissus analysés (tout comme les produits de contraste iodés en scanner) ou la lumière des vaisseaux lors des explorations angiographiques IRM (angio-IRM ou ARM).
www.rim-radiologie.fr/irm.php

-Incidents accidents
« Les techniques physiques utilisées par l'IRM n'utilisant pas de Rayons X, elle n'en présente pas les inconvénients liés à l'exposition aux radiations ionisantes.
L'intensité des champs magnétiques utilisés n'a jamais été reconnue comme source d'effets indésirables et le bruit occasionné par l'appareillage est sans conséquence médicale. Quelques sensations d'échauffement local au contact des antennes de réception du signal utilisées ont parfois été décrites mais restent exceptionnelles.
Le risque principal lié à l'utilisation de champs magnétiques intenses, est le déplacement ou le dysfonctionnement de matériel métallique. C'est pourquoi un questionnaire médical est remis au patient à sa prise de rendez-vous afin des respecter les contre-indications.
Enfin, lorsqu'une injection est rendue nécessaire par le type ou l'indication de l'examen, la voie d'abord intraveineuse ne pose habituellement pas de problème car les quantités de produit de contraste injectées et les débits utilisés sont faibles.
Le produit de contraste en IRM utilise du Gadolinium, dont la nature est très différente des produits de contraste iodés utilisés en radiographie standard ou en scanner. Les risques allergiques sont beaucoup plus exceptionnels et le retentissement sur la fonction rénale reste discuté. »
www.rim-radiologie.fr/irm-incident.php

- Contre-indication :
« Les contre-indications de l'IRM sont liées essentiellement aux champs magnétiques utilisés qui ne permettent pas à l'exposition des patients porteurs :
 -de corps étranger métallique oculaire (éclats accidentels ou autres).
 -de pacemaker (simulateur cardiaque), de neurostimulateur (traitement des douleurs), d'implants cochléaires et de manière générale de tout matériel médical électronique implanté de manière inamovible.
 - de valve cardiaque métallique : principalement les anciennes valves cardiaques constituent une contre-indication absolue pour risque de dysfonctionnement. Les matériels plus récents ou les valves non métalliques ne posent par contre pas de problème. Il convient donc de se présenter impérativement avec les références de la valve cardiaque installée.
 - de clips vasculaires anciennement implantés sur anévrisme crânien ; les nouveaux clips implantés par contre ne posent habituellement pas de problème particulier. Là encore, il est impératif de connaître le type de clip utilisé en cas de cure chirurgical d'anévrisme endocrânien.
Par contre, les clips ou agrafes chirurgicales anciennement implantés dans d'autres parties du corps (thorax, abdomen ou pelvis notamment) ne posent aucun problème car ils sont fixés par la cicatrice réactionnelle qui les entoure.
Les éclats métalliques (balles, éclats d'obus ou autre corps étranger) en dehors de l'œil ne présentent pas non plus de risque particulier, ces éclats n'étant qu'à l'origine d'une destruction du signal IRM alentour.
De même les prothèses médicales (hanche, genou ou autre) ne constituent pas une contre-indication à la réalisation de l'examen, ces matériels détruisant ou modifiant par contre de manière importante le signal alentour, la région anatomique porteuse de ces matériels n'étant alors plus correctement analysable. Il en est de même des tiges de fixation métalliques rachidiennes. L'amélioration des matériels utilisés en chirurgie orthopédique autorise cependant de plus en plus souvent l'exploration des structures concernées (matériel non ferromagnétique c'est à dire qu'il n'interfère pas avec le champ magnétique utilisé). »
www.rim-radiologie.fr/irm-contre-indication.php

Lors de nos recherches documentaires nous n’avons pas trouvé d’information indiquant que la répétition d’IRM pouvait être source de danger.
Cependant nous vous invitons à en parler avec votre médecin habituel et/ou les personnes qui vous ont sollicitée pour ce protocole. Nous espérons que les éléments que nous vous avons fournis vous permettront d’être mieux informée afin d’enrichir le dialogue que vous aurez sans doute avec le corps médical.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Retour à la liste des questions
Retour en haut